Plusieurs personnes se sont rassemblées dimanche à Québec pour demander une hausse du financement des groupes d’aide aux femmes et à toutes les victimes d’agressions sexuelles.

L'accompagnement pour les victimes défaillant, déplorent des groupes d’aide

Bien que le Québec observe actuellement une hausse des dénonciations d’agressions et de violences sexuelles, les lacunes dans l’accompagnement offert aux victimes persistent, déplorent les groupes d’aide.

Les plaintes d’agressions et de violences sexuelles déferlent depuis l’irruption de cas comme ceux d’Harvey Weinstein et de Kevin Spacey aux États-Unis, ou encore d’Éric Salvail et de Gilbert Rozon au Québec. 

Ce mouvement, baptisé #moiaussi, est un pas dans la bonne direction, concèdent les groupes d’aide envers les femmes. Mais si convaincre les victimes de porter plainte était — et reste — un problème, l’encadrement qui leur est offert en est un autre. «On n’est pas capable d’absorber la nouvelle vague de dénonciations», a expliqué Julie Tremblay, directrice générale de l’organisme Viol-Secours, qui organisait dimanche une journée de mobilisation à Québec.

Le nerf de la guerre demeure selon elle le financement adéquat des groupes d’aide aux femmes et à toutes les victimes d’agressions sexuelles. Il en faut plus «à toutes les étapes du processus judiciaire», a-t-elle plaidé. 

Dans la foulée de #moiaussi, la ministre de la Condition féminine, Hélène David, a débloqué le mois dernier un million de dollars de fonds. «Ce qu’il faut, c’est 5 millions $ de fonds récurrents à chaque année», a cependant affirmé Julie Tremblay. «Il y avait déjà un manque de services.» Elle a rappelé que seules 5% des femmes portent plainte à la police. Si les dénonciations explosent, les ressources risquent de se faire manquer encore plus cruellement. 

Listes d’attente

Nathalie Igonène, de Violence-info, se trouvait parmi la soixantaine de manifestants rassemblés à la Place de l’Université du Québec sous un froid mordant. Les services offerts par son organisme sont sollicités par 130 femmes chaque année dans la région, a-t-elle affirmé.

Violence-info peine à accepter toutes les demandes. Il y a présentement quatre mois d’attente, s’est désolée Mme Igonène. «50% ne sont pas au rendez-vous quand on les rappelle.»

L’organisme peut fournir du suivi et de l’encadrement, mais a de la difficulté à trouver un toit pour les victimes. «Les maisons d’hébergement sont occupées de 107 à 110%.»

Des plaidoyers pour un cours d’éducation sexuelle ont également été entendus lors de la manifestation de dimanche, à laquelle participaient plusieurs hommes.