La Ville de Québec souhaite embellir la place publique entre l’hôtel de ville et la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Une subvention de 10 millions $ a été faite au gouvernement du Québec.

Labeaume fait une liste d’épicerie de  106 M$

Le maire de la capitale a déposé sa liste d’épicerie au ministre des Finances du Québec qui prépare son budget pour l’année 2020-2021. Les priorités de Régis Labeaume? Il y en a pour 106 millions $ de projets éclectiques : aide aux jeunes en difficulté, élimination des inégalités en santé, réparation de la tuyauterie souterraine…

1- Place publique devant l’hôtel de ville

Le projet le moins connu est sans doute le remodelage de la place publique située entre l’hôtel de ville et la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Le plan est embryonnaire, mais la Ville semble y tenir puisque la demande de financement de 10 millions $ apparaît dans la liste d’épicerie budgétaire adressée au ministre des Finances pour une deuxième année.

En gros, la mairie plaide que ce secteur du Vieux-Québec a été rénové, à l’exception de cet espace public fort achalandé. On aimerait l’améliorer, l’agrandir, l’embellir. Si Éric Girard octroie les fonds, le concept sera précisé. 

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2- Hébergement pour jeunes adultes

«Je suis hanté par l’image du jeune qui sort du centre [jeunesse] avec son sac vert sur le dos», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, en présentant un concept d’habitations pour adultes en situation de précarité. L’immeuble comptera quelque 200 logements sociaux, dont 50 à 75 seront réservés aux plus de 18 ans qui, sortant du giron de la protection de la jeunesse, se trouvent en difficulté. 

L’annonce a été faite en novembre sans que le montage financier soit complet. Les coûts se précisent. 

Le bâtiment à construire sur le lot de l’ancien poste d’Hydro-Québec de la Reine, dans le quartier Saint-Roch, vaut quelque 47 millions $. La Ville, son Office municipal d’habitation et la Société d’habitation du Québec paieront 40 millions $. L’Équipe Labeaume demande au ministre de combler le trou de sept millions $.

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3- Des dollars pour lutter contre l’itinérance

La Ville grossit et son problème d’itinérance aussi. Il manque de lits, surtout pour les clientèles qui requièrent plus d’encadrement, note la mairie. Elle aimerait donc recevoir autour de quatre millions $ pour améliorer les services d’aide.

Il est question, notamment, d’ouvrir un lieu d’hébergement «à haut seuil d’acceptation» où les hommes sont admis, même un peu intoxiqués. Il faudrait un autre service pour les hommes en état d’intoxication avancé, puisque celui de l’hôpital Saint-François d’assise a été fermé sans qu’il y ait une alternative, plaide la Ville dans un document remis au ministre des Finances. En outre, il serait opportun, selon la mairie, d’aménager une unité de débordement de 15 lits pour répondre à la demande quand la clientèle afflue dans la capitale. Et d’offrir un financement accru au projet L.U.N.E. qui loge les femmes. Des sous sont également demandés pour soutenir les policiers qui peinent à gérer la problématique de santé mentale dans les rues.

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4- Éliminer les inégalités en santé

La Ville veut amenuiser les inégalités sociales qui font qu’un résident d’un quartier démuni de Québec vit en moyenne huit ans de moins qu’un autre d’un quartier plus aisé. Un plan d’attaque avait été élaboré dans le cadre du Défi des villes intelligentes, un concours du gouvernement fédéral. La capitale n’avait pas gagné, mais voudrait se servir du travail effectué. 

«Une contribution du gouvernement du Québec à la hauteur de 50 % du budget de 20 millions $ permettrait le démarrage du projet.» Pour faire quoi? Utiliser les nouvelles technologies afin d’améliorer l’offre alimentaire dans les quartiers pauvres; réduire la pollution sonore et les îlots de chaleur; faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite…

5- Réparer les infrastructures

La mairie l’a clamé durant la présentation de son budget en fin d’année, elle a accumulé du retard dans l’entretien de ses infrastructures : deux milliards $ à décaisser en 10 ans, dont 539 millions $ en rattrapage. L’administration municipale demande de l’aide des gouvernements supérieurs. «La Ville propose d’investir un montant de 75 millions $ supplémentaire annuellement, réparti à parts égales entre les trois paliers.» Demande pour le ministre Girard : 25 millions $ cette année, et chacune des neuf années suivantes.

