Le maire de Québec Régis Labeaume a rencontré le premier ministre François Legault en compagnie de la député de Louis-Hébert et vice-première ministre Geneviève Guilbault.

Labeaume accepte l'idée d'un troisième lien à l'est

La première rencontre entre le premier ministre François Legault et le maire de Québec, Régis Labeaume, a permis de mieux comprendre la position de chacun dans les dossiers en transport pour la capitale. Alors que le premier a réitéré son intention de financer le projet de tramway, le second accepte maintenant l’idée d’un troisième lien à l’est.

Bien que M. Labeaume s’est défendu d’avoir fait un choix vestimentaire politiquement «calculé», le premier ministre Legault a remarqué, comme plusieurs, que le foulard du maire était coordonné aux couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Les deux hommes ont échangé une poignée de main sur la terrasse du restaurant de l’Aquarium du Québec où avait lieu la rencontre. Avec le fleuve et le pont de Québec comme décor, on ne pouvait qu’envisager l’importance des discussions qui allaient suivre sur les enjeux de mobilité dans la région.

«Pour les prochaines années, on va pas mal parler de l’est», a lancé le maire, un rire dans la voix, à la sortie de la rencontre d’une trentaine de minutes. Il se faisait questionner à savoir s’il poursuivrait la lutte sur la nécessité de construire un troisième lien à l’ouest plutôt qu’à l’est. Selon une étude, 76 % des déplacements par les ponts trouvent leur point d’origine et de destination à l’ouest.

«Le premier ministre s’est fait élire là-dessus. Il faut respecter ça. C’est son projet. Je me vois mal me battre pour l’ouest actuellement. On va être présent à la table. Quand on verra notre gain net, on sera d’accord», a-t-il ajouté, soulignant que le gouvernement fera bien ce qu’il veut.

De son côté, le chef caquiste s’est fait rassurant sur son intention de respecter l’engagement du précédent gouvernement en finançant le projet de réseau structurant de transport en commun dans sa forme actuelle. Il se dit même prêt à fournir une aide supplémentaire pour une interconnexion via le troisième lien projeté à l’est.

«Une interconnexion, il peut y en avoir une sur les ponts actuels. Il va y en avoir une sur le troisième lien. C’est sûr que le Québec va faire sa part. Mais comme le disait Régis, on veut aller chercher ensemble une part de financement au fédéral», a-t-il ajouté.

En effet, les deux élus souhaitent que le gouvernement Trudeau inscrive l’ensemble du projet de réseau structurant de transport dans son budget printanier 2019. La prévision initiale est de partager les coûts totaux de 3 milliards $ entre Ottawa et Québec dans une proportion de 60 % –40 %. Le maire a déjà eu des discussions avec le premier ministre du Canada à ce sujet, mais aucun engagement par écrit.

Visiblement, il était nécessaire de faire le point sur ces importants dossiers en transport avec tout ce qui se dit depuis déjà plusieurs mois. «Au début, on ne se comprenait pas», a même admis le maire.

Toujours au sujet du réseau structurant, M. Labeaume se réjouit qu’un troisième lien à l’est ne modifiera pas le projet présenté au printemps dernier. «C’est facile. On va se connecter à D’Estimauville [Beauport] qui est en fin de ligne. Le reste du projet reste intact.»

M. Legault s’est aussi montré ouvert à prolonger la ligne de tramway plus au nord à Charlesbourg. Le projet bonifié avec les libéraux avant l’élection amène les rails jusqu’à la rue du Périgord (près de Jean-Talon) plutôt qu’au boulevard Louis-XIV. Ce prolongement est estimé à 75 millions $ supplémentaires. «Le député de Charlesbourg, ça va lui tenter aussi», a lancé M. Labeaume, en parlant de Jonatan Julien, celui qui était son bras droit avant de se faire élire pour la CAQ.

Encore plus de travaux à Sainte-Foy

Le premier ministre compte aussi mettre rapidement de l’avant le projet de reconfiguration des échangeurs à la tête des ponts. Un dossier en discussion depuis plusieurs années. Le ministère des Transports attendait le projet de réseau structurant avant de s’y attaquer. Maintenant que c’est fait, M. Legault croit qu’il est temps de passer à l’action simultanément dans ces dossiers. Des plans pourraient être dévoilés dès 2019.

«Soyons ambitieux. Il va y avoir beaucoup d’activités économiques à Québec dans les prochaines années. Je pense que c’est réalisable de faire les trois projets de front […] et le plus rapidement possible», a soutenu le premier ministre qui se faisait demander si ce n’était pas une «trop grosse bouchée».

Si tout se réalise comme prévu, ce sont des milliards d’investissements en transport que recevra Québec. Pour les automobilistes, dans l’est, comme dans l’ouest, il faudra visiblement user de patience, tenant compte que le projet Le Phare de 750 millions $ de Groupe Dallaire doit se concrétiser d’ici 2028.