Selon la liste des projets de plus de 500 000 $ de la programmation des travaux routiers 2017-2019 de la région de la Capitale-Nationale, quatre inscriptions - pour autant de chantiers estimés entre 1 et 5 millions $ chacun - concernent des travaux autour de la tête des ponts.

La tête des ponts en chantier cet été

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) lance cet été les travaux de réaménagement du vaste échangeur au nord des ponts de Québec et Pierre-Laporte. Annoncé en 2011 et étudié depuis, ce grand projet inscrit au plan québécois des infrastructures (PQI) n'a toujours pas été présenté au public.
L'enchevêtrement de bretelles, communément appelé la tête des ponts ou même le «spaghetti», permet aux automobilistes arrivant de Lévis de joindre les autoroutes Henri-IV et Duplessis ou le boulevard Laurier. De la même façon, il draine les voitures de la rive nord vers les ponts.
Rendu au bout de sa vie utile, l'ensemble nécessite une réfection en profondeur. Tant qu'à y être, les ingénieurs du MTQ ont pour mandat de le rendre plus efficace. Le gouvernement du Québec prévoyait des investissements d'un milliard de dollars quand il s'est attaqué à la planification de cet important chantier en 2011.
Annoncée dimanche, la programmation des travaux routiers 2017-2019 de la région de la Capitale-Nationale ne faisait pas mention du lancement des travaux. Mais la liste des projets de plus de 500 000 $ diffusée après coup lève le voile sur les intentions gouvernementales.
On voit ainsi apparaître un projet de «réaménagement géométrique» et un autre de réparation d'éléments du tablier de l'échangeur nord des ponts. Selon nos informations, les travaux permettront d'ajouter, à partir des structures existantes, un lien direct entre l'avenue des Hôtels, près de l'aquarium, et l'autoroute Henri-IV Nord.
Plus loin dans la liste, il est question de la réfection de la bretelle de l'autoroute Duplessis Sud - très haute et toute en courbes - qui mène au pont de Québec. La structure de l'autoroute Henri-IV qui surplombe les bretelles de l'autoroute Duplessis Nord est aussi visée.
Au total, il y a quatre inscriptions pour autant de chantiers estimés entre 1 et 5 millions $ chacun.
Le Soleil a tenté d'en savoir plus, mais le service des communications du MTQ n'était pas en mesure de nous donner des détails mardi.
Au cabinet du ministre Laurent Lessard, on nous a confirmé que les travaux sont bel et bien liés au réaménagement de la tête des ponts, mais qu'ils sont considérés «préparatoires» en attendant le gros branle-bas.
Mardi encore, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le ministre répétait qu'il fallait coordonner ce grand projet au service rapide par bus (SRB) qui liera les deux rives et passera donc tout près. Le tout sera rendu public seulement quand l'arrimage sera fait, a indiqué l'attaché de presse Mathieu Gaudreault.
Démêler le «spaghetti»
Quand il avait parlé pour la première fois de démêler le «spaghetti», en 2010, le ministre des Transports d'alors, Sam Hamad, avait suggéré un horizon de réalisation de 5 à 10 ans. Il était alors prévu de dévoiler des plans à l'intérieur d'un an. Mais six ans et autant de ministres des Transports plus tard, rien n'a encore filtré.
Sur le terrain, seule la longue bretelle composée de deux structures qui mène du boulevard Laurier à l'autoroute Duplessis Nord a été retapée en 2015 pour 3,2 millions $, laissant deviner que les ingénieurs souhaitent la conserver telle quelle.
Le maire de Québec, qui a vu les plans gouvernementaux pour le secteur, met de la pression depuis des mois sur le ministère des Transports pour qu'il ouvre son jeu. Régis Labeaume affirme que les rares changements qui lui ont été présentés avaient pour but d'améliorer la sécurité routière, mais pas la fluidité de la circulation. Alors que les citoyens de Québec expriment leur ras-le-bol du temps passé sur la route, cela déplaît royalement au leader municipal.
Initialement, la Ville de Québec voulait aussi profiter de l'occasion pour repenser le secteur, le densifier et lancer un message de modernité à l'entrée de la capitale, mais ces considérations urbanistiques n'ont pas été évoquées depuis un bon moment.
Place au béton sur l'autoroute Félix-Leclerc
Fini l'asphalte, place au béton. La reconstruction de l'autoroute Félix-Leclerc (40) de la route Jean-Gauvin jusqu'à l'autoroute Henri-IV sera l'occasion de changer de revêtement. Déjà, l'an dernier, des blocs de béton ont fait leur apparition lors de travaux en direction ouest. La méthode sera répliquée en direction est cette année. Ces voies rapides à fort débit de circulation devaient être converties au bout de leur vie utile, tel que spécifié dans l'orientation ministérielle sur le choix des types de chaussées, qui dresse la liste des routes provinciales destinées au béton. Plus cher que l'asphalte, le béton est aussi plus résistant au trafic lourd et en moyenne deux fois plus durable. L'élargissement de l'autoroute Henri-IV est le prochain grand chantier promis au béton.
Voie d'entrecroisement au nord de la 73
En plus d'élargir l'autoroute Laurentienne (73) Sud, le ministère des Transports ajoutera cet été une voie d'entrecroisement en direction Nord, entre la bretelle de la rue Bernier, près de la quincaillerie Canac, et la sortie vers Lac-Beauport. L'espace supplémentaire permettra aux véhicules lourds de s'insérer plus facilement dans le trafic, d'autant qu'il y a une courbe prononcée à cet endroit. Un matin de janvier 2011, un camion de propane s'était renversé sur le côté en sortant de la bretelle et en tentant d'accéder aux voies rapides. En raison des risques d'explosion, des résidences avaient été évacuées et l'autoroute fermée jusque tard dans la nuit. Les habitués du secteur se souviendront que la circulation avait été complètement paralysée à l'heure de pointe.