La construction du nouveau terminal à Contrecœur durera quatre ans et aura des impacts environnementaux très importants.

Labeaume à la défense du Port de Québec

Alors que l’administration portuaire de Montréal a dévoilé un projet de terminal maritime de 650 millions $ à Contrecœur, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, le maire de Québec, Régis Labeaume est allé au bâton jeudi pour défendre le projet de terminal de conteneurs du Port de Québec.

«Le projet mené par le Port de Montréal n’est pas à Montréal, mais à Contrecœur», a martelé le maire Labeaume en marge d’un point de presse sur l’avenir des installations de l’Hôtel-Dieu de Québec. «On verra s’il y a acceptabilité sociale de ce grand projet de dragage qui a beaucoup d’implications écologiques», a déclaré le maire Labeaume.

«Je vais demander au gouvernement de choisir ce qui est le mieux pour le Québec. Pourquoi dépenser des centaines de millions de dollars dans un projet où l’on doit draguer quand on peut les utiliser dans le projet où le tirant d’eau est disponible?» s’est interrogé le maire.

Dragage

La construction du nouveau terminal à Contrecœur durera quatre ans et aura des impacts environnementaux très importants. Le fleuve devra être dragué sur une surface de 160 000 mètres carrés et jusqu’à 11 mètres de profondeur et plus d’un million de mètres cubes de matière seront excavés. L’habitat des poissons sera également modifié substantiellement et des espèces menacées pourraient être touchées.

L’objectif du Port de Montréal, qui transborde actuellement 1,4 million de conteneurs par année, serait de faire tripler la capacité du nouveau terminal pour éventuellement atteindre une capacité de traitement de 3,5 millions de conteneurs d’ici 2045. 

Pendant ce temps, le projet d’agrandissement du port de Québec est estimé à 400 millions $, incluant la construction et l’équipement. L’Administration portuaire de Québec affirme par ailleurs que le projet à l’autre bout de l’autoroute 20 n’est pas en opposition avec celui de Beauport. Même qu’ils peuvent cohabiter, a dit la porte-parole Marie-Andrée Blanchet. 

«Contrecœur, comme tous les projets sur le Saint-Laurent au niveau maritime, c’est une bonne nouvelle, parce que ce sont des projets qui pourraient nous permettre de contrer les pertes de marché qu’on a subies depuis plusieurs années [au profit des ports américains]», a-t-elle expliqué. 

L’Administration portuaire souhaite faire de la capitale un pôle logistique maritime continental, un point de transbordement de marchandises au départ ou à destination des marchés du Midwest américain, d’Europe et d’Asie. La Chine et l’Inde sont particulière­ment visées.

Environ 500 000 conteneurs pourraient transiter annuellement par Québec dans une première phase et il serait possible d’en entreposer environ 10 000 à la fois, en raison de cinq empilés en hauteur, sur le prolongement des quais de 17 hectares planifiés à Beauport.  Avec David Rémillard