Vue de l’enceinte du futur Centre de glaces de Sainte-Foy

L’anneau de glace couvert de Sainte-Foy construit à partir d'août

Le chantier du Centre de glaces de Sainte-Foy débutera dès le mois d’août et s’échelonnera sur deux ans. Le maire Régis Labeaume a dévoilé, lundi matin, les plans de l’anneau de glace couvert attendu depuis plus d’une décennie dans le monde du patinage québécois.

«Ça a été mon premier engagement électoral, il y a 11 ans. Ça a été long, mais on va le faire», a lancé Régis Labeaume, entouré du ministre fédéral Jean-Yves Duclos et du député de Vanier-Les Rivières Patrick Huot, représentant du gouvernement provincial. 

L’infrastructure de 68 millions $, dont la facture est partagée à parts égales entre la Ville et les deux paliers de gouvernement, servira autant à la population qu’aux athlètes de pointe, a assuré le maire de Québec, estimant que de 150 000 à 200 000 personnes fréquenteront le Centre des glaces annuellement. 

En plus d’un anneau de glace de 400 mètres, l’infrastructure comptera deux glaces, à l’intérieur de l’anneau, qui serviront à la pratique du patinage de vitesse courte piste, au hockey et au patinage artistique. «Au minimum l’une des deux glaces» sera de taille olympique, a promis le maire, chose essentielle pour le patinage courte piste. Une piste de jogging sera également aménagée autour de la glace. 

«On aura le seul centre d’entraînement de compétition de classe mondiale dans tout l’est du pays, l’autre étant Calgary. Je n’ai aucun doute qu’on va avoir des compétitions internationales de patinage longue piste, mais aussi courte piste», s’est réjoui Régis Labeaume.

Construit sur le site actuel de l’anneau Gaétan-Boucher, le Centre des glaces sera lié par un grand hall à l’aréna de Sainte-Foy et doté de gradins d’environ 2500 places, d’une aire de détente, d’un coin restauration et de vestiaires sous-terrain. 

«Maximum de bois» et vitré

Régis Labeaume avait longtemps parlé d’une structure de bois pour l’anneau de glace couvert, mais le coût d’un tel projet a forcé la Ville à se raviser et se tourner vers l’acier. «Un peu comme le Centre Vidéotron, on va mettre le maximum de bois que l’on peut, mais pas dans la structure de soutien parce que c’est beaucoup plus cher.»

À la hauteur de la glace, le bâtiment ovale sera complètement vitré. «De l’extérieur, vous allez voir ce qui se passe à l’intérieur et vice versa. J’ai visité un aréna en Suisse où les deux côtés étaient vitrés et c’est tout simplement féérique. Ça donne une atmosphère tout à fait différente», a précisé le maire.

Droits du nom à vendre

Si le nom de Gaétan Boucher sera assurément conservé d'une quelconque façon, la Ville de Québec espère vendre les droits du nom du Centre des glaces. «C’est très bien situé. Je fais un appel à tous», a lancé Régis Labeaume. 

Dès mercredi, son administration procédera à l’octroi du contrat de gestion de la construction du projet. Les appels d’offres pour la construction débuteront en mai en vue d’une première pelletée de terre en août. Selon l’échéancier, la construction se terminera en août 2020, à temps pour la saison 2020 de patinage de vitesse. 

Quant au coût même de l’infrastructure, le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, Jonatan Julien, pointe les dépenses qui auraient dû être faites, pour rénover l’anneau extérieur et l’aréna de Sillery, n’eût été le Centre des glaces. Si on prend tous les investissements qui auraient été nécessaires, la présence de deux glaces qui permettent de rapatrier le courte piste, le patinage artistique et le hockey sur ce site-là, pour nous, économiquement, c’est neutre. Le projet dans son ensemble ne coûtera pas plus cher que tout ce qui sera déduit par le fait même.»

Vue d’ensemble du futur Centre de glaces de Sainte-Foy

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«LA ROULATHÈQUE, ÇA VOUS DIT QUELQUE CHOSE?»

