Au fil de ses 125 ans d’histoire, le Château a vendu de nombreux objets et en a donné beaucoup. Mais certains ont aussi été dérobés.

Le Château Frontenac à la recherche de ses objets

Le Château Frontenac lance un appel à tous pour retrouver des objets lui ayant appartenu, quitte à pardonner à certains qui les auraient dérobés.

«Nous accordons l’amnistie à tous ceux qui auraient une petite cuillère, un couteau en argent, un élément de décor pris en souvenir d’un moment mémorable passé au Château, et nous aimerions vraiment qu’ils soient prêtés pour notre exposition», a déclaré avec une pointe d’humour Robert Mercure, directeur général du célèbre hôtel, dans un communiqué publié en matinée. 

L’hôtel invite la population à participer à une grande recherche publique d’artéfacts tant pour constituer une collection patrimoniale que pour préparer la plus grande exposition jamais tenue sur l’histoire du Château, qui fête ses 125 ans cette année.

Rencontré par Le Soleil, M. Mercure a indiqué que des gens qui auraient subtilisé des objets au Château «sont pardonnés». 

«On n’encourage pas le vol», a toutefois tenu à préciser le patron du Château. L’appel à tous ne vise pas à former une collection d’objets volés, mais à récupérer toutes sortes d’objets ayant appartenu au Château Frontenac.

Au fil de ses 125 ans d’histoire, le Château a vendu de nombreux objets et en a donné beaucoup. Mais certains ont aussi été dérobés.

Avec l’aide des citoyens, le Château Frontenac croit pouvoir enrichir sa collection d’objets. Le Château Laurier, à Ottawa, a déjà fait un appel à tous similaire avec beaucoup de succès, souligne M. Mercure. 

La quête du Château Frontenac s’étend aussi aux artéfacts provenant du site archéologique des Forts-et-Châteaux-Saint-Louis, qui occupe le sommet de la falaise à proximité du Château Frontenac, sous la terrasse Dufferin.

«J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de trésors cachés qu’on pourrait valoriser et exposer», dit M. Mercure. 

Un cendrier pour Churchill

Le directeur général du Château donne l’exemple d’un client qui possédait un cendrier dans lequel Winston Churchill avait écrasé des cigares. Le cendrier avait été utilisé par Churchill durant la Conférence de Québec, en 1943, une rencontre entre les gouvernements britannique et américain tenue pendant la Seconde Guerre mondiale. 

«Ce n’est pas juste les photos et les objets, mais c’est vraiment les anecdotes... Ce qu’on cherche [à savoir], c’est comment le Château a touché les gens», dit Robert Mercure. 

De nombreux Québécois ont une histoire à raconter sur le Château Frontenac, souligne-t-il. Ils ont été témoins de moments historiques, ont rencontré une célébrité internationale ou y ont passé leur nuit de noces, par exemple. 

Le Château Frontenac sélectionnera les objets ou les photos du public par le biais d’un concours qui se tiendra du 29 janvier au 28 février. L’exposition de «125 souvenirs» sera présentée lors des journées portes ouvertes les 7 et 8 avril, puis lors d’une expo qui se poursuivra jusqu’au 15 avril.