L’artiste Patrick Forchild, à l’œuvre samedi en plein cœur du Palais de Bonhomme.

L’art permanent inspiré de l’éphémère

Si le Palais de Bonhomme est appelé à disparaître lorsque s’achèvera le 64e Carnaval de Québec, des œuvres y ayant été créées perdureront, elles, à travers le temps.

«À part la sculpture directement sur glace réalisée par la famille Lepire, il n’y avait pas trop d’éléments visuels» intégrés au Palais de Bonhomme avant 2017, indique le muraliste Phelipe Soldevila. 

Pour une deuxième année consécutive, l’artiste de Québec et son équipe ont le mandat de donner de la couleur au Palais de Bonhomme en y créant des œuvres sur bois en direct. À terme cette année, 10 artistes se seront laissés inspirer par le fameux monument de glace pour créer leur toile, ainsi qu’une immense œuvre collective, à raison de quatre graffeurs ou muralistes par fin de semaine.

Mais on ne peint pas dans le Palais de Bonhomme comme on peint dans son atelier, vous diront les artistes participants… À commencer par Justin Roy, qui indique avoir appris le format de son canevas vendredi, donc la veille de son entrée en jeu. «Habituellement, le froid change beaucoup de choses, surtout s’il y a une couche de glace sur la surface, mais là, on est chanceux», dit-il. Chanceux parce qu’un agréable -5 à -8 °C planait sur la capitale samedi.

Lorsque rencontré par Le Soleil, Phelipe Soldevila était encore à apprivoiser l’effet des conditions atmosphériques sur sa peinture. «On essaye de faire du latex, parce que l’aérosol gèle vite. Et aussi, on commence à se faire vieux, et on a assez d’aérosol dans les poumons, on préfère y aller au latex!» 

«Tantôt, il annonce de la pluie, ça va être quelque chose, mais on est des peintres québécois, alors on fait avec ce qu’on a, on fait avec les éléments. Et on est très heureux que malgré le froid, le Carnaval considère les gens qui font de la peinture à Québec.» Pour la petite histoire, la pluie n’est finalement jamais tombée.

Que de bons mots

Phelipe Soldevila, à qui l’on doit notamment la murale ornant le mur de l’ancien cinéma Charest et les événements Canadian Bacon, n’a que de bons mots pour l’organisation du Carnaval de Québec. «J’ai été vraiment chanceux et heureux qu’ils décident de retravailler avec moi.[…] C’est une super belle activité!» 

Même s’il peut être difficile de se concentrer à travers les marées de carnavaleux? «Je suis assez habitué», laisse entendre l’artiste. «Je fais beaucoup de murales, et mon atelier est un peu l’auberge espagnole.»

Les œuvres créées pendant les festivités seront mises aux enchères après le Carnaval. Les fonds amassés seront remis à des organismes à but non lucratif. Phelipe Soldevila se met par ailleurs comme mission d’aider la relève artistique de Québec, et ce, en lui offrant une opportunité originale de création. 

«Nous autres, on n’a jamais eu des opportunités professionnelles comme ça, donc on essaye de contribuer à la professionnalisation de la relève.»

Des visiteurs immortalisent leur journée au Carnaval.

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BONHOMME, DESCENDANT DE MONTFERRAND?

Et si Jos Montferrand était l’ancêtre de Bonhomme Carnaval? Les ressemblances entre les deux pourraient certainement nous le laisser penser, mais tout le monde sait que Bonhomme est né d’un flocon de neige…

C’est ce qu’a rappelé au Soleil la directrice commercialisation au Carnaval de Québec, Marie-Ève Jacob, lorsque questionnée sur les similitudes entre les célèbres personnages.

Deux géants de sept pieds portant la ceinture fléchée. Si, déjà, la comparaison se vaut, c’est leur signe distinctif commun qui corrobore la théorie. «La légende dit que quand Jos [Montferrand] entrait dans les tavernes, il levait la patte. Il aurait même laissé sa trace au plafond de certaines tavernes», raconte Mme Jacob. «On a tout de suite vu un lien.»

De ce lien est né en 2017 le Camp à Jos, ce petit village carnavalesque créé au cœur du parc de la Francophonie, et où tout est pensé en fonction de l’illustre homme fort et bûcheron.

Tir de haches

Très populaire samedi lors du passage du Soleil, le champ de tir de haches a de quoi faire sortir le Montferrand en vous, tout comme sa version virtuelle, l’activité Bûche ta bûche. Même l’entreprise de Québec Défi-Évasion a créé une salle d’évasion en l’honneur de Jos Montferrand. «Un autre exemple de jeu très moderne, mais inspiré de Jos», mentionne Marie-Ève Jacob.

Et au centre du Camp à Jos, un arbre que l’homme fort aurait lui-même renversé, et duquel coule une sève plutôt de circonstance : du Caribou…

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SÉCURITÉ DANS LA CONTINUITÉ

Même si l’attentat à la Grande Mosquée de Québec s’est produit en plein Carnaval, l’organisation de l’événement n’a pas senti la nécessité de modifier ses mesures de sécurité en prévision des 64e célébrations. «Pour tous les événements, on a des plans de mesure d’urgence, qu’on ne communique pas pour des raisons évidentes, mais qui sont développées avec les autorités. Chaque année, c’est à refaire, peu importe ce qui arrive», explique Marie-Ève Jacob, directrice commercialisation au Carnaval de Québec. «Ça se fait de façon automatique, mais ça n’a rien à voir avec la [Grande] Mosquée. Ça n’a pas du tout changé la donne.» Elle ajoute que l’organisation a davantage de cas de premiers soins à gérer que de problèmes de sécurité.

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DIMANCHE AU CARNAVAL

Yoga hivernal

De 9h à 10h30 à la place George-V

La trail à Jos avec Marto Napoli

De 12h à 16h au Camp à Jos (parc de la Francophonie)

Remise des mentions du volet national de l’International de sculpture sur neige

Dès 15h30 devant le Palais de Bonhomme (place de l’Assemblée-Nationale)