Des représentants des Forces canadiennes en Irak

Le Canada déplace certains soldats de l’Irak vers le Koweït

OTTAWA — Plusieurs heures avant les attaques menées par l’Iran sur deux bases militaires en Irak, dont une où étaient stationnées les troupes canadiennes, les Forces armées dirigées par le général Jonathan Vance avaient entrepris de déplacer les soldats hors du pays.

D’après des informations obtenues des autorités américaines, environ une douzaine de missiles balistiques ont été tirés sur la base aérienne Al-Assad et sur la base d’Erbil, au Kurdistan irakien. Les troupes canadiennes ont longtemps été déployées à Erbil, où elles travaillaient en collaboration avec l’armée irakienne et où elles maintenaient une flotte d’hélicoptères ainsi qu’une présence diplomatique.

Sur Twitter, le général Jonathan Vance a indiqué en soirée que personne n’avait été blessé dans les attaques sur la base d’Erbil. «Familles des FAC: Je peux vous rassurer que tous nos membres déployés sur Opération IMPACT sont sains et saufs suites aux attaques en Irak. Nous demeurons vigilants», a-t-il écrit.

Aucune information ne faisait part de victimes blessées ou tuées. Tard en soirée, mardi, le ministère américain de la Défense disait travailler sur un bilan des dommages.

Le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a rencontré les dirigeants des Forces armées canadiennes et les hauts-fonctionnaires de son ministère, a indiqué par courriel son attaché de presse Todd Lane. Tout le monde suit la situation de près.

Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Francois-Philippe Champagne, a fait une déclaration sensiblement pareille. Adam Austen a mentionné que le ministre était bien au fait des développements et qu’il se tenait informé.

En début de journée, l’armée canadienne avait commencé à déplacer ses troupes hors de l’Irak, suivant l’exemple de plusieurs autres nations occidentales concernées par la situation de plus en plus volatile entre les États-Unis et l’Iran.

Le retrait d’un nombre non spécifié de militaires canadiens vers le Koweït a été décrit par le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, comme une mesure temporaire pour assurer leur sûreté et leur sécurité.

Dans une lettre ouverte aux familles des 500 soldats canadiens en Irak, le général Vance a dit que la sécurité du personnel et des hauts dirigeants des Forces armées était sa priorité et que les mesures de sécurité allaient être réexaminées sur une base quotidienne.

«Au cours des prochains jours, des effectifs quitteront temporairement l’Irak pour s’installer au Koweït, grâce aux efforts de planification déployés par la Coalition et l’OTAN, écrit le général Vance. En termes simples, nous prenons ces mesures pour veiller à la sûreté et à la sécurité de nos effectifs.»

Le général Vance n’a pas précisé combien de troupes canadiennes seraient déplacées hors du pays, et les demandes pour obtenir cette information n’ont pas obtenu de réponse de la Défense nationale.

Toutefois, même s’il décrit le retrait comme temporaire, le général a ajouté : «Naturellement, le travail que nous accomplissons dans le cadre de ces missions et l’avenir des opérations en Irak dépendent du maintien d’un environnement opérationnel suffisamment sécuritaire et productif», a-t-il dit.

Le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, et le premier ministre Justin Trudeau

Le contingent canadien inclut environ 200 militaires rattachés à une mission de l’OTAN dans le sud du pays pour fournir de la formation et de l’aide aux forces de sécurité irakiennes dans le cadre de la lutte contre Daech (groupe armé État islamique).

Il y a également jusqu’à 200 militaires des forces spéciales au nord qui travaillent avec des troupes irakiennes antiterroristes, alors que plusieurs douzaines d’autres troupes sont dans différentes parties du pays travaillant avec de hauts responsables irakiens ou fournissant du soutien logistique ou médical au contingent.

Tous les Canadiens en Irak ont reçu l’ordre de suspendre leurs activités et de se mettre à l’abri lors de la fin de semaine, à la suite de la mort par un drone américain du général iranien Qassem Soleimani, considéré comme la deuxième personne la plus importante en Iran.

La mort du général Soleimani a soulevé des craintes de représailles de l’Iran contre les États-Unis et les forces alliées en Irak et dans les régions avoisinantes. Elle a aussi incité le Parlement irakien et le premier ministre démissionnaire à réclamer le départ des troupes étrangères du pays.

Le retrait des forces canadiennes en Irak s’ajoute à celui d’autres alliés de l’OTAN, dont l’Allemagne, la Croatie et la Roumanie. Des médias rapportent aussi que les forces militaires américaines au Moyen-Orient sont en état d’alerte face à d’éventuelles représailles de l’Iran.

Alors que les Forces armées canadiennes s’affairaient à déplacer leurs troupes hors de l’Irak mardi, le premier ministre canadien Justin Trudeau s’est entretenu avec d’autres leaders mondiaux au sujet de la situation au Moyen-Orient, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le roi Abdallah II de Jordanie.

M. Trudeau et le roi Abdallah «ont réclamé la désescalade et le dialogue et souligné qu’il est important de favoriser la stabilité et la sécurité en Irak», selon un communiqué du bureau du premier ministre, ajoutant que les deux dirigeants «ont convenu de la nécessité de rester concentrés sur la lutte contre Daech».