Quelque 82 % des résidents de Québec considèrent que la vie est bonne même en temps de crise de la COVID-19, révèle un récent sondage.
Quelque 82 % des résidents de Québec considèrent que la vie est bonne même en temps de crise de la COVID-19, révèle un récent sondage.

La vie est bonne à Québec, malgré la pandémie [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Quelque 82 % des résidents de Québec considèrent que la vie est bonne même en temps de crise de la COVID-19, révèle un récent sondage. Les personnes de 55 à 64 ans, qui sont en couple ou un revenu familial supérieur à 75 000 $ font moins la moue, au mieux sourient-ils davantage.

La firme Léger a réalisé ce coup de sonde du 23 au 29 avril auprès de 1200 résidents de la Ville de Québec. «Dans les circonstances, ça ne va pas si mal. Les gens sont assez philosophes depuis le début. Il y a comme une acceptation de la situation», constate le maire de Québec.

Difficultés économiques

Le sondage commandé par son administration visait à connaître la situation d’emploi des répondants, leurs habitudes d’achat, les impacts financiers de la crise et les préoccupations face au virus.

On y apprend que 28 % des répondants ont perdu leur emploi temporairement, et 3 % de façon permanente. Une situation qui engendre des difficultés économiques. Ils sont 4 % à avoir contracté un prêt ou demandé une carte de crédit, 9% qui font face à une diminution de capacité à payer l’hypothèque ou le loyer et 26 % à avoir subi une diminution de revenu (y compris perte d’emploi). Au chapitre des bonnes nouvelles, 83 % sont confiants de retrouver un emploi après la crise.

Télétravail vs bureau

Une grande proportion de gens qui ont conservé leur emploi ont expérimenté le télétravail. Ce sont 42 % des travailleurs en emploi. Si 70 % admettent apprécier ce nouveau style de vie, ils sont encore 33 % à vouloir passer 75% de leur temps au bureau. En moyenne, les répondants disent vouloir passer 53,9 % de leur temps au bureau.

«Les gens ont besoin de voir du monde, soutient Régis Labeaume. C’est comme la société des loisirs qu’on nous avait promis. Ce n’est pas vrai que tout le monde va rester en télétravail.» 

N’empêche, la Ville évalue la possibilité de maintenir le télétravail pour certains employés au-delà de la crise. Avant de se lancer dans ce projet, elle devra évaluer le coût-bénéfice d’une telle mesure. «Le premier critère, c’était l’inquiétude sur la performance. On découvre que c’est une question d’organisation, malgré le fait que beaucoup de monde avait des enfants à la maison», observe le maire.

Achats en ligne

Chose certaine, la pandémie a aussi bouleversé les habitudes d’achat des Québécois. Les personnes sondées achètent davantage de produits québécois et de leur propre quartier. Au chapitre de la restauration, on voit même poindre une nouvelle tendance. 

En effet, 25 % affirment avoir commandé des repas par téléphone ou en ligne plus souvent, et 5 % pour la première fois. Plus encore, 4 % ont tenté une première fois les solutions d’achats de repas en ligne comme Goodfood et Miss Fresh tandis que 6 % les ont utilisés plus fréquemment . «Si j’étais restaurateur, il y a quelque chose là», a lancé M. Labeaume.

Encore des craintes

Si la peur des Québécois face au coronavirus est moindre que dans le reste du Canada, il y a toujours un certain niveau d’inquiétude. Ainsi, une fois le confinement terminé, 79 % seront inquiets à fréquenter les lieux publics de la Ville, 64 % à visiter les amis et la famille et 47 % à retourner au travail. 

Le même niveau d’inquiétude se manifeste face à certaines activités. Les spectacles et événements d’envergure provoquent de l’insécurité chez 67 % des répondants, 54 % craignent de fréquenter un bar ou un restaurant et 53 %, les centres commerciaux.

«On va vouloir savoir comment ça évolue. On va aider les restaurateurs à avoir de la place. Il faut créer de l’espace. Les gens ont besoin d’espace», insiste le maire.

Optimiste, malgré tout

En regard des 12 prochains mois, les Québécois demeurent plutôt ou très optimiste relativement à la situation de la santé publique à Québec. Ce pourcentage baisse à 45 % quand il est question de l’économie, et 38 % pour la vitalité culturelle.

Les résultats du sondage sont ici