Régis Labeaume craint l’effet économique dévastateur de l’éventuel passage de la région en zone rouge.
Régis Labeaume craint l’effet économique dévastateur de l’éventuel passage de la région en zone rouge.

Labeaume: «Je pense qu’on s’en va dans le mur»

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Le maire de Québec exhorte ses concitoyens à revenir en «mode vigilance» face à la COVID-19. Il craint l’effet économique dévastateur de l’éventuel passage de la région en zone rouge. Pour freiner la descente, la police de Québec a commencé la «tournée des grands-ducs» pour donner des constats d’infraction dans les bars.

«Je pense qu’on est en train de l’échapper. J’ai l’impression qu’on s’en va dans le rouge. Et le rouge, ça veut dire le mur. Je pense qu’on s’en va dans le mur.» Régis Labeaume a pris un ton moralisateur lundi pour décrire la situation peu enviable dans laquelle se trouve la région de Québec.

«On a atteint samedi un nombre record de personnes contaminées avec 92. J’aime ça quand on est les premiers. Là, on était premiers parce qu’on était les pires, se désole-t-il. Il y a une quarantaine de foyers d’éclosion et c’est inquiétant. Le virus court dans la communauté plus que jamais», a lancé M. Labeaume, d’un air sombre.

Négligence

«La seule réponse à la situation, c’est qu’on a baissé la garde. On est négligent. On est responsable de notre malheur. Si ça continue, on va vivre dans un état d’insécurité. Au printemps, on s’évitait. On voyait l’autre comme un danger. Si ça continue, ça va recommencer», ajoute-t-il.

Pour le maire, la désinvolture de certains coûtera cher. «Si ça continue, ça va affecter notre portefeuille. Il va y avoir des conséquences économiques. Je crains des faillites», s’inquiète-t-il, tout en indiquant que l’aide financière des gouvernements a permis d’éviter le pire pendant la première vague. Cependant, cette aide du fédéral, du provincial ou même de la Ville ne pourra durer plus longtemps. «Il n’y a plus rien à faire pour affronter une seconde vague. On ne peut pas réinventer la roue. La PCU, ça va avoir une fin.»


« Je pense qu’on est en train de l’échapper. J’ai l’impression qu’on s’en va dans le rouge. Et le rouge, ça veut dire le mur. Je pense qu’on s’en va dans le mur »
Régis Labeaume

Le statut de zone orange ne change pas le niveau de service offert par la Ville. «Il n’y a aucune directive gouvernementale qui nous amène à reculer sur le déconfinement amorcé», explique Chantale Giguère, directrice générale adjointe. 

Le maire demande à la frange de la population qui banalise la pandémie de faire preuve de civisme. «Je vous en prie, n’écoutez pas les grands génies de ce monde que de ne pas porter le masque, ce n’est pas important.»

Des bars récalcitrants

L’Opération OSCAR, Opération systématisée comportements à risque dans les établissements licenciés, décrété par la ministre de la Sécurité publique, vendredi, a porté ses fruits.

«Le service de police de la Ville de Québec a fait 235 visites et a émis 47 avertissements. Dans tous les cas, les personnes se sont pliées aux exigences des patrouilleurs. Par contre, on a six contraventions remises à des établissements qui ne voulaient pas se conformer», rapporte le directeur du SPVQ, Robert Pigeon.

De ces six dossiers, cinq empruntent la voie rapide à la Régie des alcools, des courses et des jeux, pour d’éventuelles sanctions, précise le grand patron de la police. Parmi les faits reprochés, des employés ne portaient aucun équipement de protection et de la danse en ligne était tolérée.

Le nombre d’appels au 911 est somme toute modéré avec seulement 45 dénonciations. L’une d’elles concernait un party universitaire rassemblant 20 personnes dans une résidence privée. Les policiers sont intervenus pour y mettre fin, sans résistance des participants.

M. Pigeon retient surtout que la plupart des tenanciers respectent les règles comme la majorité de la population. Du même souffle, il se désole de voir une minorité entraîner vers le fond l’ensemble de la société.

Lévis aussi

Le service de police de Lévis annonce aussi avoir effectué une surveillance accrue des bars et des restaurants. Sur 22 visites faites les 18 et 19 septembre, les patrouilleurs ont remis sept constats d’infraction générale auprès de propriétaires en lien avec le non-respect de la capacité maximale, du port du couvre-visage, la tenue du registre des visiteurs et la distanciation sociale.