Aux heures de pointe comme toute la journée, le mode «auto solo» demeure de loin le plus utilisé. Pour plus de 60 % des déplacements, l'automobiliste est également le conducteur. Dans seulement 14 % des cas, il est passager.

L'auto solo continue de dominer à Québec

Même si le nombre de déplacements quotidiens a légèrement fléchi ces dernières années dans la région de Québec, l'auto solo continue de gagner en popularité, ce qui a pour effet d'allonger et d'accentuer les heures de pointe.
<p> Répartition des déplacements selon le mode de transport en 2011 </p>
<p>Dans tous les groupes d'âge, le nombre de déplacements faits à pied va en diminuant.</p>
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a publié lundi les résultats de l'enquête origine-destination (OD) réalisée en 2011. Cette grande enquête, basée sur 26 441 entrevues menées auprès d'autant de ménages de la région de Québec, détaille les habitudes de déplacement des citoyens. Comme l'exercice est répété tous les cinq ans, il permet de dresser des tendances et d'orienter le développement des transports.
Le portrait rendu public lundi est typique d'une journée moyenne de semaine de l'automne 2011. Les auteurs - employés du consortium Dessau/BIP sous la supervision du MTQ - ont évalué le nombre de déplacements quotidiens à 1 936 900. C'est une légère baisse par rapport à l'édition précédente, celle de 2006.
Jean Côté, analyste en transports pour le MTQ et responsable de l'enquête, a parlé lundi d'un résultat «contre-intuitif» qui a déclenché une série de vérifications et entraîné un retard de publication.
En fait, les analystes s'attendaient à ce que le trafic continue d'augmenter comme c'est le cas depuis 1996, année de la première enquête. Une diminution de 6 % a finalement été confirmée, mais il est encore tôt pour parler d'un renversement de la tendance à long terme.
L'heure de pointe toujours dense
Sur le terrain, l'effet n'a pas été ressenti car la circulation est toujours plus dense aux heures de pointe du matin (+ 4 %) et de l'après-midi (+ 0,5 %), qui s'amorcent de plus en plus tôt, avant 7h le matin et dès 15h l'après-midi.
«Les gens ont l'impression que la circulation se détériore parce qu'ils ont tous le réflexe de partir un peu plus tôt» et se retrouvent en plus grande concentration sur le réseau routier, explique M. Côté. «Ce qui vient accentuer le problème», ajoute-t-il.
Il faut dire qu'aux heures de pointe comme toute la journée, le mode «auto solo» demeure de loin le plus utilisé. Pour plus de 60 % des déplacements, l'automobiliste est également le conducteur. Dans seulement 14 % des cas, il est passager. Toutes les statistiques pointent vers un renforcement de cette habitude de voyager en solitaire.
Entre 2006 et 2011, le nombre de véhicules par ménage a continué d'augmenter partout, à Québec, à Lévis et dans les couronnes nord et sud, tout comme le nombre de titulaires d'un permis de conduire. Le nombre de passagers a diminué et avec lui le taux d'occupation moyen des automobiles.
«Les gens ont plus accès à une automobile et vont davantage faire des déplacements individuels plutôt qu'en covoiturage», résume l'analyste du MTQ.
Le transport en commun, lui, tire son épingle du jeu. Sur une période de 24 heures, il représente maintenant 9 % des déplacements dans la région de Québec. Cette part modale augmente à 11 % à l'heure de pointe du matin et même à 15 % quand on s'attarde à l'agglomération de Québec (Québec, Saint-Augustin, L'Ancienne-Lorette).
Fait intéressant : c'est dans les arrondissements de La Cité-Limoilou et de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge que le transport en commun est le plus populaire. En plus des déplacements internes, la tendance est à partir du centre-ville pour se rendre vers l'Université Laval et le Plateau de Sainte-Foy, donc de l'ouest vers l'est.
Le plan de mobilité durable de la Ville de Québec a pour objectif de doubler la part modale du transport en commun d'ici 2030 pour la porter à 20 % sur une base journalière. Ce document fait aussi la part belle aux transports actifs (marche et vélo), qui ont perdu des plumes entre 2006 et 2011.
Diminution des piétons
Dans tous les groupes d'âge, le nombre de déplacements faits à pied va en diminuant. La chute est importante (- 10 %) pour les jeunes d'âge scolaire, qui sont nombreux à passer du statut de piéton à passager d'une automobile pour se rendre à l'école.
Le vélo, mode utilisé pour à peine 1 % des déplacements, gagne quant à lui en popularité à Québec. Cette croissance est toutefois plus faible qu'auparavant et, surtout, elle est annulée par la chute du nombre de cyclistes à Lévis et dans les couronnes. Jean Côté y voit un signe d'«essoufflement» d'un mode de transport qu'il qualifie de «marginal».
Faits saillants de l'enquête origine-destination 2011
• Légère baisse du nombre de déplacements quotidiens entre 2006 et 2011
• Heures de pointe plus intenses et plus longues
• 77 % des déplacements faits en automobile (conducteur et passager)
• Diminution du taux d'occupation des véhicules
• La proportion des déplacements générés dans les couronnes augmente
• Le transport en commun accapare 9 % du total des déplacements
• Baisse généralisée du nombre de déplacements à pied
• Déplacements à vélo en hausse à Québec, en baisse ailleurs
• Chute de 19 % des déplacements à l'heure du midi
• Baisse continue des déplacements pour le motif «études»
• Les zones de destination les plus populaires sont : Colline parlementaire-Vieux-Québec, plateau-centre de Sainte-Foy, secteur Lebourgneuf, Université Laval-Cégep de Sainte-Foy, Saint-Roch-Vieux-Port