L'élargissement prévoit trois voies de circulation sur toute la longueur de l'autoroute Laurentienne dans les deux directions, entre Charlesbourg et le centre-ville.

Laurentienne élargie vers le sud

Le maire Régis Labeaume part en campagne électorale avec l'élargissement de l'autoroute Laurentienne en poche, gracieuseté du gouvernement du Québec qui a fait l'annonce de 150 millions $ mercredi, quatre ans avant le début possible des travaux.
Le projet présenté aux journalistes prévoit trois voies de circulation sur toute la longueur dans les deux directions, entre Charlesbourg et le centre-ville. Seule petite exception pour cause de distribution du trafic : sous le viaduc de Félix-Leclerc en direction nord. Vers le sud, il y aura même quatre voies entre l'autoroute Félix-Leclerc et la sortie Soumande. Elle sera réservée au virage à droite et aura pour fonction de désengorger l'accès au Centre Vidéotron.
Dans la portion plus dense, entre les sorties du boulevard Wilfrid-Hamel et la rue de la Croix-Rouge, les partenaires ont convenu de transformer les voies rapides en boulevard urbain, mais elles seront toujours au nombre de trois. 
La forme exacte de ce boulevard n'est pas arrêtée, mais le maire de Québec a évoqué un aménagement plus harmonieux et l'abaissement de la limite de vitesse de 70 à 60 kilomètres/heure pour «enlever l'effet piste de course» à la jonction des quartiers Limoilou et Saint-Roch. 
La présence ou non d'une voie réservée au transport en commun n'est pas décidée. Cela dépendra des besoins du prochain réseau structurant de transport collectif, a indiqué Régis Labeaume. 
Le projet présenté mercredi est largement inspiré de la proposition faite par la Ville de Québec en juillet 2016, mais pourrait coûter plus de deux fois plus cher. Les 60 millions $ avancés alors ne tenaient pas compte des améliorations à apporter au réseau provincial, ce que le ministre de la Capitale-Nationale, François Blais, a appelé les «tant qu'à y être». L'estimation «sommaire» a donc été majorée à 150 millions $. La facture sera entièrement payée par le gouvernement du Québec. Elle inclut la reconstruction du viaduc du boulevard Hamel et du viaduc ferroviaire du CN à côté de Soumande. Un mur acoustique est planifié à la sortie des Cèdres. 
L'échéancier de réalisation n'a pas été précisé. Au mieux sait-on que les travaux ne seront pas lancés avant 2021 ou 2022 de façon à ne pas interférer avec le chantier d'élargissement de l'autoroute Henri-IV qui se mettra bientôt en branle. «On ne peut pas se permettre d'avoir deux grands chantiers nord-sud», a insisté le ministre Blais.
Il faut aussi suivre la directive gouvernementale sur les grands projets de plus de 100 millions $, qui commande plusieurs études et étapes d'approbation. 
Le ministre Blais a rappelé combien ce dossier a été complexe pour lui, mais il a attribué son succès à une «vision claire comme de l'eau de roche» : «Personne ne pouvait remettre en question cette idée fort simple que si nous faisions le nord, il fallait un jour, bien sûr, élargir Laurentienne sud.» 
Le libéral a réfuté tout lien entre le moment de l'annonce et la campagne électorale municipale qui sera lancée officiellement vendredi, affirmant que le projet - sur lequel les fonctionnaires travaillaient encore jeudi matin - était tout simplement prêt. 
Le maire Labeaume n'a pas eu cette pudeur. «Légalement, je voulais régler ça avant vendredi», a-t-il admis. Pour lui, il était important de «livrer» les trois élargissements d'autoroutes qu'il a déjà promis, soit Robert-Bourassa, Henri-IV et Laurentienne. 
Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables (ATV), a déploré l'augmentation de la capacité autoroutière, alors que tant la Ville de Québec que le ministère des Transports planchent sur des politiques de mobilité durable. «Le réseau municipal est déjà saturé. On va simplement inviter les gens à venir en plus grand nombre encore en automobile au centre-ville», a-t-il fait remarquer. 
M. Grandmont estime qu'il faut «absolument» planifier d'entrée de jeu une voie réservée pour le transport collectif car il est «impensable» de reprendre aux automobilistes une voie qu'ils ont pris l'habitude d'utiliser. 
Seul le boulevard urbain trouve grâce à ses yeux, mais encore faudrait-il qu'il s'étire beaucoup plus au nord pour réconcilier les quartiers et favoriser une densification, selon ATV.