Au cours des derniers mois, trois cliniques-réseau de Québec ont dû fermer leur sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite, dont le Centre médical de Charlesbourg.

Le Centre médical de Charlesbourg veut être un «sans rendez-vous populationnel»

S’il se réjouit du nouveau statut accordé à la Clinique médicale Val-Bélair, le Centre médical de Charlesbourg aurait bien aimé bénéficier lui aussi de cette mesure pour éviter la fermeture de son sans rendez-vous.

Le Soleil rapportait mercredi que la Clinique médicale Val-Bélair avait obtenu un statut de «sans rendez-vous populationnel», une nouvelle appellation qui lui permet de conserver financement et soutien professionnel du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour faire fonctionner son service de sans rendez-vous ouvert à toute la population, avec ou sans médecin de famille.

Depuis le 1er avril, les cliniques-réseau comme celle de la Clinique médicale Val-Bélair ne sont plus financées, une mesure prise par le ministère de la Santé pour forcer ces cliniques à se transformer en supercliniques. Comme la Clinique médicale Val-Bélair n’a pas les ressources médicales pour couvrir les heures élargies exigées par le programme, on lui a trouvé un statut intermédiaire pour éviter une autre fermeture de sans rendez-vous dans la capitale. 

Au cours des derniers mois, trois cliniques-réseau de Québec ont dû fermer leur sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite, dont le Centre médical de Charlesbourg, qui manquait lui aussi de médecins pour pouvoir adhérer au programme de superclinique et offrir des services sept jours sur sept, 12 heures par jour. 

«On est très content que la Clinique médicale Val-Bélair puisse continuer d’offrir du sans rendez-vous en attendant de pouvoir devenir superclinique. Il y a des besoins dans la Haute-Saint-Charles, et le sans rendez-vous de Val-Bélair doit rester ouvert. Ce qu’on ne comprend pas, c’est qu’il y a aussi d’immenses besoins dans Charlesbourg, où la population est âgée et où il manque cruellement de médecins. On comprend mal pourquoi on ne nous a pas permis ce qu’on vient de permettre à Val-Bélair», dit le président-directeur général du Centre médical de Charlesbourg, Éric Caron. 

Si un statut intermédiaire lui avait été accordé, la clinique de la 1re Avenue aurait pu continuer d’offrir un service de sans rendez-vous à plus de 38 000 patients par année, souligne M. Caron, selon qui «il semble y avoir beaucoup d’improvisation» dans le dossier des supercliniques. 

«Au lieu de laisser le temps aux cliniques-réseau de trouver les ressources pour se transformer en supercliniques, on a fait fermer des services à la population», déplore-t-il. 

Val-Bélair seule en lice

Nous avons demandé au CIUSSS de la Capitale-Nationale pourquoi on n’avait pas trouvé pour le Centre médical de Charlesbourg une solution à l’image de celle trouvée pour la Clinique médicale Val-Bélair, et nous avons obtenu cette réponse : «En novembre 2017, le Centre médical de Charlesbourg nous a annoncé sa décision de se concentrer sur leur prise en charge d’activités GMF (groupe de médecine familiale). Au 31 mars 2018, date limite pour se conformer aux critères d’une superclinique, la Clinique médicale Val-Bélair était la seule à être encore sur les rangs pour devenir une superclinique dans notre région et très près de la cible pour le devenir, compte tenu des différentes avenues et plusieurs efforts déployés.»

Le CIUSSS ajoute que «devant ce constat au 31 mars 2018, et connaissant l’offre du sans rendez-vous dans la couronne nord», il a offert à la Clinique médicale Val-Bélair «un court sursis permettant aux ressources infirmières de demeurer sur place pendant trois mois». «Ce sursis ne sera pas offert à long terme et sera réévalué après trois mois, soit au début juillet 2018», souligne-t-il.