Le litre d'essence a augmenté de 24 ¢ depuis mercredi.

La taxe sur l'essence explique le «privilège» de Montréal

La métropole reçoit plus d'argent pour son transport collectif parce que les automobilistes montréalais paient une taxe de 3¢ de plus le litre que ceux de Québec, justifie le ministre François Blais.
Le responsable de la Capitale nationale réfute les accusations de favoritisme lancées lundi par la députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, dans Le Soleil. Elle a dénoncé que Québec doive assumer 54% de sa facture de transport collectif, contre seulement 30% pour la Métropole. 
«Si vous insistez pour que l'on fasse comme pour Montréal, il faut taxer les automobilistes de Québec», a répondu le ministre Blais à Mme Maltais, lundi, lors de l'étude des crédits de la Capitale nationale. «Cette taxe est perçue par le gouvernement du Québec et elle fait partie des versements faits à Montréal, a-t-il poursuivi. Si vous voulez qu'elle soit perçue, allez discuter avec le maire (Régis) Labeaume.»
Le maire de Québec n'a jamais montré d'appétit pour l'imposition d'une taxe spéciale sur l'essence comme celle qui finance les activités de l'Agence métropolitaine de transport (AMT). «Je pense que les gens sont suffisamment taxés, a réitéré M. Labeaume, lundi. Moi, je ne suis pas intéressé. Ça fait 10 ans que je pense ça et je ne changerai pas.»
Les transports collectifs lourds -tel que le métro et les trains de banlieue- bénéficient aussi d'un financement plus important, a ajouté le ministre Blais. Il promet de soutenir le projet de mobilité de Québec adéquatement lorsqu'une nouvelle initiative lui sera présentée. 
De son côté, la députée péquiste Maltais fulmine. Elle soutient que le gouvernement a injecté de l'argent à Montréal au-delà de la perception de la taxe spéciale. Elle estime aussi que le débat sur un 3e lien occulte celui sur le transport en commun. «Le problème dans ce dossier, c'est qu'en raison de la nonchalance et des volte-face du ministre Blais, l'importance du transport en commun est systématiquement remise en question, a-t-elle lancé. Selon le vent, selon où il pense que les votes vont aller à la prochaine élection, il prend ses décisions.»
Le député caquiste Éric Caire, l'un des porte-étendards du 3e lien, ne se laisse pas démonter par l'unanimité de 12 experts interrogés par le Journal de Québec quant à l'inefficacité d'une infrastructure du genre pour décongestionner Québec. Selon lui, la spécificité de la capitale n'a pas été prise en cause. Un 3e lien fait partie de la solution, mais «il y a d'autres choses qu'il va falloir faire, notamment du transport en commun». 
Le ministre Blais a assuré M. Caire que le bureau de projet sur un 3e lien tiendra compte de la nécessité de construire un nouveau pont pour L'Île d'Orléans. Mais cette étude ne devrait pas retarder la livraison du pont prévue pour 2024, a-t-il assuré. 
Une solution pour le pont de Québec
D'autre part, le ministre responsable de Québec dit aussi avoir trouvé une solution pour remédier à la dégradation du pont de Québec. Une solution dont le ministre libéral fédéral Jean-Yves Duclos est au parfum, a-t-il assuré. Mais ce dernier tarde à lui retourner son appel, a indiqué M. Blais, sans donner d'échéance à sa propre patience. Il n'a pas voulu révéler cette solution pour se ménager un espace de négociation avec Ottawa. Mais il n'est pas question pour Québec de devenir propriétaire du pont, a martelé le ministre. 
M. Blais est par ailleurs revenu sur l'éventuelle prolongation de l'autoroute Félix-Leclerc jusqu'à Saint-Augustin. Il affirme que l'annonce imminente de l'élargissement d'un tronçon de Henri IV Nord donnera des indications quant à la façon dont la 40 pourrait être prolongée. «Il faut vraiment nommer cette possibilité comme quelque chose à envisager pour la grande ville de Québec», a lancé M. Blais. 
Avec Valérie Gaudreau
Labeaume patient pour l'équité avec Montréal
L'équité Montréal-Québec en matière de financement du transport en commun commence par un soutien adéquat lors de la construction du prochain réseau de transport collectif de la Ville de Québec, affirme le maire Régis Labeaume.
«Moi aussi j'ai lu le budget d'un bout à l'autre. Je ne suis pas fou, j'ai tout vu ça. J'ai d'excellentes discussions avec le gouvernement du Québec quant aux coûts qu'entraînerait un vrai système de transport collectif moderne et d'envergure» dans la capitale, a-t-il réagi lundi. Celui-ci parle pour le moment des coûts de construction. «Après ça, je passerai aux coûts d'exploitation quand on saura ce qu'on fait.»
