Ce sera aux citoyens de Saint-Apollinaire de décider si leur municipalité pourra amorcer le processus de changement de zonage nécessaire à la venue chez eux d'un cimetière musulman.

Le cimetière musulman à Saint-Apollinaire soumis à un référendum

Il y aura finalement un référendum le 16 juillet prochain sur le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire initié par la société Harmonia et le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). Un nombre suffisant de signatures a été recueilli mercredi pour former la municipalité à organiser une consultation.
Les 62 personnes habilitées à voter - c'est-à-dire celles domiciliées dans les deux zones concernées - décideront du sort du projet de cimetière d'une superficie de 60 000 pieds carrés. Vingt-deux personnes ont apposé leur signature au registre mercredi, ce qui enclenche le processus référendaire. Il en fallait un minimum de 17 pour provoquer la tenue d'une consultation.
«J'aurais préféré qu'il n'y en ait pas 17», a laissé tomber le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, favorable au projet depuis le début. Déçu, il assure ne pas vouloir bloquer le processus auquel une majorité des individus concernés a donné son appui. «On va aller jusqu'au bout», a-t-il expliqué, souhaitant être «équitable autant pour les oui que pour les non».
Le maire a indiqué que ni lui ni ses conseillers ne militeront en faveur du projet durant la campagne référendaire. Il invoque encore une fois un désir d'équité. M. Ouellet explique qu'il est du ressort des individus en faveur du projet de se faire entendre, alors que les opposants, eux aussi, ont fait passer leur message. «Les gens qui sont contre, ils font beaucoup de porte à porte», a-t-il imagé.
En avril dernier, le maire Ouellet avait dit au Soleil espérer que tous les citoyens de la municipalité puissent se prononcer sur le projet. «Mais c'est la loi sur l'urbanisme qui est faite comme ça. Moi, je continue de dire qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui sont contre. C'est seulement qu'on les entend plus», avait-il déclaré.
Le secrétaire du CCIQ, Mohamed Kesri, avait avoué garder espoir après qu'un groupe de citoyens ait remis au maire une lettre demandant la tenue d'un registre. «Bien sûr, ça me déçoit un peu. J'aurais préféré qu'il n'y ait pas de lettre d'opposition ou de registre, mais on l'accepte, car on est dans un pays d'expression libre et que plusieurs d'entre nous ont justement quitté des pays où les gens ne pouvaient pas s'exprimer librement», avait-il exprimé. «Si le projet est rejeté, nous, on va demander les causes du refus. Est-ce que c'est parce que les corps qui seront enterrés dans ce cimetière sont ceux de gens qui sont musulmans?» avait ajouté M. Kesri.
Manque d'informations
Bernard Ouellet déplore qu'il existe un certain «manque d'information» chez plusieurs de ses concitoyens. Il espère que d'ici le vote, les 62 personnes appelées à se prononcer seront mieux informées. À titre d'exemple, Le Soleil rapportait en avril dernier que des citoyens s'opposaient au projet sous prétexte qu'il ne restait que huit lots au cimetière catholique de Saint-Apollinaire. Il s'agissait en réalité d'un argument qui ne tenait pas la route, puisqu'une quarantaine de lots étaient toujours disponibles.
La tenue du référendum consiste en l'étape ultime dans le processus de changement de zonage nécessaire à la venue du cimetière musulman. Pour que le projet bloque, la majorité absolue des 62 personnes doit s'exprimer en défaveur. Le vote aura lieu le 16 juillet et une journée de vote par anticipation est prévue une semaine avant.
Rappelons que le terrain ciblé pour la création du cimetière est situé sur la rue Laurier, le long de l'autoroute 20. Le CCIQ s'était entendu avec l'entreprise funéraire Harmonia en février dernier pour l'achat du terrain.