Le presbytère de la paroisse de Notre-Dame-de-L’Annonciation sera retapé et un bâtiment plus grand devant «s’intégrer parfaitement» lui sera annexé.

L’Ancienne-Lorette: de «l’ultramoderne» à côté du presbytère

Le futur centre communautaire de L’Ancienne-Lorette alliera le vieux et «l’ultramoderne». Le presbytère acquis de la paroisse de Notre-Dame-de-L’Annonciation sera retapé et un bâtiment plus grand devant «s’intégrer parfaitement» lui sera annexé.

La Ville de L’Ancienne-Lorette a lancé lundi trois appels d’offres publics pour des services professionnels en architecture et en ingénierie afin de transformer le presbytère de la rue Notre-Dame en centre communautaire.

Au début de l’année, il était plutôt question de démolir l’édifice datant de 1893, qui emprunte au courant «à l’italienne» avec sa grande galerie et ses décorations en bois. Après la publication d’articles dans Le Soleil, un vent de protestation a soufflé sur la municipalité puisqu’il y a très peu de bâtiments à caractère patrimonial dans le secteur.

Après avoir fait valoir que «ce n’est pas un édifice superbe» et que «les gens frustrés» n’allaient pas «virer la ville à l’envers», le maire Émile Loranger affirme maintenant que l’annonce de la démolition relevait de la stratégie politique. Le but était de «provoquer la réaction des gens» pour obtenir des appuis et des subventions, dit-il.

«À date, 100 % des gens qui se sont prononcés sont favorables. C’est assez bizarre qu’un projet fasse autant l’unanimité», se réjouit le politicien, tout juste réélu pour un neuvième mandat.

Le presbytère, que la paroisse cède en échange de locaux dans le nouveau projet, devra faire l’objet d’un curetage complet. L’électricité et le chauffage seront repensés, les divisions aussi. L’annexe ajoutée en 1916 pour loger les cuisines sera démolie. 

À sa place sera érigé un nouveau bâtiment de 804 mètres carrés sur trois étages (incluant le sous-sol) «dont le gabarit et l’architecture s’inspirent de la nature du lieu». 

Maison de la littérature en exemple

Cela ne veut pas dire qu’il faille répliquer un look ancien, prévient le maire. Au contraire, «ça va être l’intégration du bâti actuel avec une affaire ultramoderne». M. Loranger donne en exemple la Maison de la littérature à Québec et le palais de justice à Rimouski. «Maintenant, à quoi ça va ressembler, ça va dépendre de l’imagination de l’architecte», souligne-t-il. 

Des croquis soumis par Parka Architecture & Design dans une étude d’avant-projet montrent un édifice fait de panneaux blancs opaques et de verre, avec l’entrée principale donnant sur le stationnement partagé avec la bibliothèque municipale. 

Chose certaine, à l’intérieur, il y aura des locaux administratifs, des locaux d’entreposage et des salles polyvalentes à l’usage des organismes communautaires qui logent actuellement dans l’ancien hôtel de ville promis à son tour à une démolition. L’entrée du stationnement et le nombre de cases ne doivent pas bouger.

Le hall d’accueil devra mettre en valeur l’histoire du site, qui remonte bien avant la colonisation. Des fouilles archéologiques sont d’ailleurs programmées avant la construction. Déjà, cet été, des sondages ont permis de confirmer un bon potentiel archéologique. Les travaux sont chapeautés par la nation huronne-wendat qui a déjà occupé les lieux, précise le maire Loranger. Il est d’ailleurs prévu que les artefacts trouvés soient remis à Wendake.

Les travaux de construction du centre communautaire doivent commencer à la fin de l’été 2018 et se poursuivre pendant un an. En entrevue, M. Loranger n’a pas voulu dévoiler les montants en jeu, mais les documents d’appels d’offres indiquent que le coût d’objectif de soumission est de 4,6 millions $ pour les bâtiments et de 160 000 $ pour l’aménagement du site. Environ 50 % de la somme sera subventionnée.