Selon les données obtenues par Le Soleil, les dépenses de la Ville de Québec auprès d’Amazon ont chuté de 59 032 $ en 2017 à 3632 $ en 2019. En 2017, la Ville consacrait 0,33 % de ses transactions par carte d’achat à Amazon. Deux ans plus tard, cette proportion a chuté à 0,03 %.

La Ville de Québec met le frein sur les achats Amazon

La Ville de Québec a mis le frein à ses achats sur Amazon.

Selon les données obtenues par Le Soleil, les dépenses de la Ville auprès du géant du commerce en ligne ont chuté de 59 032 $ en 2017 à 3632 $ en 2019. 

En 2017, la Ville consacrait 0,33 % de ses transactions par carte d’achat à Amazon. Deux ans plus tard, cette proportion a chuté à 0,03 %.

«Un gros exercice de communication interne a été réalisé afin de sensibiliser les employés à l’importance d’acheter local en n’utilisant pas ce type de fournisseur en ligne, et à l’importance d’utiliser leur carte d’achat de façon responsable», souligne David O’Brien, porte-parole de la Ville de Québec. 

Alors qu’Amazon domine le commerce en ligne au Québec et est montrée du doigt pour le dépérissement des artères commerciales, la Ville de Québec priorise l’achat local. 

Depuis fin 2017, toutes les transactions effectuées par des employés de la Ville sur Amazon «relèvent de l’exception», précise M. O’Brien. Elles doivent être approuvées par un gestionnaire et vérifiées par le Service des approvisionnements de la Ville. 

Selon un relevé obtenu par Le Soleil en vertu de la loi sur l’accès à l’information, les achats de la Ville de Québec sur Amazon concernent ce qu’on pourrait considérer comme de «petites» dépenses à l’échelle municipale. La Ville y achète notamment du matériel électronique (câbles USB, étuis pour téléphones cellulaires, téléviseurs, GPS portables, oreillettes Bluetooth, etc.), de la quincaillerie (robinet, peinture, ampoules, pistolet arrosoir, valve de compresseur, etc.) et des vêtements spécialisés pour ses policiers. 

À noter que ces transactions ne concernent pas des «achats d’envergure». Dès qu’un achat dépasse 5000 $, la Ville a l’obligation de lancer un processus d’appel d’offres ou de demande de prix .

Un message «important»

Tout de même, la Ville de Québec a dépensé un peu plus de 70 000 $ sur Amazon entre 2017 et 2019. 

La somme peut paraître minime dans le budget de 1,55 milliard $ de la Ville, note François Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. «Mais quand on regarde ça dans la perspective du commerce local, qui paie ses taxes municipales et ses impôts ici, l’achat local peut faire une différence. Le message que la Ville choisit d’envoyer quand elle fait ses achats, c’est important», dit M. Vincent. 

Après avoir regardé le relevé des achats de la Ville de Québec sur Amazon, François Vincent estime que les commerces de détail de la région de Québec peuvent «certainement répondre aux besoins de la municipalité». 

M. Vincent note toutefois que certaines PME recourent à des plateformes comme Amazon pour vendre leurs biens, ce qui peut fausser légèrement le portrait.

Selon la plus récente enquête du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO, 2019), 27 % des entreprises répondantes utilisent des sites tiers comme principale plateforme de vente en ligne de leurs produits, et la moitié d’entre elles (49 %) le font sur Amazon.

L’enquête du CEFRIO montre qu’Amazon est souvent le principal concurrent des commerçants québécois en ligne. Dans la province, Amazon reste la première destination des cyberconsommateurs, avec environ 38 % des adultes québécois qui réalisent mensuellement au moins un achat sur ce site.

Ententes locales

Pour favoriser l’approvisionnement local, la Ville de Québec dispose de plusieurs ententes avec des fournisseurs locaux, fait valoir M. O’Brien, le porte-parole de la Ville. 

Pour le matériel de bureau, par exemple, la Ville a acheté en 2019 pour 341 561 $ de matériel de bureau auprès de l’entreprise Brassard Buro inc., située sur l’avenue Watt, à Québec, conformément à une entente d’achat. 

Les employés de la Ville ont comme consigne d’utiliser ce type d’entente. S’ils ont des besoins particuliers qui ne sont pas couverts par ces ententes, ils ont la possibilité d’acquérir des biens chez d’autres fournisseurs, soit par carte d’achat (des cartes de crédit corporatives remises à certains employés autorisés), soit en présentant une facture.

En 2019, près de 85 % des dépenses par carte d’achat de la Ville de Québec ont été effectuées au Québec, dont 75 % dans la région immédiate de Québec.