Selon des chiffres fournis par la Ville, en roulant à 50 km/h au lieu de 30 km/h un automobiliste gagne seulement 48 secondes. La Ville diminuera donc la vitesse sur tout son territoire. D’ici fin 2020, la limite passera à 50 km/h sur les principaux boulevards, 40 km/h sur les rues principales des quartiers et 30 km/h dans toutes les autres rues résidentielles et autour des écoles.

La Ville de Québec met un frein à la vitesse [VIDÉO]

La Ville de Québec investira 60 millions $ sur cinq ans dans sa Stratégie de sécurité routière 2020-2024 pour éradiquer les comportements dangereux sur les routes de son territoire. La limite de vitesse passera à 50, 40 ou 30 km/h selon les zones. Les citoyens seront également amenés à signer un pacte pour plus de civisme sur les routes.

Selon les chiffres compilés par la Ville de Québec entre 2012 et 2016, les mesures traditionnelles de contrôles, d’aménagement et de sensibilisation ne suffisent plus pour diminuer le nombre d’accidents. «On a atteint à un plafond», a mentionné le maire de Québec, Régis Labeaume. 

En 2017, par exemple, il y a eu seulement 3,8 % de moins de collisions mortelles par rapport à la moyenne de 2012-2016. Plus de 50 % des victimes de ces collisions étaient des piétons et des cyclistes. Et 90 % des accidents se produisent sur les principaux axes routiers. 

«On doit tous ralentir», a martelé le maire, qui avoue lui-même avoir un comportement pas toujours civilisé, les rares fois où il conduit. «Ralentir ce n’est pas facile, mais on doit se poser des questions. Est-ce que les quelques secondes gagnées sont justifiées si on multiplie par six les risques d’accident», a-t-il poursuivi. Lors de la campagne électorale de 2017, Régis Labeaume avait rejeté d’un revers de la main, la proposition de Québec 21 et de Démocratie Québec de réduire la limite de vitesse à Québec. 

Selon des chiffres fournis par la Ville, en roulant à 50 km/h au lieu de 30 km/h un automobiliste gagne seulement 48 secondes. La Ville diminuera donc la vitesse sur tout son territoire. D’ici fin 2020, la limite passera à 50 km/h sur les principaux boulevards, 40 km/h sur les rues principales des quartiers et 30 km/h dans toutes les autres rues résidentielles et autour des écoles. 

Pacte citoyen

Réduire la limitation de vitesse n’a par contre jamais véritablement changer les comportements. Les automobilistes y sont peu sensibles et ils ajustent leur vitesse au danger qu’ils perçoivent. Les piétons et les cyclistes doivent également mieux respecter le Code de la route. 

La Ville souhaite donc un véritable électrochoc de ses citoyens pour diminuer drastiquement les accidents mortels et graves sur son territoire. Objectif : zéro collision mortelle et grave autour des écoles et la moitié moins de collisions mortelles ou graves sur tout le territoire, de 2020 à 2024 par rapport à la période 2012 à 2016.

Les usagers de la route qu’ils soient conducteurs, cyclistes ou piétons seront appelés à signer un pacte pour plus de civisme sur les routes. En signant, ils s’engagent à ralentir, à être courtois, à prioriser la sécurité des enfants et à être attentifs. 

«Les cyclistes fous, on en veut plus, il y en a qui sont extrêmement dangereux, les piétons téméraires, ils doivent faire attention», a prévenu le maire. 

Quant aux automobilistes, M. Labeaume les implore de laisser traverser les piétons. «Dans les quartiers, il y a moins de traverses dessinées au sol. Quand une personne fait signe pour traverser, laissez-la passer.»

Sensibilisation 

Parmi les endroits ciblés par la Ville dans sa Stratégie de sécurité routière, on retrouve les zones scolaires et les quartiers résidentiels. En trois semaines, lors de la rentrée scolaire 2019, le Service de police de la Ville de Québec a distribué 1200 contraventions. La majorité des contrevenants étaient des parents. 

Sur les 115 écoles primaires réparties sur le territoire de la Ville de Québec, 75 n’ont pas de plan de cheminement scolaire désigné. La Ville s’engage à corriger cette situation en aménagement 23 trajets scolaires par année entre 2020 et 2024 tout en responsabilisant les parents. La Ville investira 4,1 millions $ en cinq ans en communications, publicités et enveloppes pour les conseils de quartier et les écoles.

Les 115 établissements scolaires et les 27 conseils de quartier recevront 3000 $ par année pour les aider à prendre des mesures pour sensibiliser la population. La Ville fera des suggestions, mais les écoles et les conseils de quartier décideront quelles mesures, ils souhaitent mettre en place. «Ils connaissent leurs besoins et les gens et leurs comportements», a expliqué M. Labeaume. 

