Un engouement pour le plein air se fait sentir chez les jeunes.

Le canot-camping a la cote

Prendre le temps de respirer le grand air, être loin de la civilisation et parcourir les lacs et les rivières du Québec : le canot-camping recrute de plus en plus de jeunes partisans.

Depuis 1966, le camp de vacances Kéno de la région de Portneuf attire de nombreux adeptes de canot-camping. «Rapidement, le canot est devenu l’essence du camp et sa marque de commerce à cause de la zone géographique où nous sommes situés. Dès le plus jeune âge, les campeurs sont initiés à des excursions et des expéditions», explique le directeur du Camp Kéno, Réjean Roy. C’est aussi le cas du Camp Minogami qui existe depuis 1963. 

«À 7 ans, les jeunes vont faire leur première excursion en canot-camping d’une durée d’une nuit de l’autre bord du lac. Ils vont progresser jusqu’à la finalité, soit la rivière Broadback qui est notre plus grosse expédition de 32 à 35 jours. Il y a tout un processus d’apprentissage et de gradation de difficultés», détaille le directeur du Camp Minogami, Laurent Gagné.

Ces deux camps, bien connus dans le monde du canot-camping, font face au même constat : il y a de plus en plus de demandes pour les expéditions de longue haleine. «On vit nos meilleures années en termes d’achalandage pour les programmes spécialisés de longues expéditions», se réjouit Réjean Roy. «Le camp est plein depuis quelques années. On voit que les jeunes sont vraiment intéressés et ça roule, mais on ne peut pas en accueillir plus pour nos expéditions parce que ce serait trop de logistique et il faudrait agrandir le camp», souligne Laurent Gagné. 

Vivre dans la nature

Pour plusieurs, cet engouement pour le plein air est intimement lié à l’intérêt plus marqué des jeunes pour la cause environnementale. «Ça s’inscrit dans un contexte où la conscience environnementale se développe chez les familles et elles veulent reconnecter avec la nature», explique Réjean Roy. Pour d’autres, le canot-camping est aussi un moyen de s’échapper du quotidien urbain. «On accueille beaucoup de jeunes de Montréal et de Québec, et je pense que ça leur apporte un sentiment de liberté. Ça leur permet d’apprendre dans un autre milieu et ça fait aussi en sorte qu’ils sont un peu plus eux-mêmes», continu Laurent Gagné. 

De plus en plus de camps souhaitent suivre le modèle de Kéno et Minogami. «On fait des forums de discussions et il y a des camps qui essaient de créer des programmes de canot-camping. Ils nous posent des questions parce qu’ils savent qu’on a une expertise là-dedans», indique Laurent Gagné. C’est aussi le cas au niveau scolaire. 

«Il y a de plus en plus de professeurs qui s’intéressent au plein air en général. Le canot est pas mal un incontournable là-dedans. Ça s’offre dans les cégeps et dans les écoles secondaires. Il y a des études qui sont sorties comme quoi le plein air est vraiment bon pour l’humain et ça se traduit vraiment dans les cours d’éducation physique», explique la directrice générale adjointe de la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK), Josiane Rivest. Le constat est similaire pour le directeur du parc national de Frontenac, Éric Lessard. «Pour 2016-2018, on parle d’une hausse de 10 % à notre parc. C’était un produit qui était toujours stable, mais depuis les trois dernières années, ça augmente», conclut-il.