Au printemps, la Ville fera connaître un plan d'action à long terme pour minimiser l'impact de la disparition annoncée des frênes dans la trame urbaine

La Ville prévoit 15 M$ pour lutter contre l'agrile du frêne

La Ville de Québec injectera au moins 15 millions $ sur un minimum de 15 ans pour faire face à l’agrile du frêne. Si la disparition de cette essence d’arbre est inévitable d’ici 20 ans, la somme investie permettra d’étaler la mortalité, éviter des coupes massives et de voir apparaître des rues dénudées de toute verdure.

«On peut contrôler pour étaler la mortalité. Mais tant qu’on ne trouve pas de nouveaux débouchés, on va tout perdre nos frênes d’ici 15 à 20 ans.» Le constat du directeur de la division foresterie urbaine et horticulture, Michel Légaré, est irréversible, tenant compte de l’état actuel de la recherche.

Au printemps, la Ville fera connaître un plan d’action à long terme pour minimiser l’impact de la disparition annoncée des frênes dans la trame urbaine. Un programme de subvention permettra de vacciner les frênes pour prolonger leur durée de vie, couper ceux dont l’état de dégradation est trop avancé et replanter des arbres d’autres essences. Dès 2018, 700 000 $ sont disponibles. 

La tâche est immense. Québec compte 13 000 frênes en alignement de rues et il y en a le double sur les terrains privés, calcule M. Légaré. C’est sans compter les frênes dans les parcs et les boisés du territoire.

Selon l’expert, la vaccination permet de prolonger la durée de vie d’un frêne de 10 à 12 ans. «On pense vacciner 25 % des arbres. On crée une blessure mécanique dans l’arbre en injectant un biopesticide qui monte dans l’écorce, s’en va jusqu’aux feuilles et repousse l’agrile», explique le directeur.

Chaque injection coûte 200 $ et est à refaire aux deux ans. «Nous allons offrir aux propriétaires qui tiennent à leur arbre de faire vacciner leur frêne à un tarif intéressant. L’intérêt, c’est de maintenir la canopée [couvert feuillu].»

Les arbres trop infectés par l’insecte ravageur seront abattus. Pour chaque arbre coupé, deux seront plantés, précise M. Légaré. Il estime que le coût d’abattage ou de vaccination est sensiblement le même. 

«On va commencer dans Montcalm où est le premier foyer d’infestation à Québec. Après, ce sera Limoilou, où un arbre sur quatre est un frêne en alignement de rues. Imaginez, si on décidait de tous les abattre», insiste le directeur pour démontrer l’importance de ce programme.

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QU'EST-CE QUE L'AGRILE DU FRÊNE?

C’est un insecte vert métallique de moins de 1 cm de long originaire d’Asie. Il a été introduit en Amérique vers la fin des années 90. Les frênes américains sont sans défense devant lui et meurent systématiquement quand ils sont infestés. L’envahisseur a été détecté pour la première fois à Québec l’été dernier, dans le quartier Montcalm. Dans la province, Montréal en a été victime la première. Le transport du bois d’une région à l’autre est responsable de l’apparition de l’agrile dans la capitale.