Dans Le Soleil de lundi, on apprend que la région de Montréal paie - et paiera jusqu'en 2021 - 30 % des dépenses de transport collectif métropolitain. À Québec, l'agglomération de Québec assume 54 % de son budget de fonctionnement de 221 millions $. C'est la partie subventionnée qui fait la différence. Une situation que déplore la députée de Taschereau, Agnès Maltais, convaincue qu'un meilleur financement aiderait la cause du transport en commun à Québec. 
Jusqu'à l'annonce des conditions du programme fédéral d'infrastructures en transport en commun, qui absorbera jusqu'à 40 % de la facture des nouveaux projets, M. Labeaume a toujours réclamé un financement à 100 % du service rapide par bus (SRB). Il a ensuite ouvert la porte à un financement municipal de quelques points de pourcentage. Avant que le projet soit officiellement largué, il était toutefois revenu dans une logique de financement complet par les gouvernements supérieurs. 
«Je vise le 100 %», a confirmé lundi le maire de Québec, affirmant que «c'est plus facile» depuis qu'il n'est plus nécessaire de tenir compte de la position de Lévis, qui fait désormais cavalière seule. 
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lui, a passé l'éponge. «Je n'ai pas tendance à comparer ce qui se passe à Montréal versus ce qui se passe à Québec. Déployons notre propre modèle de développement. Le ministre Laurent Lessard m'a démontré une grande ouverture. Il faut dire que traditionnellement, contrairement à Montréal, on avait peut-être pas trop une propension au niveau du développement du transport en commun. Mais nous, ça fait encore partie à Lévis d'un nos axes [de développement] majeurs. C'est ce qu'on veut démontrer au gouvernement dans quelques semaines quand on va présenter notre demande», a-t-il commenté. Annie Morin avec Patricia Cloutier 
Nouvelles Casernes: «on est loin d'être prêt», dit Blais
Ce n'est pas demain la veille que la vocation des Nouvelles-Casernes sera définie. Il faut d'abord sécuriser le bâtiment patrimonial qui date du milieu du 18e siècle, a affirmé François Blais. La réfection des toits et des fenêtres peut s'étendre encore sur 4 ou 5 ans. «Ce qui est fondamental est de protéger les structures pour les générations futures, a déclaré le ministre. Il y a eu des investissements de 20 millions $. Les travaux sont commencés. C'est vraiment pour protéger la structure.» Certaines propositions pour l'usage du bâtiment sont dans l'air et le ministre entend mener une consultation «en temps et lieu». «On est loin d'être prêt pour ça, a dit M. Blais. Ce n'est pas une priorité. Notre priorité est de sécuriser les lieux. (...) On en a encore pour plusieurs années avant de sécuriser l'endroit et commencer à penser au type de locataire qu'il y aura à l'intérieur.» La péquiste Agnès Maltais s'est dite étonnée que les travaux ne soient pas plus avancés parce que l'investissement de 20 millions $ a été annoncé en 2013-2014.  Simon Boivin 
Promenade Samuel-De Champlain: des consultations pour la phase IV
Les gens déçus de la proposition de la Commission de la Capitale nationale (CCNQ) pour la phase IV de la Promenade Samuel-De Champlain, entre la Baie de Beauport et le pont de l'Île d'Orléans, pourront se faire entendre. L'accès au fleuve Saint-Laurent par «points d'intérêt», par opposition à la balade linéaire de plusieurs kilomètres des premières phases, a soulevé des «préoccupations», a convenu le ministre François Blais. «Les gens de Beauport se demandent : "Pourquoi les gens de Sillery ont droit à ça et nous autres seulement des accès, aussi beaux soient-ils"», a noté le ministre. Malgré les contraintes, comme la proximité de l'autoroute, il faut envisager un sentier linéaire le long de la rive, croit-il. «On sait que les contraintes sont réelles, les coûts seront non-négligeables, mais il faut aller là», a dit M. Blais, ajoutant néanmoins la «capacité de payer» à l'équation. Même si une «ébauche» du projet a été présentée, une consultation doit permettre aux «gens touchés» de donner leur avis. Un exercice auquel le député de Montmorency, Raymond Bernier, souhaite participer à l'automne.  Simon Boivin 
Site Cartier-Roberval: les artéfacts sont protégés, soutient Blais
Il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour la conservation des artéfacts du site archéologique Cartier-Roberval de Cap-Rouge, juge le ministre François Blais. Deux archéologues qui ont travaillé sur le site de la première tentative de colonisation française au pays jurent pourtant que l'endroit est «en train de se détériorer», comme l'a révélé Le Soleil. Mais M. Blais soutient que la Commission de la Capitale nationale (CCNQ) et le ministère de la Culture et des Communications se sont assurés que l'endroit est bien protégé. Il évalue entre 12 et 14 millions $ la facture de la seconde phase pour compléter les fouilles. «On évalue la façon de la financer, a dit M. Blais. Une fois qu'on a protégé les artéfacts, on laissera le gouvernement prendre les décisions budgétaires pour financer la dernière phase des travaux archéologiques.» Une échéance pour la poursuite des travaux? «On aura des annonces à faire en temps et lieu», a affirmé le ministre.  Simon Boivin