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6- Poursuivre Littoral Est

Les très grandes ambitions de la Ville de Québec pour le secteur industriel Beauport-Maizerets-D’Estimauville sont connues. Autour des entreprises AIM, Glassine et White Birch devrait pousser, d’ici 15 ans, la «zone d’innovation du Littoral Est» de plusieurs milliards de dollars. Il faudra toutefois mettre la main sur les terrains et décontaminer. L’an dernier, le gouvernement du Québec avait effectué un premier versement de 50 millions $ pour la phase 1. 

L’enveloppe serait déjà presque épuisée, soutient la mairie. Elle demande donc un nouveau versement de même envergure. Une contribution supplémentaire de 50 millions $ du gouvernement serait requise pour poursuivre les travaux de développement de la zone, notamment pour les travaux d’infrastructures et géotechniques.

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LÉVIS RECHERCHE DU FINANCEMENT ÉTATIQUE POUR DE GRANDS PROJETS

En 2016, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, prévoyait 26 millions $ pour le prolongement de Saint-Omer. Il espérait alors un pont d’étagement en 2018.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, rêve de propulser sa ville. Et souhaite que le gouvernement québécois lui donne, dans le prochain budget, les dollars pour financer ses aspirations. Sans, toutefois, chiffrer ses projets.

1- Transformation de la route 116

Voilà quelques années que l’administration de Lévis discute de la transformation de la route 116 en boulevard urbain. En entrevue avec Le Soleil, M. Lehouillier espère que le prochain budget du ministre Éric Girard abordera le financement de ce chantier. En 2017, le conseil municipal avait adopté une résolution à ce sujet après avoir recensé 149 accidents en cinq ans. «C’est une route rurale en milieu urbain qui est devenue excessivement dangereuse», observait le maire.

2- Pont d’étagement (viaduc) au-dessus de la rue Saint-Omer

Encore un dossier qui est dans la liste des priorités depuis quelques années. «On est en train de prolonger Saint-Omer à quatre voies jusqu’à l’autoroute 20», expose Gilles Lehouillier. «Donc, on voudrait un nouveau viaduc à l’autoroute 20. […] Pour faciliter la fluidité de la circulation, pour nous c’est important.» En 2016, le maire prévoyait 26 millions $ pour le prolongement de Saint-Omer. Il espérait alors un pont d’étagement en 2018. Cette nouvelle sortie autoroutière permettrait de réduire le trafic aux heures de pointe dans les autres sorties de la 20, juge-t-il.

3- Zone d’innovation en intelligence artificielle

«On a un gros projet en intelligence artificielle. On aimerait bien ça que ce projet-là aboutisse. Pour nous, c’est un projet extrêmement important.» Gilles Lehouiller y voit un outil de développement démographique et économique; il évoque des milliards de dollars de retombées. «Le gouvernement nous a reconnus comme zone d’innovation récemment. Donc on souhaiterait bien que ce projet-là soit inscrit comme un projet majeur.»

4- Appui à la construction navale

«On aimerait bien que la stratégie de construction navale du gouvernement du Québec favorise la construction navale au Québec, comme le gouvernement fédéral le fait actuellement.» Des contrats de milliards de dollars sont à la portée du chantier Davie, selon Gilles Lehouillier. Il prédit un avenir radieux : «On va devenir ce que Montréal était dans l’avionnerie. On va avoir la même chose dans la construction navale.»

5- Réseau de transport structurant

«L’annonce a déjà été faite par le gouvernement. Il reste à la confirmer.» L’essentiel du Réseau de transport structurant de Lévis consiste pour l’instant à l’ajout de voies réservées sur le boulevard Guillaume-Couture, un chantier évalué à 88 millions $, dont 50 millions $ proviendraient de Québec. L’administration peaufine toutefois sa proposition. «On va déposer notre plan d’affaires au gouvernement au mois de mars». Le maire évoque le défi de la «complémentarité avec le tramway [de la capitale]», «l’interconnexion entre les deux rives».