Régis Labeaume en est convaincu. Si l’anneau de glace extérieur attirait 40 000 personnes par année, le Centre des glaces fera facilement quadrupler le nombre de visiteurs. «Ce n’est pas fait seulement pour les athlètes, comme certains vont continuer à dire à des fins de démagogie. C’est fait pour la population.»

On vise les familles, mais aussi les ados. Pour attirer ces derniers, le Centre misera sur un système de son et lumière «en fonction des attentes des jeunes».

«La Roulathèque, ça vous dit quelque chose? Ça va être le même principe qu’un Patinodrome, mais en patin à glace plutôt qu’en patin à roulettes», a lancé le maire, lundi, référant avec une pointe de nostalgie à une époque que le jeune auteur de ces lignes n’a pas connue. 

«Un vendredi ou samedi soir, avec du son et lumière pour les ados, honnêtement, ça va être incontournable. On aime mieux voir les jeunes là que les voir ailleurs. Je pense que tous les parents seront contents de ça», a plaidé Régis Labeaume.

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L'ANNEAU DES PLAINES POUR DÉPANNER

Une quinzaine d’années après que la Fédération de patinage de vitesse du Québec ait entamé les démarches pour couvrir l’anneau de glace Gaétan-Boucher, le président de la Fédération, Ron Weiser, était visiblement emballé du dévoilement du projet de Centre des glaces, lundi. La nouvelle infrastructure «va rapidement changer la face du patinage de vitesse longue piste et courte piste au Québec et au Canada», assure-t-il.

Même son de cloche du côté de Benoît Lamarche, président du Centre national d’entraînement Gaétan-Boucher. «En 1984, les sept patineurs de l’équipe canadienne olympique étaient Québécois. En 1988, c’était 13 sur 16. Autant en termes de masse d’athlètes que de qualité de l’entraînement, on va reprendre notre place avec le Centre.»

Durant les deux ans que durera la construction, toutefois, les Laurent Dubreuil et Alexandre Saint-Jean de ce monde devront trouver un autre endroit où s’entraîner. Si quelques détails restent à être ficelés, il semble que l’anneau extérieur des plaines d’Abraham fera l’affaire. «Il va peut-être devoir être reconfiguré un peu, mais pour dépanner, tout ce dont on a besoin c’est des lignes droites assez longues et des virages qui ressemblent au virage du longue piste.»

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L'ÉVOLUTION DU PROJET

2007 : En campagne électorale afin d’être élu maire de Québec pour la première fois, Régis Labeaume s’engage à couvrir l’anneau de glace Gaétan-Boucher et d'en faire un centre multifonctionnel. Le projet serait majoritairement financé par les deux paliers de gouvernement. 

2010 : Présent aux Jeux olympiques de Vancouver, Régis Labeaume profite de son passage à l’anneau de glace de Richmond pour réclamer un anneau couvert pour sa ville. 

2012 : Le maire effectue une visite à l’Anneau olympique de Calgary. Il annonce son intention de doter Québec d’un anneau de glace couvert à l’intérieur duquel deux glaces seraient dédiées au patinage artistique. 

2014 : Un centre de glaces multifonctionnel d’environ 100 millions $ est sur la table et le gouvernement fédéral s’est engagé à le financer à la hauteur de 32,5 millions $. Régis Labeaume propose toutefois lui-même au gouvernement provincial de reporter le projet. «La priorité des priorités, c’est évidemment Henri-IV», justifie-t-il. 

Juillet 2016 : Le maire annonce que l’anneau de glace Gaétan-Boucher sera finalement couvert. Le projet de 68 millions $ sera financé à parts égales par sa ville et les deux paliers de gouvernement. 

Octobre 2016 : Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, Jonatan Julien, pilote une mission exploratoire dans cinq anneaux de glace couverts des Pays-Bas et d’Allemagne. 

Février 2018 : Dévoilement des plans et de l’échéancier.