La tempête presque terminée, des clients d'Hydro doivent s'armer de patience

La tempête automnale qui a frappé le Québec est terminée pour les régions du sud et du centre du Québec selon Environnement Canada, mais des centaines de milliers de citoyens privés d'électricité doivent s'armer de patience, car le rétablissement pourrait prendre plusieurs jours dans certains secteurs.

Plus d'un millier d'employés d'Hydro-Québec, dont quelque 800 monteurs de ligne, travaillent d'arrache-pied à la suite de la violente tempête de vent et des pluies diluviennes, lorsque ce n'était pas de la neige, qui ont secoué la province, vendredi.

Au plus fort de la tempête, tout près d'un million d'abonnés d'Hydro-Québec n'avaient plus d'électricité à la suite de la météo brutale qui a aussi fait une victime en Montérégie. Au décompte d'Hydro-Québec un peu avant minuit, il restait toujours 665 000 clients en panne dans l'ensemble de la province.

Ce nombre avait cependant atteint 980 000 à 16h, soit le plus important bassin de population touchée par des pannes depuis le grand verglas de 1998, lorsque 1,4 million d'abonnés québécois avaient été en panne.

«Un début de novembre très difficile pour près d'un million de foyers du Québec qui ont subi les contrecoups de cette tempête», a reconnu la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, lors d'un point de presse à Québec.

Elle en a profité pour inviter les citoyens à «être extrêmement prudents pour ceux qui sont obligés d'être à l'extérieur (...) et bien sûr pour tous ceux qui peuvent rester chez eux, évitez de sortir de chez vous, évitez d'aller sur le réseau routier, laissez passer cette tempête».

Plus de 2000 pannes individuelles

Contrairement à 1998, toutefois, où c'était le réseau de transport d'électricité qui s'était effondré lorsque les immenses pylônes d'acier s'étaient écroulés sous le poids de la glace, c'est le réseau de distribution qui est touché cette fois et on parle de multiples pannes individuelles causées par des branches brisées ou carrément des poteaux qui ont été arrachés par le vent.

«Le réseau de distribution, on peut le rétablir beaucoup plus rapidement que le réseau de transport», a déclaré Éric Filion, le président d'Hydro-Québec distribution, tout en admettant les limites de la rapidité face à des dégâts d'une telle ampleur.

«Il faut être réaliste, a-t-il averti. Le rétablissement va être assez long. On espère rétablir une bonne partie de notre clientèle pendant le week-end, mais c'est possible que, dans des endroits où le réseau est plus fortement endommagé, les clients soient rétablis plutôt en début de semaine prochaine.»

M. Filion a noté que la tempête a provoqué plus de 2000 pannes.

«Ce sont 2000 endroits où il y a des bris, où on doit déplacer des équipes pour faire des réparations soit sur les poteaux, les équipements comme les transformateurs, les lignes de réseau également. (...) Il y a beaucoup de volume. C'est ça qui va nous donner du fil à retordre ce week-end», a-t-il précisé.

À Québec, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a rappelé que la priorité irait à «tout ce qui est santé, les hôpitaux, la sécurité publique».

«Tous les effectifs nécessaires sont déployés, a soutenu le ministre. Au besoin on appelle des équipes supplémentaires.»

Une première tempête hivernale

Comme si le tout n'était pas suffisant, l'Abitibi-Témiscamingue a été frappée par sa première tempête hivernale, alors qu'elle a reçu, entre jeudi et vendredi, des quantités de 20 à 25 centimètres. Un tronçon de la route 117 a été fermé, entre autres, en raison d'un carambolage impliquant une trentaine de véhicules. D'autres tronçons ont été fermés en raison de la piètre visibilité et d'une chaussée très enneigée et glissante.

Une tempête causée par un écart de température marqué

Les vents violents ne sont pas inhabituels à l'automne au Québec, mais «le saut de température marqué» dans les derniers jours explique pourquoi cette tempête était particulièrement intense selon Samir Al-alwani, météorologue à Environnement Canada.

«Une différence de température comme on l'a constaté vendredi par rapport à jeudi, fait en sorte que ça génère des vents forts à violents», a-t-il souligné.

À Montréal, jeudi, la température a atteint 16 degrés Celsius en après-midi, alors que dans la nuit de jeudi à vendredi, le mercure est descendu sous zéro degré.