La fresque peinte par l'artiste Olivier Moisan mesure 150 pieds de long et s'inspire d'une photographie noir et blanc du port de Québec dans les années 1900.

L'art comme antidote aux graffitis

Olivier Moisan est artiste peintre. En 80 heures, dans l'espace de trois semaines, il a transformé un mur de béton du quartier Saint-Jean-Baptiste en oeuvre d'art. Une solution de plus en plus utilisée comme antidote aux graffitis.
La fresque urbaine a été commandée par la résidence pour personnes retraitées La Seigneurie de Salaberry, principalement pour régler un problème de graffitis indésirables.
D'ailleurs, l'artiste de 29 ans est aussi connu sous le nom d'Olito, son nom de graffiteur. «C'est très important de faire la distinction entre les graffiteurs indésirables et ceux qui ont une réelle démarche artistique», mentionne-t-il.
Et entre graffiteurs, on se respecte.
«Utiliser nos murs avec cette fresque c'est pour nous une situation permanente, car il existe un respect entre les artistes de la rue», dit François-Olivier Bouchard, responsable du projet artistique à la résidence pour retraités La Seigneurie de Salaberry.
«C'est une solution positive pour tout le monde», affirme M. Bouchard, qui était aussi à la recherche d'un visuel représentant à la fois la Ville de Québec et les résidents de l'immeuble.
Olivier Moisan a ainsi créé une fresque de 150 pieds de long en s'inspirant d'une photographie représentant le port de Québec aux alentours de 1900. Si la partie le long de la rue Richelieu est un copier-coller du cliché, il s'est donné plus de liberté au tournant de l'avenue De Salaberry.
«J'ai opté pour une représentation historique de Québec et j'ai opté pour le noir et blanc pour garder l'aspect souvenir et point de vue sur le passé. C'est très représentatif.»
«Ç'a attiré les regards des voisins et de certains historiens qui analysent les détails architecturaux de la fresque pour déterminer la date exacte de la vue. Ç'a créé de la vie dans le quartier, c'est super positif», note M. Bouchard.
À la Ville, on encourage l'art public. «On l'a déjà fait par le passé et on va le faire encore. Ça embellit véritablement l'espace», évoque Jaques Perron du Service des communications de la Ville de Québec.
En 2011, 12 artistes d'Exmuro avaient transformé 30 boîtes électriques de Québec. Le projet d'embellissement avait été soutenu par la Ville.
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Graff'Cité nettoie les murs de la Ville
En 10 ans, près de 10 000 graffitis indésirables ont été effacés gratuitement des murs de l'arrondissement de La Cité-Limoilou par l'équipe de Graff'Cité, qui travaille à la remise en action de jeunes de 18 à 30 ans qui se sont éloignés du marché du travail ou de l'école.
«Les jeunes gèrent un projet de nettoyage de graffitis. Ils font du repérage et prennent les rendez-vous», explique Mériem Bélaïchouche, coordonnatrice du Chantier urbain Graff'Cité. La jeune femme souligne l'oeuvre créée par Olivier Moisan au coin de la côte De Salaberry et de la rue Richelieu. «On encourage d'autres alternatives comme des murs végétaux et les fresques, car on observe que lorsque les murs des propriétés montrent une oeuvre, il y a beaucoup moins de méfaits», poursuit la jeune femme, ajoutant que la même chose se produit lorsque des murs à graffitis légaux sont mis à la disposition des artistes.
À la différence de Gatineau et de Longueuil, Québec n'offre pas de tels espaces à ses graffiteurs. Jacques Perron du Service des communications à la Ville affirme que cette situation ne changera pas. «Il y a très peu de murs propices aux graffitis et qui sont une propriété de la Ville.»