Les étudiants de Garneau ont voté à 85,8 % pour se désaffilier de l’ASSÉ, soit 417 voix pour la désaffiliation, 56 contre et 13 abstentions.
Les étudiants de Garneau ont voté à 85,8 % pour se désaffilier de l’ASSÉ, soit 417 voix pour la désaffiliation, 56 contre et 13 abstentions.

L’Association étudiante du Cégep Garneau quitte l'ASSÉ

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Fer de lance de la grève étudiante du «Printemps Érable», l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) vivote depuis plusieurs mois. Depuis la désaffiliation de l’Association étudiante du Cégep Garneau jeudi, son adhésion dépasse à peine les 40 000 membres.

La semaine dernière, les quelque 3000 membres de l’Association facultaire de langues et communication de l’Université du Québec à Montréal avaient aussi décidé de mettre fin à l’affiliation avec l’ASSÉ.

Les étudiants de Garneau ont voté à 85,8 % pour se désaffilier de l’ASSÉ, soit 417 voix pour la désaffiliation, 56 contre et 13 abstentions. Les 486 votants représentent 8 % de la clientèle de 6000 étudiants de l’établissement collégial, soit le quorum établi par l’association.

«Les étudiants ont voté de manière très marquée pour une désaffiliation de l’ASSÉ, à laquelle ils étaient affiliés depuis sa création en 2001», explique au Soleil Raphaëlla Rosebush-Mercier, responsable des communications de l’Association étudiante du Cégep Garneau.

Elle indique que plusieurs étudiants déploraient le manque de représentativité, de pouvoir d’action et d’efficacité de l’ASSÉ. «L’ASSÉ avait le droit d’envoyer deux personnes à Garneau pour défendre le maintien de l’affiliation et ils n’ont même pas envoyé personne. En fin de compte, ce sont des étudiants d’ici qui ont dû prendre en main le camp du non», poursuit Mme Rosebush-Mercier.

L’Association étudiante du Cégep Garneau payait 18 000 $ par année à l’ASSÉ, une somme qui sera réinvestie dans d’autres projets, dont des démarches afin de réclamer que soient rémunérés les stages effectués en formation technique.

Malgré son retrait de l’ASSÉ, l’Association étudiante de Garneau ne joindra cependant pas pour autant la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Elle s’unira plutôt aux associations étudiantes des cégeps Garneau, Sainte-Foy, Lévis-Lauzon, Limoilou, St. Lawrence et du Campus Notre-Dame-de-Foy pour former la toute nouvelle Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale (CRACN).


« Les étudiants ont voté de manière très marquée pour une désaffiliation de l’ASSÉ, à laquelle ils étaient affiliés depuis sa création en 2001. »
Raphaëlla Rosebush-Mercier, responsable des communications de l’Association étudiante du Cégep Garneau

La situation est loin d’être au beau fixe pour l’ASSÉ, dont le porte-parole durant le conflit étudiant de 2012, Gabriel Nadeau-Dubois, est maintenant un député de Québec solidaire. De près de 80 000 étudiants qu’elle représentait à l’époque, elle n’en représente plus que la moitié et les désaffiliations seraient régulières depuis le début de l’année scolaire.

Postes vacants

Sur la page Web de l’ASSÉ, on note également que six des huit postes de l’exécutif sont actuellement vacants. Il n’y a pas non plus de réponse au numéro de téléphone, ni à la ligne média de l’ASSÉ et aucun porte-parole de l’organisation n’a rappelé pour répondre aux questions du Soleil concernant l’avenir de l’Association.

Lors du dernier congrès de l’ASSÉ, au printemps, un de ses comités avait proposé d’expulser 12 associations membres en raison de leur absentéisme. Les deux congrès précédents avaient d’ailleurs avorté faute de quorum.

Les associations étudiantes du Cégep Marie-Victorin et Saint-Laurent avaient quitté l’ASSÉ l’an dernier et cet automne, l’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke ne réclamait rien de moins que la dissolution de l’ASSÉ pour cause de manque de transparence.

Les problèmes avaient commencé à couver après le conflit étudiant de 2014. En 2015, l’exécutif de l’ASSÉ avait été congédié en bloc après avoir suggéré la possibilité de suspendre sa grève contre l’austérité au printemps pour la reprendre plutôt lors de la rentrée des classes.