La Ville de Québec investit dans des «jardins partagés» privés

La Ville de Québec investit maintenant dans des «jardins partagés» privés, rarement accessibles aux citoyens du secteur, plutôt réservés aux habitants ou usagers du lieu où se trouve l’aménagement alimentaire.

«Il ne s’agit donc pas de jardins communautaires», nous explique la conseillère en communication Amélie Cauchon. «Le programme de subvention […] vise la réalisation de projets de jardins partagés sur des propriétés non municipales.»

La Ville a donc annoncé, en début de semaine, l’octroi d’un peu plus de 110 000 $ à 16 organisations qui disposeront de deux étés pour créer leur jardin. Aux cégeps Garneau et Sainte-Foy, par exemple, les installations alimenteront des étudiants et profs. Dans deux CHSLD, des résidents et bénévoles pourront se servir. Ailleurs, des personnes vivant avec un handicap seront aidées. Encore un exemple : dans 7 immeubles d’HLM de la Ville, les locataires auront parfois de la fraîcheur à cueillir. 

Toujours de l’attente

Quoiqu’ils puissent avoir un bienfait pour les clientèles qui pourront en profiter, ces «jardins partagés» ne permettront cependant pas de combler les citoyens de la capitale espérant obtenir un lopin cultivable. «Les projets annoncés n’ont pas d’impact direct sur la liste d’attente actuelle des jardins communautaires, puisqu’il s’agit de jardins qui sont créés sur des terrains privés et non sur des terrains municipaux», fait valoir Amélie Cauchon.

Ils sont des milliers à faire la file pour obtenir le privilège de louer une parcelle de terre dans les jardins communautaires de la capitale. Seulement pour les 13 sites de culture urbaine de l’arrondissement La Cité-Limoilou, quelque 3500 personnes attendent leur tour, indique Amélie Cauchon. C’est sans compter les «les 16 autres jardins répartis sur le territoire [qui] gèrent individuellement leurs listes d’attente». 

«La Ville compte pour le moment 29 jardins communautaires sur son territoire.»

Le programme de financement pour des «jardins partagés» est né l’an dernier. Les organisations intéressées trouveront les détails par ici

Dans un document diffusé en ligne, la Ville plaide que cet investissement sur des terrains privés est justifié puisqu’il permet «d’augmenter le nombre de citoyens desservis en matière de jardinage par l’octroi de subventions visant la réalisation de projets sur des propriétés non municipales. Il a aussi pour objectif l’amélioration des conditions de vie des citoyens, notamment en facilitant l’accès aux aliments sains, en réduisant l’insécurité alimentaire ainsi qu’en permettant de briser l’isolement social».

Les infos sur les jardins communautaires sont, quant à elles, par