Il faudra empiéter sur les terrains privés, là où sont souvent stationnées les voitures, pour déployer le réseau structurant de transport en commun.
Il faudra empiéter sur les terrains privés, là où sont souvent stationnées les voitures, pour déployer le réseau structurant de transport en commun.

La Ville de Québec tente de sauver les stationnements privés le long du tramway

La Ville de Québec adopte un nouveau règlement pour sauver les stationnements des entreprises et citoyens riverains du parcours du futur tramway. Car il faudra empiéter sur les terrains privés, là où sont souvent parquées les voitures, pour déployer le réseau structurant de transport en commun.

«Cette modification réglementaire est une étape préalable afin de limiter la perte de places de stationnement des propriétés privées, en lien avec les élargissements de l’emprise publique le long du tracé du tramway», explique au Soleil le porte-parole municipal, David O’Brien. 

Malheureusement, à l’heure actuelle, celui-ci ne peut pas répondre à la question que se poseront tous les propriétaires qui verront un jour le rail par leurs fenêtres : quels lots seront ainsi grugés? «En date d’aujourd’hui, il est trop tôt pour identifier le nombre de terrains ou de places de stationnement touchés.»

Un document municipal récemment diffusé confirme néanmoins que le tramway prendra ses aises tout du long. «L’insertion du tramway a pour effet d’élargir les emprises publiques sur la quasi-totalité du tracé. Des grandes aires de stationnement adjacentes à ce tracé peuvent être impactées, car les normes présentement en vigueur auraient pour effet d’augmenter le nombre de cases perdues et de les rendre dérogatoires.»

Dès 2018, la mairie a prévenu que le déploiement du réseau structurant de transport en commun ne se ferait pas sans heurt pour les automobilistes. Les autorités avertissaient : quelque 1130 stationnements dans les rues seront éliminés, dont près de la moitié sur le boulevard René-Lévesque, afin de laisser filer le tramway et le trambus.

Maintenant, la Ville tente de préserver par règlement les autres places où il sera possible de laisser les voitures pour rentrer à la maison, aller au travail ou faire des courses. «Il ne s’agit pas ici des stationnements sur rue, mais bien des stationnements sur les terrains privés», fait remarquer David O’Brien.

Les élus essaient donc de ne pas en rajouter sur les épaules des résidents et entrepreneurs amateurs de cylindrées qui sont installés le long du trajet.

Verdure amincie

Pour y arriver, les conseillers municipaux ont donné le feu vert à un allègement des normes encadrant l’aménagement de stationnements en façade pour les bâtiments de plus d’un logis : immeubles de quatre logements ou plus, jumelés de trois portes ou plus, maisons en rangée. Les commerces et les industries sont aussi concernés.

«Actuellement, pour ces propriétés, le règlement exige qu’une bande gazonnée de 4 mètres soit conservée entre la ligne de rue (ou le trottoir) et l’aire de stationnement», note David O’Brien. «Il est question ici de la bande gazonnée qui se trouve sur le lot du propriétaire.»

Donc, si l’emprise publique s’élargit pour le tramway, les propriétaires devront éliminer des stationnements pour planter du gazon, toujours sur 4 mètres.

Sauf que la Ville autorisera maintenant une bande verte de seulement 1,4 mètre. Voilà ce qui a changé dans la réglementation.

La Ville pense même qu’avec cette verdure rétrécie, «[les propriétaires] pourront maintenir ou réaménager un nombre plus élevé de places de stationnement».