Darcy Gray ne sollicitera pas de troisième mandat comme chef de Listuguj en raison du climat de violence régnant au sein de la classe politique de cette communauté.

Le chef de Listuguj Darcy Gray ne sollicitera pas de troisième mandat

LISTUGUJ – Le chef de Listuguj, Darcy Gray, indique par voie de communiqué qu’il ne sollicitera pas de troisième mandat à la tête de cette communauté mi’gmaque gaspésienne d’un peu plus de 2000 habitants. Le chef Gray explique son éventuel retrait par la culture de violence à l’intérieur de la classe politique de Listuguj, culture qui affecte sa famille et lui-même.

Darcy Gray souligne d’emblée avoir pris cette décision après une réflexion approfondie et après discussion avec les membres de sa famille. Il note de plus que la culture de violence politique de Listuguj s’est accentuée de façon inquiétante depuis son accession au poste de chef, il y a quatre ans.

«Je suis avant tout un père, un conjoint et un fils, et la protection de ma famille constituera toujours ma priorité. Des menaces récentes de violence à l’endroit de ma conjointe, de mes enfants et de ma personne m’ont convaincu de cette décision et je ne peux m’empêcher de penser que ces menaces vont continuer», écrit M. Gray.

Il ne nomme pas les sources de cette violence et il n’a pas accordé d’entrevue pour le moment. Il indique qu’il ne lui reste que quelques semaines à la tête de Listuguj. Les élections au conseil de bande ont généralement lieu au cours des dix premiers jours de juin.

Darcy Gray se dit triste de partir, mais il souligne du même souffle qu’il est fier des progrès réalisés lors de ses deux mandats à la tête de Listuguj. «Nous avons par exemple doublé le nombre d’emplois offerts dans notre communauté et nous nous sommes battus pour instituer de bonnes pratiques de gouvernance, en plus de prioriser l’engagement communautaire à tous les niveaux de développement de politiques et de lois», écrit-il.

Il croit que Listuguj possède les ressources nécessaires pour continuer à avancer, mais il souhaite aussi une réflexion de façon à régler la violence inhérente au système politique. «Nous disons souvent que nos jeunes représentent notre avenir, mais nous devons réfléchir à ce que nous lèguerons à notre prochaine génération de leaders», dit-il.