La Ville de Québec a abattu quelques frênes le mois dernier dans le parc Notre-Dame-de-la-Garde, sur le boulevard Champlain, après y avoir découvert l’agrile.

L’agrile du frêne déborde de Montcalm

EXCLUSIF / Confiné jusqu’à maintenant au quartier Montcalm, l’agrile du frêne semble en être sorti. La Ville de Québec a abattu quelques frênes le mois dernier dans le parc Notre-Dame-de-la-Garde, sur le boulevard Champlain, après y avoir trouvé l’insecte ravageur, a appris Le Soleil.

«Ce n’est pas un nouveau foyer parce que le parc est en ligne directe avec l’avenue du Parc et le parc des Champs-de-Bataille [qui sont pour ainsi dire le ground zero de l’infestation, NDLR]. Le foyer dans Montcalm a seulement été élargi à la suite de la découverte de l’insecte dans le secteur du parc Notre-Dame-de-la-Garde», tempère la porte-parole de la ville, Mireille Plamondon.

Fait encourageant, cette «détection» d’agrile est en fait la capture d’un seul spécimen, un adulte, réalisée dans ce parc à l’aide d’un piège spécial installé tard dans la saison, précise l’entomologiste du Service canadien des forêts et spécialiste de l’agrile du frêne, Robert Lavallée. «J’ose espérer que cette capture est le résultat d’une migration depuis les Plaines, qui sont ne pas loin», dit-il. Si le spécimen est né sur place, cela implique que l’insecte avait déjà pris pied dans ce quartier.

Quoi qu’il en soit, cela reste le premier abattage de frêne motivé par la détection de l’agrile hors du quartier Montcalm. 

Rappelons que l’agrile du frêne est un petit insecte vert métallique mesurant seulement quelques millimètres de long. Il pond ses œufs sous l’écorce des arbres afin que ses larves se nourrissent de la couche par laquelle circule la sève, ce qui finit par tuer l’arbre infesté. En Asie, d’où l’agrile est originaire, les frênes ont appris à se défendre, mais il n’y a qu’une vingtaine d’années que l’espèce a été introduite en Amérique, et «nos» frênes meurent systématiquement et massivement là où l’agrile s’installe.

Épicentre de l’infestation

Le petit envahisseur a été détecté pour la première fois à Québec au début de l’été, et tout indique pour l’instant que le secteur de l’avenue du Parc, en face des plaines, est l’épicentre de l’infestation. C’est vraisemblablement quelqu’un qui a amené du bois de chauffage infesté dans ce quartier qui a tout déclenché puisque, avant cela, le petit insecte n’avait pas été observé à l’est de Trois-Rivières.

On compte pas moins de 13 000 frênes sur des terrains municipaux à Québec, sans compter des milliers d’autres sur des terrains privés et des boisés. Dans le quartier Limoilou, cette essence représente environ un arbre sur cinq.

Les frênes abattus au parc Notre-Dame-de-la-Garde étaient petits ou en mauvaise santé, précise Mme Plamondon. Chacun sera remplacé par deux jeunes arbres d’essences différentes l’année prochaine, et les frênes plus gros qui ont été laissés sur pied seront traités avec un insecticide afin de les conserver.