Dommages causés par l'agrile du frêne sur un arbre du quartier Montcalm

La Ville de Québec s’avoue vaincue devant l'agrile du frêne, mais continue le combat

La Ville de Québec a perdu le combat contre l’agrile du frêne. D’ici 15 ans, sans traitement, les milliers d’arbres de cette espèce qui embellissent la capitale seront morts. En déployant sa parade, la mairie espère allonger la vie des plus résistants de 15 ans de plus. Mais ils mourront quand même.

«Sans intervention, 100 % des frênes mourront d’ici une quinzaine d’années», lit-on dans le Programme d’investissement quinquennal (PIQ) à l’étude par les élus à l’hôtel de ville. «Le déploiement du programme de lutte à l’agrile du frêne a pour but de ralentir l’épidémie et d’allonger d’environ une quinzaine d’années la mortalité de tous les frênes.»

Depuis la découverte de l’insecte ravageur dans la région en 2016, la Division de la foresterie urbaine et de l’horticulture brandit ses armes afin de repousser l’envahisseur : traitements insecticides, abattages, guêpes parasites, pièges. Mais l’agrile est trop fort.

En septembre, nous apprenions que l’agrile a été vu dans 32 des 35 quartiers de la Ville, contre 16 quartiers un an plus tôt.

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Le collègue journaliste scientifique Jean-François Cliche rapportait alors que les pertes seront impressionnantes. Quelque 11 000 frênes publics en bordure de rue sont présents dans les quartiers touchés, rapportait-il. «Ce sont les plus apparents, mais les dégâts à venir seront bien plus élevés : on compte environ 26 000 frênes sur des terrains privés à Québec, ainsi que 173 000 dans des boisés municipaux et privés.»

Beaucoup d’abattages

«On est en préinfestation», expliquait aux élus mercredi le directeur de la Division de la foresterie urbaine, Michel Légaré. Le pire est donc à venir.

«On va faire beaucoup d’abattages.» La Ville concentrait ses efforts le long des rues. Elle enverra maintenant les émondeurs sur un plus vaste territoire : «On va faire plus d’abattages en boisé.» Les scies à chaînes s’activeront même durant l’hiver.

«Bien qu’à terme l’extermination de l’agrile du frêne soit impossible, la Ville accélère la cadence de plantation pour compenser les pertes de frênes et éviter que l’agrile entraîne une perte importante de la canopée urbaine», ajoute-t-on dans le PIQ.

M. Légaré note que la Ville entend maintenant diversifier sa canopée, planter des arbres de plusieurs espèces afin d’éviter qu’un ravageur puisse répéter l’exploit de l’agrile du frêne au  cours des prochaines années.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, s’inquiète de la perte de nombreux arbres alors que la Ville veut accroitre leur nombre.

Michel Légaré répond que le budget de plantation passera à 3 millions $ en 2020. «Ça représente à peu près 9000 arbres qu’on va planter. […] Étant donné, l’épidémie a pris beaucoup plus d’ampleur cette année, on devance la plantation.»

«Chaque arbre abattu sera remplacé.»

Spécimen d'agrile du frêne