L'avenir des CLSC passe par les groupes de médecine familiale

L’Association des médecins de CLSC du Québec ne se fait plus d’illusion : pour survivre, les équipes médicales des CLSC n’ont d’autre choix que de se transformer en groupes de médecine familiale (GMF).

«Les CLSC sont une structure à laquelle j’ai beaucoup cru. Malheureusement, avec les réformes des 10 ou 15 dernières années, ils ont été mis de côté.» 

Ces propos, rapportés dans Le Médecin du Québec, sont ceux du Dr Sylvain Dion, président de l’Association des médecins de CLSC du Québec (AMCLSCQ), qui a dû se rendre à l’évidence : le statu quo n’est plus possible. «L’avenir passe par les GMF. Si nos équipes médicales en CLSC veulent survivre, et surtout avoir du sang neuf dans les prochaines années, elles doivent adhérer au modèle GMF.»

En cause : la loi 20 sur l’accès à un médecin de famille, qui oblige les omnipraticiens à prendre en charge un minimum de patients, la perte de l’identité des CLSC à la suite de leur intégration dans les établissements de soins et la directive «officieuse» du ministère de la Santé selon laquelle la pratique médicale en première ligne doit être en GMF, analyse le Dr Dion dans la revue de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. 

En entrevue au Soleil, cette semaine, le Dr Dion a expliqué que les CLSC avaient de plus en plus de difficulté à recruter de nouveaux médecins, notamment parce qu’ils sont moins attractifs qu’ils ne l’ont déjà été, à l’époque où la singularité de leur organisation reposait sur le groupe, le partage des tâches et la collaboration interprofessionnelle. 

«C’était un modèle unique, alors que la pratique solo dominait dans les cabinets. Puis, on a vu arriver les GMF, avec des infirmières, des travailleurs sociaux… Les CLSC étaient LE modèle, et là, on se retrouve avec une concurrence entre les milieux», observe le président de l’AMCLSCQ. 

Selon lui, les CLSC qui ont le plus de difficulté à recruter sont ceux qui se sont mis à offrir surtout des programmes, de maintien à domicile ou de santé mentale, par exemple. «Quand tu fais du maintien à domicile, tu ne peux pas avoir 700 ou 800 patients […]. Et les jeunes médecins recherchent surtout une pratique polyvalente, comme on la retrouve actuellement dans les GMF», explique le Dr Sylvain Dion. 

Les équipes médicales des CLSC qui se sont constituées «intra-muros» en GMF sont celles qui offrent des soins de santé courants, note le Dr Dion. Plus solides, ces équipes parviennent à attirer de nouveaux médecins. «Les CLSC qui ne peuvent pas se constituer en GMF, soit à cause du nombre insuffisant de médecins, de la taille de la clientèle ou du type de pratique, doivent penser à s’associer à des GMF existants pour maintenir leur activité programme. C’est vraiment la seule façon d’assurer une relève», insiste-t-il. 

Le Dr Dion calcule qu’une cinquantaine de CLSC ont actuellement des équipes médicales constituées en GMF ou associées à des GMF, et qu’une cinquantaine d’autres, «au moins», doivent encore faire le virage.