Près de 250 citoyens ont participé à une assemblée citoyenne à Trois-Pistoles afin de trouver des façons de faire pression auprès de Québec pour qu’il revienne sur son refus d’investir les 5 millions $ nécessaires aux radoubs que requiert le navire L’Héritage 1.

La tension monte pour sauver la traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins

TROIS-PISTOLES — La tension monte dans la MRC des Basques depuis que le ministre François Bonnardel a annoncé que le service de traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins serait annulé pour l’été prochain. Près de 250 citoyens ont participé à une assemblée citoyenne à Trois-Pistoles, mercredi, afin de trouver des façons de faire pression auprès de Québec pour qu’il revienne sur son refus d’investir les 5 millions $ nécessaires aux radoubs que requiert le navire L’Héritage 1 qui assure la liaison fluviale.

Actuellement en Floride, le capitaine du navire Jean-Philippe Rioux et son père Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles, ont répondu aux questions des citoyens via Skype. Certains élus et plusieurs employés de la Compagnie de navigation des Basques, qui est propriétaire du navire L’Héritage 1 et du service de traverse, prenaient également part à la rencontre. «Ça me dépasse, a lancé le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis. Je suis enchanté de voir ça. C’est un soutien inconditionnel de la population des Basques envers leur navire […].»

Pour Frédéric Racine, la sécurité des 30 emplois de la traverse sera compromise dans l’éventualité d’une rupture de service en 2020. «On n’attendra pas que la traverse reprenne, soutient cet employé qui occupe un poste de premier officier à bord du traversier. Des employés qualifiés dans le domaine maritime, on en recherche partout!» 

Le porte-parole des employés de la Compagnie de navigation a soulevé un bris de confiance avec la Société des traversiers du Québec (STQ) et le gouvernement. «Sont-ils vraiment compétents pour évaluer si notre bateau est encore bon ou pas? a-t-il interrogé. La STQ est prête à couler l’Apollo pour 2 millions $ et ils l’ont acheté pour 3,5 millions $, ce qui aura coûté 5,5 millions $ pour 20 jours de navigation. Donc, 5 millions $ pour notre bateau, même si c’était seulement pour quatre ans, ce n’est pas tant que ça!»

L’officier de marine a rappelé que, devant l’absence de traverse à Rimouski et à Matane, L’Héritage 1 a été débordé tout l’été. «On a sauvé le cul de la STQ et le gouvernement ne veut pas nous aider», a déploré M. Racine sous des applaudissements nourris de la foule. L’augmentation de l’achalandage est estimé à 12 % et le navire a commencé sa saison trois semaines plus tôt.

Parmi les autres idées pour faire pression sur le gouvernement caquiste, certains citoyens ont proposé de bloquer les ponts de Trois-Pistoles et des Escoumins, le pont Pierre-Laporte et la route 132. D’autres ont envisagé une pétition et une manifestation devant le bureau du ministre des Transports, François Bonnardel.

Le secrétaire du conseil d’administration de la Compagnie de navigation des Basques et maire de Notre-Dame-des-Neiges rappelle que Québec a déjà investi dans L’Héritage 1 par le passé. «On a eu 3 millions $ au cours des dernières années», a confirmé Jean-Marie Dugas, qui pourfend que le navire de 45 ans soit en fin de vie, comme l’a laissé entendre le ministre Bonnardel.