La nouvelle mouture de la Stratégie maritime est bien accueillie par Daniel Côté parce qu’elle devrait déboucher sur des investissements dans les zones portuaires.

Le budget Girard bien accueilli en Gaspésie

CARLETON – Le budget déposé mardi par le gouvernement québécois trouve des échos assez favorables chez certains acteurs socio-économiques gaspésiens. Le maire de Gaspé et vice-président de l’Union des municipalités du Québec, Daniel Côté, y trouve des outils pour les régions.

La nouvelle mouture de la Stratégie maritime, dotée d’une enveloppe de 300 millions $ pour les cinq prochaines années, les 160 millions (M) $ consacrés au cours à l’adaptation aux changements climatiques, les 680 M$ pour l’électrification des transports au cours du prochain quinquennat et le crédit d’impôt à l’investissement font partie de ces outils.

«Les 300 M$ de la Stratégie maritime réservent 172 millions $ pour les ports. C’est une bonne nouvelle, considérant que le port de Gaspé fait partie des quatre ports de l’Est-du-Québec dont la propriété sera transférée du gouvernement fédéral au gouvernement québécois. Il y aura de la place pour le développement de notre zone portuaire», aborde Daniel Côté.

La Stratégie maritime prévoit aussi 40 M$ pour établir des services maritimes de courte distance sur le fleuve et dans le golfe Saint-Laurent d’ici 2030, ce qui englobe la zone comprise entre l’Est-du-Québec et Montréal. «Ça fait des décennies qu’on parle de cabotage sans geste concret. Je suis agréablement surpris», note le maire de Gaspé.

Le gouvernement québécois, par le biais de la Société du plan nord, a abandonné il y a un mois le projet de développement d’un lien maritime entre la Gaspésie, l’île d’Anticosti et la Basse-Côte-Nord. Ce projet pourrait-il se qualifier dans les 40 M$ réservés au cabotage?

«C’est très embêtant. Il n’y a pas d’échos à ce sujet dans le budget mais de toute façon, on retravaille notre angle d’attaque dans ce dossier», dit M. Côté en incluant ses collègues d’Anticosti et de Havre-Saint-Pierre.

La main-d’œuvre

Le budget du ministre Éric Girard est assez discret sur la pénurie de main-d’œuvre au Québec, dont en Gaspésie. Daniel Côté a noté dans le budget la présence de 160 M$ en cinq ans pour l’attraction et l’intégration de la main-d’œuvre. «Je le vois dans les mesures de développement régional. Je le considère donc comme un élément inclusif pour les régions».

Il accueille très favorablement le crédit d’impôt à l’investissement qui atteindra 20 % en Gaspésie lors de la nouvelle année budgétaire. «C’est 20 % en Gaspésie et c’est de 10 à 15 % dans les autres régions. Le crédit d'impôt est modulé en fonction des réalités régionales; moins il y a d'investissements privés dans une région, plus le crédit est généreux».

Daniel Côté a vu la confirmation que l’État québécois ajoute 135 M$ au budget de réfection du chemin de fer en Gaspésie, un montant annoncé à Gaspé le 25 février. L’échéancier d’un retour du train à Gaspé en 2025 ne change pas, malgré un engagement du ministre des Transports François Bonnardel pris en décembre à l’effet de réduire ce délai.

«Les études d’ingénierie portant sur la section Port-Daniel-Gaspé seront déterminantes pour statuer d’un retour plus rapide du train à Gaspé. Ces études sont réalisées cette année», note M. Côté.

Il voit d’un bon œil les 40 M$ par an accordés d’ici 2024 pour la prévention et l’adaptation aux changements climatiques et il constate que les régions «sont incluses dans les grandes orientations» liées aux 680 M$ dévolus pour l’électrification des transports.

Du côté de la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs, le président Luc Leblanc apprécie les mesures visant la transition énergétique, mais il note que la pénurie de main-d’œuvre est insuffisamment abordée.

«Les mesures annoncées lors du précédent budget afin d’améliorer la fiscalité et l’attrait pour les travailleurs expérimentés auraient pu avantageusement être bonifiées», ajoute-t-il.

Le marché du travail québécois accuse, dit-il, un certain retard dans le développement de nouvelles compétences des travailleurs actuellement en emploi et les moyens mis en place dans le présent budget semblent timides. «Ce budget semble insister sur l’investissement en équipement pour favoriser l’innovation, mais sans prévoir de formation suffisante pour que les travailleurs en optimisent l’utilisation», critique-t-il.