«J'ai clairement indiqué l'intention que j'avais de rendre le monde des vols plus compétitif», a indiqué le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

L'ajout de vols à Québec en raison d'une concurrence accrue au pays, dit Marc Garneau

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, attribue l'ajout de vols à l'aéroport international Jean-Lesage à ses efforts pour augmenter la concurrence dans le milieu de l'aviation.
Heureux de la croissance des activités de WestJet à Québec - il y aura 50 départs de Québec vers Montréal et Toronto d'ici octobre comparativement à une quinzaine actuellement -, M. Garneau n'a pas hésité à faire un lien avec sa stratégie Transports 2030 dévoilée à l'automne et axée sur «le service aux passagers».
«J'ai clairement indiqué l'intention que j'avais de rendre le monde des vols plus compétitif. J'ai annoncé des mesures à ce moment-là, entre autres le fait que j'augmenterais l'investissement étranger dans les compagnies canadiennes jusqu'à 49 % - c'était à 25 % - et tout ça dans le but de stimuler de la compétition, non seulement possiblement baisser les prix mais aussi offrir des nouvelles destinations», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique au Soleil, jeudi.
Deux compagnies aériennes soutenues par des intérêts américains, Jetlines et Enerjet, profitent d'ailleurs d'exemptions pour opérer au Canada en attendant les modifications législatives à venir. Il n'est toutefois pas question qu'elles desservent Québec pour le moment. 
Qu'importe, de l'avis du ministre, ce sont «des mesures qui vont stimuler généralement à travers le Canada les compagnies aériennes qui existent en ce moment». Selon lui, «c'est l'effet levier de la compétition, c'est tout à fait normal».
Transporteur national
Plus tôt cette semaine, WestJet a attribué l'accroissement de ses activités au Québec à son désir de devenir un vrai transporteur national. Dans la capitale, le président et chef de la direction de l'aéroport de Québec, Gaëtan Gagné, y a vu un effet des agrandissements successifs des installations aéroportuaires. 
Alors qu'une étude sur la privatisation complète des aéroports canadiens est en cours, le ministre Garneau a répété que «ça ne veut pas dire qu'il va y avoir privatisation». Le gouvernement Trudeau attend les résultats de l'étude commandée à Crédit Suisse avant de trancher. 
Selon l'Institut C.D. Howe, vendre en tout ou en partie des aéroports à des intérêts privés pourrait permettre d'empocher entre 7,2 et 16,6 milliards $. 
Est-ce qu'un aéroport de la taille de Québec pourrait être visé? «Je crois que probablement l'attention en ce moment est sur les gros aéroports plutôt que les petits», a spécifié M. Garneau au bout du fil. 
Interrogé la semaine dernière sur le sujet, le grand patron de l'aéroport international Jean-Lesage a indiqué au Soleil qu'il suivait le débat, mais n'avait pas encore en main toutes les informations pour se positionner pour ou contre une privatisation.