La Ville de Québec a déjà prévenu qu’il y aurait 18 expropriations le long du tracé, sans identifier les bâtiments visés ni dire s’il y avait une potentielle valeur patrimoniale rattachée à l’un d’eux.

La Ville de Québec veut éviter les «erreurs» patrimoniales

Avant d’exproprier ou d’exiger une emprise partielle d’un terrain là où il ne faudrait pas, la Ville de Québec veut mettre à jour la réelle valeur des quelque 500 bâtiments patrimoniaux qui se trouvent le long des 23 kilomètres où passera le tramway.

«Il y a un potentiel d’erreurs. On veut retourner toutes les pierres et être exemplaire. On veut préciser le potentiel patrimonial s’il y a des acquisitions.»

C’est ainsi que le conseiller Rémy Normand, responsable du réseau structurant, explique le récent appel d’offres, visant à évaluer les centaines de bâtiments patrimoniaux d’un bout à l’autre du tracé, du boulevard Louis-XIV à Charlesbourg jusqu’à l’avenue Le Gendre à Cap-Rouge.

Évidemment, certains tronçons sont plus sensibles que d’autres. «Aménager le boulevard Laurier, ce n’est pas comme René-Lévesque ou d’autres secteurs de la ville», précise le vice-président du comité exécutif de la Ville. En effet, l’implantation du tramway dans le périmètre très «commercial» de l’ouest de la ville ne devrait pas compromettre l’intégrité de bâtiments patrimoniaux.

L’appel d’offres ratisse large. Elle vise notamment à «parfaire les connaissances du cadre bâti, à identifier les perspectives visuelles marquantes et certains aménagements comme des croix de chemin, des clôtures, des murets ou des bâtiments accessoires susceptibles d’être impactés», peut-on lire.

Les informations sont aussi nécessaires, précise M. Normand, dans la perspective où serait exigée une étude d’impact sur l’environnement. 

La Ville possède déjà un répertoire de ces bâtiments divisés en cinq catégories. Des 500 identifiés : 25 sont réputés avoir une valeur patrimoniale exceptionnelle; 125, une valeur supérieure; 185 autres, une bonne valeur; 155, une valeur faible; et 10 bâtiments évalués ne représenteraient aucune valeur.

La Ville a déjà prévenu qu’il y aurait 18 expropriations le long du tracé, sans identifier les bâtiments visés ni dire s’il y avait une potentielle valeur patrimoniale rattachée à l’un d’eux. M. Normand dit ne pas vouloir anticiper les conclusions du contrat qui sera octroyé. Il ne veut pas davantage s’avancer à savoir si la Ville pourrait donner le feu vert à l’expropriation d’un bâtiment qui aurait une faible valeur patrimoniale.

Outre la largeur nécessaire au passage même du tramway, il y a toute la question de la construction des quais d’embarquement et de débarquement. Certains aménagements demanderont des expropriations partielles ou totales. Les résultats de l’analyse seront connus en 2019.  Avec Élisabeth Fleury