Labeaume veut le tiers des profits du cannabis

Le maire de Québec réclame le tiers de tous les profits perçus par le gouvernement du Québec avec la vente du cannabis. Du même souffle, il avise le provincial qu’il refusera d’appliquer toute nouvelle taxe municipale sur l’herbe joyeuse et ses dérivés.

Régis Labeaume a réagi mardi à l’annonce du gouvernement fédéral qui remettra aux provinces 75 % des profits générés par la taxe d’accise sur le cannabis dont la légalisation est toujours prévue en juillet 2018.

Selon l’entente de deux ans soumise, le fédéral gardera 25 % jusqu’à concurrence de 100 millions $ par année. Les revenus supplémentaires seront remis aux provinces. Le ministre des Finances du Québec estime que son gouvernement pourrait recevoir 60 millions $ par année.

«Le provincial va percevoir la TVQ. Il va avoir des bénéfices de la Société québécoise du cannabis et il va recevoir 75 % de la taxe d’accise perçue par le fédéral. Ça fait beaucoup d’argent. Nous, on veut un tiers de tout ça», a tranché le maire en marge d’un comité sur l’étude des documents budgétaires municipaux.

Lundi, l’Union des municipalités du Québec avait diffusé une liste des impacts financiers de la légalisation du cannabis sur les services municipaux, ajoutant vouloir négocier un pacte sur le partage des revenus avec le gouvernement provincial.

«Je pense que ça ne sera pas simple, a ajouté M. Labeaume. La bureaucratie québécoise au provincial n’a pas tendance à vouloir partager ses revenus. J’ai parlé avec Valérie [Plante, la mairesse de Montréal] ce matin et on pense qu’on a une bataille évidente [à mener].»

«Ça va barder»

Depuis longtemps, le maire soutient que ce sont les villes qui hériteront des problèmes engendrés par la légalisation du cannabis. «Il y a des problèmes corollaires de pauvreté, de société et c’est nous qui allons nous ramasser avec ça.»

Régis Labeaume craint que le gouvernement du Québec autorise la création d’une taxe municipale sur le cannabis plutôt que de vouloir partager ses profits.

«Regardez ben ça. Ils vont nous permettre de taxer. Moi, j’ai peur de ça», lance celui qui a toujours refusé d’appliquer une taxe sur l’essence comme la loi lui permet.

«La réponse, c’est que je ne taxerai pas. À Québec, oubliez ça. Pis ça, ça va être un combat. S’ils font ça, ça va barder», promet-il.

Sur une note plus légère, Régis Labeaume est maintenant membre du club des politiciens à qui on a demandé s’ils avaient déjà fumé du pot. «J’ai déjà fumé du pot, mais je ne respirais pas. Je suis comme Bill Clinton. Je mens», a-t-il conclu à la blague.

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Liste des impacts de la légalisation du cannabis sur les services municipaux

- La formation des policiers et l’achat des appareils pour détecter la présence de cannabis dans l’organisme des conducteurs;

- Les services de sécurité en incendie pour les inspections et le respect des règlements sur la prévention des incendies dans les lieux de production de cannabis;

- Les cours municipales pour l’application des nouvelles sanctions qui relèveront de leur compétence;

- Les différents services municipaux pour l’adaptation des règlements municipaux et pour le nouvel affichage liés à l’interdiction de fumer du cannabis;

- Les services des ressources humaines pour la formation des employés municipaux;

- Les services de communication pour la diffusion de l’information et des campagnes de prévention auprès des citoyens et des organismes partenaires.

(Source UMQ)

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ANACOLOR, AILLEURS QU'À QUÉBEC

Si l’usine Anacolor de Cap-Rouge accepte une offre de déménagement, ça ne sera pas dans un parc industriel de la Ville de Québec. Le maire Régis Labeaume a confirmé, mardi, qu’il n’y a aucun terrain pour relocaliser l’entreprise. «Ça serait étonnant qu’Anacolor puisse s’établir. Après ce qu’on a vécu, on n’a pas vraiment le goût», a lancé le maire. L’administration Labeaume a offert 1,6 million $ à l’automne 2016 pour acheter le terrain de l’usine d’où émane des odeurs qui nuisent au voisinage. Elle voulait aussi décontaminer le terrain pour y construire des immeubles résidentiels ou un parc. L’offre, refusée en février 2017, incluait aussi le réaménagement de l’entreprise à Beauport. Aujourd’hui, c’est impossible à cause de la rareté des terrains. En parallèle, le gouvernement Couillard s’est engagé lors de l’élection partielle de Louis-Hébert à déménager Anacolor. 

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CHASSE AUX «PROPRIOS VÉREUX»

Le maire de Québec a fait une sortie en règle, mardi, contre ce qu’il appelle des «propriétaires véreux qui profitent de la pauvreté des gens». Son administration a identifié principalement trois poches de pauvreté, dont une à Vanier, où elle juge devoir agir rapidement. «C’est tellement inacceptable. Et ce sont généralement des immigrés, se désole-t-il. Ce sont des cas extrêmes. Ce n’est pas moral. Tu ne peux pas accepter ça.» Comme la loi empêche la ville d’exproprier les propriétaires délinquants, M. Labeaume planche sur une autre solution. «On a pris la décision d’acheter l’immobilier et probablement rebâtir des logements sociaux.» Mais avant, il cherche surtout le moyen de «fermer la place» et reloger temporairement les familles. Le travail se fait en collaboration avec l’Office municipal d’habitation de Québec.

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IKEA: 20 M$ POUR DÉCONTAMINER

La décontamination du terrain qui accueillera notamment IKEA dans le secteur Duplessis a finalement coûté plus de 20 millions $ à Cominar, a révélé le maire Régis Labeaume. Il voulait clarifier le marché conclu avec le géant de l’immobilier, avant que ce dernier revende l’espace à IKEA pour 15,5 millions $. La ville a vendu le terrain à sa valeur marchande de 7,8 millions $ et Cominar s’engageait à décontaminer le terrain. En contrepartie, la Ville défrayait une partie du coût de décontamination jusqu’à concurrence du prix de vente. Pour le maire, c’était la meilleure affaire à conclure. «On pensait que ça coûterait plus ou moins 15 millions $. La facture est de plus de 20 millions $, a indiqué M. Labeaume. C’était un dépotoir. Maintenant, on va retirer les taxes commerciales. C’est un don du ciel», se réjouit-il. En plus du IKEA, Cominar prévoit ériger un powercenter doublé d’immeubles d’habitation.