La Ville de Québec vient de décaisser 1 750 000 $ pour un immeuble industriel évalué à 500 000 $ qui sera détruit et dont le terrain devra être décontaminé aux frais de la municipalité.

La Ville paie 1,75 M$ pour un immeuble contaminé voué à la démolition

Afin de pouvoir étendre son écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, la Ville de Québec vient de décaisser 1 750 000 $ pour un immeuble industriel évalué à 500 000 $ qui sera détruit et dont le terrain devra être décontaminé aux frais de la municipalité.

«Des discussions sont intervenues avec Gestion Cosmos inc. […] en vue d’acquérir l’immeuble sis au 54, rue de la Pointe-aux-Lièvres», nous apprennent des documents récemment publiés par la Ville. «Une entente d’acquisition sans garantie légale de qualité est survenue pour la somme de 1 750 000 $, plus les taxes applicables.»

Un peu plus loin, il est écrit : «Le bâtiment et les dépendances feront ultérieurement l’objet d’une démolition.»

Qu’est-ce qui justifie une telle dépense? a demandé Le Soleil. «L’achat du terrain est nécessaire afin de développer les autres phases de l’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres (revitalisation du secteur)», explique la conseillère en communication Audrey Perreault. «Rappelons que la Ville veut créer un milieu de vie de qualité (habitation) à proximité du centre-ville.»

Notre interlocutrice assure que «l’analyse des transactions comparables sur le marché a été effectuée» avant la signature de la promesse d’achat de l’immeuble dont l’évaluation municipale vient de grimper à 500 000 $. Sur le rôle de 2018, le bâtiment et son terrain valaient 400 000 $. 

Mme Perreault ajoute que le total de la transaction inclut un montant de 450 000 $ de compensation, entre autres pour la perte de revenus futurs.

Décontamination de 7,5 M$

La mairie poursuit donc ses emplettes dans le quartier industriel où ont poussé 3 immeubles d’habitation modernes au cours des récentes années. Il a toutefois fallu faire un nettoyage dispendieux du terreau avant d’y planter des logements. «De 2016 à aujourd’hui, les travaux de décontamination exécutés s’élèvent à un coût global arrondi de 7,5 millions $», nous précise Mme Perreault. Elle ajoute cependant que le gouvernement supérieur a payé un peu plus de la moitié de la facture «ce qui correspond à un coût pour la Ville de 3,5 millions $». Il demeure, au final, que les contribuables paient pour la renaissance du site.

Et, la note promet de grimper encore. Le sol du 54, rue de la Pointe-aux-Lièvres devra aussi passer à la lessiveuse. «Le terrain du lot concerné est contaminé», concède Audrey Perreault. «La Ville est en train de terminer les études de caractérisations environnementales afin de déterminer la nature et le volume des contaminants.»

Puis il y aura d’autres acquisitions du même acabit au cours des prochaines années afin de poursuivre l’opération reviviscence. La Ville a déjà rencontré les propriétaires des bâtiments voisins, dont les lots sont convoités. «Nous ne pouvons toutefois préciser les terrains qui seront achetés puisque des négociations sont en cours», dixit Mme Perreault.

3 phases

«Le projet d’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres comporte trois phases de réalisation. La première phase arrive à son terme, laquelle a permis la revitalisation du secteur avec 204 unités résidentielles construites à ce jour», nous renseignent les documents consultés. «L’aménagement des rues et la vente d’un quatrième terrain se sont concrétisés en 2017. Un seul terrain municipal réhabilité est actuellement à vendre pour compléter la phase I.» 

«D’autres terrains vacants et décontaminés (travaux effectués entre 2016 et 2018) seront mis en vente par la Ville en 2019 pour permettre la construction de nouvelles unités résidentielles», poursuit Audrey Perreault. «Deux ou trois terrains seront mis en vente en 2019 à des fins de construction de bâtiments (hauteur variant entre 4 et 6 étages).»

Outre les projets d’habitation, la mairie investit dans l’embellissement du quartier. Le parc de la Pointe-aux-Lièvres est devenu un site de sports d’hiver. 

Une passerelle pour les vélos et les piétons enjambera également la rivière en 2020 afin de brancher la Pointe-aux-Lièvres au Vieux-Limoilou. La même année, un pavillon d’accueil de quelques millions sera érigé dans le parc.