Le Boisé Rochebelle serait menacé [VIDÉO]

Le Boisé Rochebelle est menacé de perdre quelques-uns de ses arbres. La Ville de Québec souhaite en couper une partie afin d’y construire un stationnement à ciel ouvert, et plusieurs citoyens s’y opposent.

Le conseil de quartier Saint-Louis et Québec Arbres, ainsi que plusieurs citoyens concernés, demandent la conservation du boisé en entier, un terrain qui appartient à la Ville. La solution proposée est de réduire quelque peu la superficie du futur stationnement, pour ne pas que celui-ci déborde sur les arbres. 

«Les arbres en milieu urbain protègent notre santé, ils protègent notre vie. On sait que la présence d’un milieu naturel, pour des étudiants, ça diminue les symptômes de TDAH, de stress et ça augmente les performances scolaires, il y a des études qui le démontrent. Ce sont plus de 3000 études médicales qui ont été publiées, qui le prouvent et qui le démontrent», soulève Johanne Elsener, présidente de Québec Arbres.

Le petit boisé, situé à l’arrière de l’école secondaire De Rochebelle, est entre autres fréquenté quotidiennement par les élèves et par deux garderies. La Ville souhaite seulement détruire les arbres en bordure du boisé, sauf que, selon des experts, cette partie apparaît essentielle à la survie du boisé en entier.

«Ces grands arbres-là font de la régénération et développent de petits arbres autour, des cerisiers, du chêne, de l’érable à sucre. Ils veulent éliminer la régénération et les arbres protecteurs, alors le vent va entrer à toute vitesse. Si on enlève la bordure, le boisé va disparaître tranquillement pas vite, c’est aussi simple que ça. On va voir les arbres mourir tranquillement, à force d’avoir le vent, le froid, la neige», explique Jean Lamontagne, un expert en arboriculture consulté par Québec Arbres pour faire une analyse de la situation.

Il ajoute que les chênes en bordure du boisé ont une très grande valeur, ils sont présentement marqués d’un triangle orange, signe d’un danger de coupe éminent.

«Pour eux, ce n’est pas important. Ils disent qu’ils coupent seulement les bordures... Mais c’est la partie qui protège le boisé. Le détruire pour quelques places de stationnement, on trouve ça vraiment ridicule», ajoute l’expert. 

Mauvaise surprise

C’est par hasard que les citoyens ont remarqué les marques orange sur les arbres. Le mot s’est propagé, ce qui a permis au conseil de quartier Saint-Louis de faire ses recherches. 

«Ça aurait été bien qu’on soit avertis autrement qu’en venant ici et en détectant qu’il va y avoir de la coupe. J’ai appelé la Ville et ils ont dit qu’ils étaient rendus là dans leur processus d’aménagement», a indiqué Gaston Dionne, un citoyen du secteur.

M. Dionne s’est d’ailleurs présenté lundi soir à la rencontre de son arrondissement, afin d’avoir plus d’informations, et les réponses ont été «décevantes».

«Quand le responsable de l’arrondissement dit que ce ne sont pas des arbres importants qu’ils coupent, c’est faux. C’est inadmissible qu’en 2019, on coupe des arbres pour ajouter du stationnement alors qu’on apprend que la planète ne va pas bien qu’il ne faut pas faire ça. On dirait que l’administration n’est pas consciente du problème», a-t-il ajouté.

Québec Arbres a présenté un mémoire à la Ville le 22 mai dernier, il rapportait la majorité des bienfaits qu’a le boisé sur la santé des citoyens ainsi que les conséquences de la coupe de ses arbres. Le mémoire et ses données ont été approuvés par deux professionnels, le médecin Pierre Gosselin du CHU de Québec-Université Laval et le professeur titulaire en foresterie urbaine et changements climatiques, Jean Bousquet, de l’Université Laval.

27 arbres contre 185

La Ville de Québec confirme qu’il n’y aura pas de modifications dans le plan du stationnement, qui fait partie du projet de réaménagement du Centre sportif et du Marché public. Cindy Demontigny, responsable des communications pour la Ville de Québec, rappelle que seulement 27 arbres du Boisé Rochebelle seront coupés, et 20 d’entre eux sont malades ou morts. Elle admet que sept arbres en santé seront coupés, mais soutient qu’ils ont été choisis avec soin.

«Quand il y a eu de la planification, tout a été fait pour minimiser l’impact sur le parc. Il y a des ingénieurs forestiers qui ont travaillé là-dessus, il y a vraiment un souci de préserver le boisé et ils ont fait extrêmement attention de bien choisir les arbres», soulève-t-elle.

De plus, ce sont 185 arbres de plus qui seront plantés dans le même secteur à la fin des travaux, ainsi que l’ajout de 3000 m2 de verdure.

«Il y a aussi des arbres qui seront replantés, ce n’est pas juste des coupes. Si c’est possible de planter l’arbre ailleurs, ça va être fait», ajoute Mme Demontigny