Dans une déclaration solennelle à l’Assemblée législative, Scott Moe a présenté les excuses «du gouvernement et de la population» de la Saskatchewan, qui ont «laissé tomber» ces enfants à l’époque.

La Saskatchewan s’excuse solennellement pour la «rafle des années 60»

REGINA — Le premier ministre de la Saskatchewan a présenté lundi ses excuses aux survivants de la «rafle des années 60», ces Autochtones arrachés enfants à leurs proches pour être confiés à des familles allochtones.

À LIRE AUSSI Des survivants de la rafle des années 60 exigent des excuses

Dans une déclaration solennelle à l’Assemblée législative, Scott Moe a présenté les excuses «du gouvernement et de la population» de la Saskatchewan, qui ont «laissé tomber» ces enfants à l’époque.

Le premier ministre s’est dit désolé «pour la douleur et la tristesse» que ces Autochtones ont vécues, mais aussi pour la perte de leur culture et de leur langue.

Environ 20 000 enfants autochtones ont été enlevés à leur famille biologique et confiés à des foyers allochtones à partir des années 50, jusqu’à la fin des années 80. Cette pratique a privé les enfants de leur langue, de leur culture et de leurs liens familiaux.

Le premier ministre Moe a soutenu lundi que les conséquences de cette mesure se font encore sentir aujourd’hui. Il a remercié les survivants qui sont venus raconter leur histoire lors de six «cercles de partage» mis en place par le gouvernement afin que la province puisse mieux comprendre ce qui s’était passé.

M. Moe a reconnu que «rien ne pourrait restaurer pleinement» ce que ces survivants ont perdu.

«Mais ce que nous pouvons offrir, c’est l’assurance solennelle que les politiques gouvernementales ont changé et continuent de changer», a-t-il promis.

Avant ces excuses, des survivants avaient espéré une annonce concrète visant à réduire le nombre d’enfants autochtones encore pris en charge par l’État aujourd’hui. À la fin de septembre, le nombre d’enfants pris en charge en dehors du milieu familial dépassait 5200 en Saskatchewan. Le survivant George Scheelhaase a ainsi estimé que le gouvernement s’excusait pour quelque chose qui se passe encore de nos jours.

L’Alberta et le Manitoba se sont déjà excusés pour leur rôle dans cette «rafle des années 60».