L'architecte Guy Simard croit que l'illumination du pont Pierre-Laporte serait une «conclusion esthétique» aux travaux qui s'amorcent ce printemps. 

Laporte «plus simple» à illuminer

L'architecte et concepteur lumière Guy Simard défend son projet de mise en lumière du pont Pierre-Laporte. Selon lui, un éclairage bien pensé viendrait couronner les travaux de réparation et de peinture programmés et mettre en valeur la «porte d'entrée» de Québec. Le tout moyennant quelques millions de dollars.
«On a une belle occasion, comme on procède à des travaux de restauration actuellement, comme c'est généralement bien accepté qu'on entretienne nos équipements, notre patrimoine. Je me suis dit que pour quelques coûts supplémentaires, on pourrait éclairer le pont», a expliqué M. Simard à son retour de vacances lundi.
Avant de partir, celui-ci s'est inscrit au registre des lobbyistes pour «promouvoir un projet de mise en lumière du pont Pierre-Laporte et, le cas échéant, d'obtenir un contrat de services professionnels pour la formulation du concept lumière». Pendant son absence, son projet a été ébruité et même commenté par le ministre des Transports, qui s'est montré intéressé. 
M. Simard s'est dit surpris d'obtenir tant d'attention. Invité à préciser ses intentions, il a indiqué que son concept est «relativement simple», tout comme le pont Pierre-Laporte. Ouvert à la circulation en 1970, l'ouvrage possède la plus grande portée des ponts suspendus du Canada. 
«Un pont suspendu, c'est deux piliers, des câbles [porteurs] et des câbles verticaux qu'on appelle des suspentes. Quand on regarde le pont de Québec, c'est un enchevêtrement de poutres, de poutrelles, de membrures qui sont très complexes. Le pont Laporte est beaucoup plus simple et donc beaucoup plus simple à illuminer aussi. Forcément, ça va se refléter dans les coûts», fait valoir le concepteur lumière. 
«Dans les millions»
Celui-ci n'avance pas de montant, mais confirme qu'«on est dans les millions de dollars». À titre de comparaison, l'éclairage raté du pont de Québec avait engouffré un peu plus de deux millions $ au début des années 2000. À Montréal, le projet d'illumination du pont Jacques-Cartier en cours de réalisation coûtera 39,5 millions $. «Ce sera très considérablement inférieur à ça», assure M. Simard. 
L'architecte affirme s'attaquer à la mise en lumière du plus contemporain des ponts de Québec pour la simple et bonne raison que celui-ci fait l'objet d'un vaste chantier tandis que le vieux cantilever à ses côtés accumule la rouille. Il présente l'illumination comme une «conclusion esthétique» logique aux travaux qui s'amorcent. 
M. Simard fait remarquer que dans le plan lumière de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), sur lequel il a longtemps travaillé, les ponts Pierre-Laporte et de Québec sont identifiés «priorité un». «Ce sont deux expressions structurales de génie civil qui sont également importantes et également belles», dit-il. 
Le spécialiste repousse les critiques financières parvenues au Soleil la semaine dernière, répliquant qu'il s'agit «d'un investissement et non d'une dépense». «Quand une ville est plus belle, elle attire plus de gens, elle attire plus d'argent», souligne-t-il. 
M. Simard considère également que l'argument de la pollution lumineuse n'est pas pertinent. L'éclairage des monuments d'une ville représente une infime partie de la lumière émise par les infrastructures publiques, plaide-t-il. «Et puis le but, ce n'est pas d'éclairer le ciel, mais l'objet.»