Selon plusieurs historiens, les efforts du Canada ont été bien timides par rapport à ceux du Royaume-Uni, de l'Australie et d'autres pays pour mettre en lumière le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale.

Le Canada a fait pâle figure dans les événements du 100e de la Première Guerre mondiale, selon des historiens

OTTAWA — Plusieurs historiens déplorent ce qu'ils perçoivent comme une occasion manquée au cours des quatre dernières années de mettre en lumière le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale, affirmant que les efforts du Canada ont été bien timides par rapport à ceux du Royaume-Uni, de l'Australie et d'autres pays.

Le jour du Souvenir marquait dimanche non seulement le centenaire de l'Armistice qui a mis fin aux hostilités de la Première Guerre mondiale, mais également la conclusion de quatre années de commémorations dans le monde entier visant à faire connaître et à rappeler la mémoire de «la guerre pour mettre fin à toutes les guerres».

La Première Guerre mondiale a coûté la vie à plus de 60 000 Canadiens, mais elle a également eu des répercussions importantes et durables sur le paysage politique, social, économique et culturel du Canada, notamment la montée du nationalisme québécois, le vote des femmes et une plus grande autonomie par rapport au Royaume-Uni.

Anciens Combattants Canada affirme avoir dépensé 13 millions $ depuis 2014 pour divers événements commémorant la guerre - la plus grande partie de l'argent ayant été consacrée à la cérémonie prestigieuse de l'année dernière pour le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy.

Plus de 24 000 personnes ont assisté à la cérémonie.

Certains historiens estiment pourtant que, outre Vimy, le gouvernement fédéral a en grande partie échoué à commémorer la Première Guerre mondiale et ses répercussions sur le Canada et à profiter du centenaire pour informer les Canadiens sur leur histoire.

«Je pense que le gouvernement du Canada a bâclé la commémoration de la Première Guerre mondiale», a affirmé l'auteur et historien militaire Jack Granatstein. «Si on exclut la célébration de la crête de Vimy en 2017, je pense qu'ils ont fait un très mauvais travail.»

Le gouvernement britannique a placé la barre en établissant un budget de 100 millions de livres (soit environ 170 millions $) pour des cérémonies, des documentaires de la BBC, des visites scolaires sur les champs de bataille, la rénovation de musées et d'autres programmes sur la guerre.

En Nouvelle-Zélande et en Australie

Cependant, plusieurs autres pays ont également organisé des événements de marque et des programmes éducatifs sur le devoir de mémoire de la Première Guerre mondiale. La Nouvelle-Zélande a réservé l'équivalent d'au moins 20 millions $ et l'Australie, un budget de près de 80 millions $.

«Nous avons eu cet unique événement à Vimy», a déploré Mark Humphries, expert de la Première Guerre mondiale à l'Université Wilfrid Laurier.

«L'Australie a mis fortement l'accent sur (la bataille de) Gallipoli et sur ce qui leur est arrivé sur le front occidental. De nombreux documentaires, miniséries et autres trucs y ont été consacrés. Et à bien des égards, le Canada est demeuré à l'écart pour beaucoup d'éléments», a-t-il ajouté.

Le ministère des Anciens Combattants soutient qu'il ne s'est pas tourné les pouces au cours des quatre dernières années. Un porte-parole a fait valoir que dix événements publics de grande envergure avaient eu lieu au Canada et à l'étranger au cours des quatre dernières années, tandis que des publicités télévisées et sur internet ont touché des millions de Canadiens.

Plus de quatre millions de livres, brochures et autres supports d'apprentissage ont également été distribués chaque année aux écoles, organisations de jeunesse et groupes communautaires.

Néanmoins, un coup d'œil sur le site web des Anciens Combattants ces dernières semaines montre que la grande majorité des événements qui ont précédé le 100anniversaire de l'Armistice ont été organisés non par le ministère, mais par des communautés et des organisations indépendantes.