Des gens font la file à Toronto pour subir un test de la COVID-19.
Des gens font la file à Toronto pour subir un test de la COVID-19.

La santé publique du Canada hésite à déclarer une deuxième vague partout au pays

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - L’Agence de la santé publique du Canada hésite toujours à déclarer le début de la «deuxième vague» de la pandémie de COVID-19 au pays.

Pourtant, ses administrateurs préviennent que le nombre de cas pourrait augmenter de façon exponentielle dans les prochains mois, dépassant «de loin ce qu’on a connu pendant le pic du printemps», si les Canadiens ne redoublent pas de vigilance.

Jusqu’à maintenant, les seuls qui se sont risqués à parler d’un début de «deuxième vague» sont les responsables de la santé publique des régions les plus touchées par une flambée de cas.

Le sous-administrateur en chef de la santé publique, Dr Howard Njoo, dit qu’il est «difficile» pour lui d’en arriver à la même conclusion pour l’ensemble du territoire parce que «le Canada est un grand pays et toutes les régions sont différentes» les unes des autres.

«Ce qui se passe dans les territoires du Nord n’est pas la même chose que la situation actuellement au Québec», a-t-il fait valoir.

«Le degré d’activité du virus n’est pas le même à travers le pays. En fait, ce n’est pas le même à travers une même province», a ajouté la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu.

La plus récente modélisation fournie par l’Agence de la santé publique indique en effet que l’activité de la COVID-19 continue d’être «inégale» un peu partout au pays.


« Ce qui se passe dans les territoires du Nord n’est pas la même chose que la situation actuellement au Québec »
Le sous-administrateur en chef de la santé publique, Dr Howard Njoo

Le taux d’incidence des cas de COVID-19 est relativement élevé dans les régions de Montréal, Québec et Toronto, mais aussi au sud de la Colombie-Britannique et au nord de l’Alberta. La situation dans l’Atlantique et les territoires est sous contrôle.

L’Agence ne se risque pas à faire des prévisions très précises à long terme dans son document, sinon pour indiquer que «le Canada est à la croisée des chemins» et que «les gestes individuels pour réduire les taux de contact dicteront notre chemin».

L’épidémie pourrait être maîtrisée dans la plupart des régions si les Canadiens diminuent leur taux actuel de contact. En cas contraire, la courbe risque de monter en flèche et d’être bien plus haute que la vague du printemps.

L’administratrice en chef de la santé publique, Dre Theresa Tam, a dit dans sa mise à jour quotidienne qu’il y a maintenant 145 415 cas déclarés et 9228 décès au pays.

Selon la modélisation de l’Agence, il est prévu que le nombre total de cas de coronavirus au pays passe de 150 780 à 155 795 et le nombre total de décès oscille entre 9220 et 9300 d’ici au vendredi 2 octobre.

La majorité des cas actuels se trouvent chez les jeunes adultes de 20 à 39 ans depuis la fin du mois de juin. Les nombres d’hospitalisations et de morts n’ont donc pas augmenté au même rythme que les cas signalés en raison de la tranche d’âge des gens infectés.

Cri du coeur aux jeunes

La Dre Tam martèle cependant qu’il est impératif que les jeunes fassent leur part pour éviter une contamination communautaire qui pourrait se transmettre dans les résidences pour aînés, par exemple.

Elle a donc lancé un cri du coeur aux jeunes.

«Nous avons besoin de votre ingéniosité et de votre dynamisme, car nous ne remettrons pas la COVID-19 sur la piste de combustion lente sans votre aide. C’est votre génération, c’est votre temps, vous êtes capables. Travaillons ensemble pour maîtriser cette pandémie!»

+

DEUXIÈME VAGUE: TRUDEAU S'ADRESSE À LA NATION MERCREDI SOIR

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau fera un discours à la nation mercredi soir.

Le bureau du premier ministre a fait savoir que M. Trudeau «s’adressera directement aux Canadiens» pour souligner «l’urgence de combattre la COVID-19 au moment où nous faisons face à une possible deuxième vague du virus».

Cette deuxième vague a déjà été détectée dans la ville d’Ottawa la semaine dernière et au Québec cette semaine, par les autorités de santé publique.

«Il présentera également un résumé des plans du gouvernement énoncés dans le discours du Trône pour lutter contre le virus et relancer notre économie», a fait savoir le bureau du premier ministre.

M. Trudeau fera son apparition sur les ondes à 18h30.

Le discours du Trône, lui, aura été lu en milieu d’après-midi. On sait déjà que le gouvernement Trudeau compte y parler de ses mesures pour poursuivre la lutte contre la pandémie.

Lorsqu’il a prorogé le Parlement, au mois d’août, M. Trudeau faisait miroiter un discours du Trône qui détaillerait «une reconstruction audacieuse». Depuis, il a dû revoir ses ambitions à la baisse, constatant que la pandémie n’en a pas encore fini avec le Canada.

Un premier ministre qui s’adresse hors parlement aux citoyens un jour de discours du Trône est plutôt exceptionnel. Normalement, c’est par la voix d’un gouverneur général qu’un gouvernement fait connaître ses intentions pour une nouvelle session parlementaire.

Mercredi, c’est Julie Payette qui lira ce discours au Sénat, comme le veut la tradition.

Pour ce qui est du discours en soirée, il sera suivi de contributions des chefs des partis d’opposition.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet prendra la parole de chez lui puisqu’il est en quarantaine, ayant contracté le coronavirus.

Le chef conservateur Erin O’Toole est dans la même situation que M. Blanchet. Comme chef de l’opposition officielle, il aura aussi son temps d’antenne.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh va clôturer la marche. Tous ces discours seront assez brefs. L’ensemble de l’exercice doit finir vers 19h.