Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec

Le Centre multiethnique de Québec perd le quart de son budget

Le budget du Centre multiethnique de Québec est amputé de près du quart. Il revient à ce qu'il était en 2013, soit avant l'arrivée importante de Syriens. Ces coupes arrivent à un moment où l'ambiance est «morose» dans la Capitale-Nationale, où une montée de la droite se fait sentir, déplore la directrice du Centre, Dominique Lachance.
«J'ai aboli trois postes d'intervenants et je dois couper dans le suivi à domicile et dans la bonification des services qui nous permet notamment de maintenir les réfugiés dans la région», dit-elle. 
Mme Lachance, comme ses homologues dans 14 régions du Québec, a appris «à minuit moins une», soit à la fin juin, que l'enveloppe du «Programme réussir l'intégration» du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion serait réduite de manière importante. 
Pour le Centre multiethnique de Québec, c'est 260 000 $ qui est retranché, une somme représentant près du quart de son budget total. «On revient à 2013, mais le problème c'est que l'on n'est plus en 2013», dénonce Mme Lachance, évoquant l'arrivée des réfugiés syriens en 2015 et 2016. «Les gens qui sont arrivés depuis deux ans sont toujours là!»
Et ils ont cruellement besoin d'un coup de pouce. «Notre objectif c'est qu'ils soient autonomes le plus rapidement possible», explique la directrice. Sans les services de son organisation, «l'adaptation peut être plus difficile et conséquemment, amener un peu plus de frictions», affirme-t-elle. 
Des discussions sur la formule 
C'est la porte-parole de l'opposition en matière d'immigration et de communautés culturelles, la députée péquiste Carole Poirier, qui a soulevé cette question mercredi en chambre dénonçant ces coupes «parce que la ministre a simplement décidé que les services que l'on donne aux réfugiés devaient s'arrêter». Elle réclame à la ministre Kathleen Veil de revenir sur cette décision. 
Cette dernière a répliqué que tous les organismes québécois recevant de l'argent en provenance du Programme réussir l'intégration avaient vu leur budget révisé. Elle a plus tard expliqué que les sommes sont calculées en fonction du nombre de réfugiés pris en charge et qu'il s'agissait d'une formule établie depuis longtemps. 
Mme Veil s'est dite sensible à l'argument que les réfugiés arrivés massivement ont toujours besoin d'aide. «C'est pour ça que j'ai demandé au ministère de regarder ça attentivement», a-t-elle annoncé, disant qu'aucune décision n'avait pas encore été prise.