Les négociations se poursuivent vendredi. À défaut d'une entente, 80 autobus resteront au garage à partir de 5h le lundi 28 août et aucun service essentiel aux heures de pointe ne sera assuré.

La STLévis se défend d'exploiter ses employés

Quatre jours avant le déclenchement de la grève des chauffeurs, la Société de transport de Lévis (STLévis) sort l'artillerie lourde et fait connaître publiquement ses offres.
Le président de la STLévis, Michel Patry, a convié les journalistes jeudi pour faire la démonstration que les conditions de travail offertes aux chauffeurs sont loin d'être de l'«exploitation humaine», comme l'a prétendu publiquement Stéphane Girard, président du syndicat des chauffeurs d'autobus de la Rive-Sud ces dernières semaines.
«Les gens vont s'imaginer que nous autres, on est des bourreaux et que le monde qui travaille ici, c'est de l'esclavage, pis ça a pas de bon sens. Je me dois de rectifier le tir là-dessus. Je serais irresponsable de laisser couler ça dans la Ville de Lévis», a déclaré M. Patry. 
Graphiques à l'appui, il a expliqué avec son équipe qu'il offre une hausse de salaire de 1,75 % pendant 5 ans à ses 107 chauffeurs qui gagnent en moyenne 50 000 $ par année, ce qui est comparable au salaire des chauffeurs des autres sociétés de transport au Québec. 
L'employeur dit vouloir favoriser la conciliation travail-famille en distribuant le travail à la semaine, au lieu de blocs rigides de trois mois. Les occasionnels seraient également appelés la veille au lieu du matin même, à 4h30, pour se voir offrir les heures de la journée. 
La STLévis est prête à réduire l'amplitude de travail (la disponibilité dans une journée) de 15h à 13h, mais pour ses employés permanents seulement. 
M. Patry s'explique mal pourquoi M. Girard est allé aussi loin dans ses propos, étant donné qu'il faisait partie des signataires de la dernière convention collective. «Quand il parle de conditions inhumaines, il les a lui-même signées», a-t-il lancé. 
En contrepartie de ses offres, l'employeur demande à ses chauffeurs de mieux répartir leurs vacances durant l'année, afin qu'elle ait assez d'employés sous la main en été et à la rentrée scolaire. 
M. Patry est également catégorique : il n'est pas question de hausser le plancher d'emploi de façon définitive, ni de rompre le contrat avec le sous-contractant Autocars des Chutes, car ces mesures pourraient coûter trop cher à l'organisation.
Irrité
Visiblement irrité durant la conférence de presse, le président de la STLévis dit n'avoir aucune rancune personnelle contre Stéphane Girard. Sauf qu'il ne digère pas le mémo qu'il a affiché sur le babillard des chauffeurs, dans lequel il l'accuse de mentir à la population. «Quand il me traite de menteur [...] ça m'irrite, j'aime pas ça», lance M. Patry. 
Les négociations entre les deux parties se poursuivent vendredi. À défaut d'une entente, 80 autobus resteront au garage à partir de 5h le lundi 28 août et aucun service essentiel aux heures de pointe ne sera assuré. «La balle est un peu beaucoup dans le camp de M. Girard», croit M. Patry. 
Pour Jean-François Carrier, directeur général de la STLévis, une grève aurait de graves répercussions sur la confiance de la population et pourrait même faire reculer la société de transport de plusieurs années en termes d'achalandage.