Mme Freeland a rappelé avoir «le pouvoir de refuser un permis» si elle estime qu’il existe «un risque pour les droits de la personne».

Le Canada menace de bloquer la vente d’hélicoptères aux Philippines

Le gouvernement canadien a menacé jeudi de bloquer la vente de 16 hélicoptères Bell multifonctions destinés aux forces armées des Philippines, invoquant les violations des droits de l’Homme dans cet archipel d’Asie du Sud-Est.

«Le Premier ministre et moi-même avons été très clairs sur les violations des droits de la personne et les exécutions extra-judiciaires du régime (ndlr, du président Rodrigo) Duterte», a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

«Je ferai une analyse extrêmement rigoureuse des droits de la personne pour toute demande de permis d’exportation potentielle liée à ce contrat», a-t-elle assuré jeudi lors de la séance des questions au Parlement.

Mme Freeland a rappelé avoir «le pouvoir de refuser un permis» si elle estime qu’il existe «un risque pour les droits de la personne».

«Si c’est le cas, je le ferai», a-t-elle assuré.

La société Bell Helicopter, division canadienne du constructeur américain Textron, a signé mardi un contrat pour la vente de 16 hélicoptères Bell 412EPI au ministère philippin de la Défense.

Ce contrat estimé à près de 235 millions de dollars américains est critiqué au Canada par l’opposition de gauche au gouvernement libéral de Justin Trudeau, le Nouveau parti démocratique craignant que les hélicoptères soient utilisés contre des civils.

Le gouvernement philippin a assuré jeudi que ces appareils n’étaient pas destinés à des fins militaires mais plutôt humanitaires, comme lors d’opérations de secours en cas de désastre naturel ou de recherche et de sauvetage en mer.

Le porte-parole du président Rodrigo Duterte n’a pas exclu pour sa part la possibilité que les Philippines résilient ce contrat d’achat.

«S’ils ne veulent pas nous en vendre, alors nous pourrions envisager de faire appel à d’autres sources», a dit jeudi ce porte-parole, Harry Roque.

Cette controverse survient alors que la Cour pénale internationale a ouvert jeudi un «examen préliminaire» portant sur des crimes commis aux Philippines, où sévit une guerre sanglante contre la drogue «déclenchée par le gouvernement philippin».

Rodrigo Duterte s’est faire élire président en 2016 sur une promesse d’éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de délinquants.

Depuis son élection, plus de 4.000 trafiquants et usagers de drogue présumés ont été tués par la police. Les autorités enquêtent également sur plus de 2.000 autres meurtres «commis en relation avec la drogue» par des inconnus.