La Ville installera également des panneaux lumineux pour indiquer la vitesse. Elle révisera également la signalisation et le marquage au sol des traverses piétonnes. 

L’administration doublera aussi le nombre de radar mobile en sa possession des 2022 en passant de quatre à 10 appareils. Un Bureau de la sécurité de la sécurité routière avec 18 policiers dédiés à temps plein sera créé au sein du Service de police de la Ville de Québec.

Dans la Stratégie de sécurité routière de la Ville de Québec, les usagers de la route, qu’ils soient conducteurs, cyclistes ou piétons, seront appelés à signer un pacte pour plus de civisme sur les routes.

140 endroits accidentogènes

La Ville de Québec souhaite également améliorer la situation dans des endroits où la circulation automobile est dense et où les aménagements pour les piétons n’ont pas suivi le développement immobilier et commercial de ces dernières années. 

Parmi ses routes, la Ville compte 140 zones très accidentogènes, dont 60 sont situés sur le tracé du projet de tramway et de trambus. La Ville va travailler dans les cinq prochaines années sur 80 sites, dont le chemin Sainte-Foy, le boulevard Henri-Bourassa, le boulevard Hamel, le boulevard Laurier et l’avenue Saint-David en investissant 16 millions $ par année. Les 60 autres zones seront aménagées au moment des travaux pour le tramway et le trambus. 

La Ville exigera des entrepreneurs et des promoteurs un plan de sécurité pour tous les travaux et les chantiers qui occupent les routes. Ils devront détenir un permis. La Ville investira également cinq millions $ par année pour ajouter 15 km de trottoirs par années.

Les nouveaux trottoirs seront installés en priorité dans les secteurs où la fréquence et la gravité des collisions impliquant des piétons sont plus grandes. La Ville travaillera également avec le RTC pour amener plus facilement les usagers.

Les citoyens sont invités jusqu’au 31 janvier 2020, à s’exprimer en ligne (ville.quebec.qc.ca/securiteroutiere) sur le projet de Sécurité routière 2020-2024.

Des séances d’information auront également lieu dans les arrondissements et auprès des conseils de quartier. 

La Stratégie de sécurité routière 2020-2024 sera adoptée au printemps 2020.

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HOCHELAGA: LA VILLE ENTRETIENT LE FLOU

Dans les deux sommaires décisionnels, soumis au conseil municipal lundi, concernant l’élargissement du boulevard Hochelaga, il est marqué que les deux voies supplémentaires seront réservées au transport en commun. Jeudi lors de la présentation du projet d’élargissement d’Hochelaga, Rémy Normand ainsi que Régis Labeaume ont déclaré que des voies réservées pour le transport en commun n’étaient pas prévues ni pendant les travaux sur Laurier ni après. Lundi, le président du RTC a réitéré qu’il n’y aurait pas de voies réservées à court et moyen terme. Cependant, la Ville se garde la possibilité de le faire selon l’évolution de l’achalandage. «Pour l’instant, il n’y a rien qui nous permet de croire qu’on va avoir besoin de voies réservées entre le pôle Université Laval et le pôle à l’ouest. Mais si un jour, la situation est telle que ça va prendre une connexion entre les deux, on pourra disposer de cette voie-là», a fait valoir M. Normand. 

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LES FRAIS DE DÉPLACEMENT À L'ÉTRANGER DÉVOILÉS AUX TROIS MOIS

Les dépenses lors des voyages à l’étranger du maire de Québec ou de représentants de la Ville de Québec seront finalement rendues publiques par l’administration Labeaume. La Ville prévoit une divulgation tous les trois mois sur son site Internet de toutes les factures payées lors des missions à l’étranger. Jusqu’à présent, un sommaire décisionnel du comité exécutif était entériné avant chaque départ à l’étranger pour fixer le budget. Le maire et les élus devront également faire un rapport devant le conseil de ville de la mission. Depuis des mois, l’opposition demande au maire d’adopter des pratiques déjà en vigueur dans autres villes canadiennes. «Vous voulez que je vous écrive un rapport comme à la petite école? Voyons donc!» avait répondu M. Labeaume. Lundi, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin s’est réjoui de la «volte-face» de Régis Labeaume. «Ils ont accepté notre proposition. C’est une volte-face de l’administration Labeaume. On va rester vigilant de notre côté pour s’assurer que toutes les informations soient divulguées afin que les citoyens puissent faire leurs propres idées sur la pertinence des voyages.»