De l'avis du cardinal Marc Ouellet, la loi sur les corporations religieuses est trop vague et trop généreuse dans ses critères de reconnaissance.

Le cardinal Ouellet n'est pas en croisade contre la scientologie

«Je ne suis pas en croisade contre l'Église de scientologie, affirme le cardinal Marc Ouellet, je souhaite simplement que le gouvernement revise la loi qui définit ce qu'est une Église. Les critères sont tellement vagues qu'un groupe de trois personnes peut fonder une Église et une religion à sa guise.»
En répondant aux questions des journalistes de Québec qu'il rencontrait hier matin, l'archevêque de Québec a dû revenir sur cette déclaration qu'il a faite la semaine dernière en répondant aux questions d'un journaliste du Soleil.
À son avis, la Loi sur les corporations religieuses est trop vague et trop généreuse dans ses critères de reconnaissance. «Peut-on mettre sur le même pied une Église qui compte un milliard de fidèles et 2000 ans d'histoire et un petit groupe de fidèles qui viennent de faire surface? Il faudrait savoir si la loi correspond vraiment à la réalité», s'interroge le cardinal.
Sans nier que les minorités puissent avoir des droits en sachant qu'ils seront respectés, il ne croit pas que toutes les organisations doivent être traitées de la même manière. Selon lui, rien dans la loi ne permet de distinguer ce qui est une religion de ce qui est une secte. Il estime que le gouvernement et les législateurs doivent réfléchir pour mettre en place des critères précis pour distinguer Église et religion de ce qui peut n'être qu'un phénomène passager.
Manifestation
Disant qu'il ne connaît pas la scientologie, il souligne avoir observé ce qui se passe ailleurs dans le monde et au Canada avec cette organisation, notamment les contestations légales et les poursuites en diffamation de la part des adhérents et des opposants.
Quant à la manifestation qui se tiendra devant les locaux de l'Église de scientologie à Québec, Mgr Ouellet répond que ceux qui sont en croisade contre le groupe ont le droit d'exercer leur liberté d'expression, refusant ainsi de désapprouver ou d'appuyer les démarches des opposants.
Par ailleurs, il a refusé de prendre position ou de faire des commentaires sur la commémoration de la bataille des plaines d'Abraham, affirmant que la question était très politique et que ce débat appartenait aux politiciens.