Le terrain en friche est situé sur le boulevard Louis-XIV, près du centre plein air de Beauport.
Le terrain en friche est situé sur le boulevard Louis-XIV, près du centre plein air de Beauport.

La Ville de Québec achète un vieux dépotoir de Beauport pour 1 $

La Ville de Québec a décidé d’acheter pour 1 $ un vieux dépotoir du secteur Beauport, donc de devenir officiellement responsable du site contaminé. Voici pourquoi.

Le terrain en friche est situé sur le boulevard Louis-XIV, près du centre plein air de Beauport. Le boulevard Raymond n’est pas loin. Ce lot de presque 50 000 mètres carrés appartient à CSL-Loma, qui exploite notamment une sablière dans le même secteur.

«[Il s’agit de] l’ancien site d’enfouissement de l’ex-Ville de Beauport où des matières résiduelles avaient été enfouies», nous écrit Mireille Plamondon, conseillère en communication municipale. «Ce site a été en exploitation de 1979 à 1983.»

Fermé depuis 1984, il est aujourd’hui recouvert de plantes. Mais même si du vert pousse à la surface, sous terre les déchets en décomposition produisent des émanations à effet de serre nocives.

Au début des années 2000, l’administration municipale a pris en charge cette pollution atmosphérique : «C’est la Ville de Québec qui gère les biogaz qui s’échappent du site par un réseau de captation, de mesures de gaz, etc.», note Mme Plamondon.

Un document joint à un ancien appel d’offres fournit quelques informations supplémentaires : «Le site d’enfouissement de Beauport sur le boulevard Louis-XIV a été exploité au début des années 80 comme lieu d’enfouissement sanitaire et dépôt de matériaux secs. À la suite d’études de caractérisation ayant confirmé la génération de biogaz et sa migration en bordure du site, la Ville de Québec a procédé à l’installation d’un système de contrôle de migration du biogaz au cours de l’année 2004, pour la phase 1, et au cours de l’année 2008, pour la phase 2.»

«Les infrastructures du réseau de captation de biogaz installées au lieu d’enfouissement de Beauport […] visent uniquement le contrôle de la migration du biogaz en périphérie du site afin de protéger les résidences le long de la rue Bertrand et les commerces situés le long du boulevard Louis-XIV», précise-t-on. «Elles n’ont pas pour objectif de capter le biogaz sur la totalité du site d’enfouissement.» 

Au fil des ans, la Ville a toutefois investi afin d’améliorer sa technologie. Dès 2012, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) a mis à l’essai un système de biofiltration pour améliorer le bilan environnemental du site. Puis, au cours des années suivantes, des travaux de «mise à niveau» ont été effectués.

L’administration municipale veut donc maintenant s’assurer que ses investissements dureront dans le temps, que ses installations de récupération des gaz toxiques demeureront sur place longtemps. Ce qui est difficile à garantir lorsqu’on n’est pas propriétaire du terrain.

«Afin d’assurer la pérennité de son système de captation des biogaz, le Service des projets industriels et de la valorisation a mandaté le Service du développement économique et des grands projets afin que celui-ci procède à l’acquisition du lot», lit-on dans un document récemment remis aux élus de la mairie.

«L’achat du site vise à poursuivre les activités de fermeture en étant sur une propriété appartenant à la Ville», ajoute Mireille Plamondon. «Le projet se limite à poursuivre les activités de suivi et de fermeture de ce site dans le respect des normes. À court terme, on ne prévoit aucun projet de développement ou de décontamination du site.»

Jusqu’en 2018, le terrain était évalué à 325 000 $ au rôle municipal. Il est ensuite passé à 100 $ et vient d’être acquis pour 1 $ plus les taxes.