Copropriétaire de la La Place Boutique Gourmande, une épicerie fine sur la rue Saint-Joseph, François Lebel a milité pour la piétonnisation.
Copropriétaire de la La Place Boutique Gourmande, une épicerie fine sur la rue Saint-Joseph, François Lebel a milité pour la piétonnisation.

La rue Saint-Joseph piétonne cet été

Après la rue Saint-Jean et l’avenue Cartier, la rue Saint-Joseph se prépare à devenir elle aussi piétonne les fins de semaine de l’été.

La Société de développement commercial (SDC) centre-ville a donné le feu vert à la piétonnisation de la principale artère commerciale du quartier Saint-Roch, a confirmé mardi soir au Soleil la directrice générale de la SDC, Alexandra Leconte. «On veut le faire le plus rapidement possible», dit-elle. 

La Ville de Québec a déjà dit oui à l’idée de fermer en partie la rue Saint-Joseph et d’autres artères de la capitale à la circulation automobile pour permettre aux gens de marcher en respectant la distanciation sociale. Elle avait donné le choix aux associations commerciales de le faire ou pas. 

Depuis la fin de semaine passée, l’avenue Cartier et la rue Saint-Jean, tant dans le Vieux-Québec que le quartier Saint-Jean-Baptiste, sont devenues piétonnes le week-end jusqu’à la fin de l’été. 

La rue Saint-Joseph, entre les rues Saint-Dominique et Caron, devrait suivre bientôt. «Attendez-vous à ce que ça arrive les 23-24 ou 30-31 mai», a indiqué mardi après-midi la SDC centre-ville aux commerçants de la rue Saint-Joseph dans un courriel obtenu par Le Soleil.

La directrice générale de la SDC centre-ville précise qu’aucune date n’a encore été fixée par la Ville. La SDC a informé mardi la Ville de son intention et espère que la rue pourra devenir piétonne dès cette fin de semaine si la Ville est en mesure d’y arriver. 

La piétonnisation permettra aux marcheurs de garder deux mètres de distance entre eux et rendra la rue Saint-Joseph plus conviviale et attrayante, estime Alexandra Leconte. Dans le courriel envoyé aux commerçants, la SDC indique aussi que l’initiative vise à donner la possibilité à un plus grand nombre de restaurants et de cafés d’avoir une terrasse. 

La SDC centre-ville a donné le feu vert à la piétonnisation de la rue Saint-Joseph plus tard que celles de l’avenue Cartier et de la rue Saint-Jean parce que le temps pressait moins avec une rue plus aérée, explique Mme Leconte.

Sur Cartier et sur Saint-Jean, «les rues sont moins larges, les trottoirs sont étroits. Pour ce qui est de la distanciation publique, il y avait une urgence de mettre en place quelque chose, dit Alexandra Leconte. De notre côté, sur Saint-Joseph, on n’avait pas cette urgence-là». 

 «Projet fédérateur»

La SDC voulait d’abord s’assurer d’un «projet fédérateur». Dans un récent sondage, la grande majorité des commerçants de la rue Saint-Joseph se sont montrés en faveur d’une piétonnisation les fins de semaine estivales. Forte de cet appui, la SDC a décidé de foncer, d’autant plus que les commerces pourront rouvrir le dimanche dès le 24 mai, indique Mme Leconte. 

Copropriétaire de la La Place Boutique Gourmande, une épicerie fine sur la rue Saint-Joseph, François Lebel a milité pour la piétonnisation. Il est ravi que le projet soit sur le point de se concrétiser. «Il faut prendre le risque de rendre notre rue attrayante, dit-il. Il faut arrêter de se plier à l’auto. Un samedi qui fait beau, c’est le fun de voir du monde dans la rue». 

La taverne japonaise Honō Izakaya, qui concocte en ce moment une offre de prêt-à-manger sur le pouce, voit aussi d’un bon oeil la piétonnisation de la rue Saint-Joseph. «Si la rue est pleine de gens, de piétons et de cyclistes, c’est sûr qu’on aurait des ventes reliées à ça», dit Julien Vézina, copropriétaire du restaurant. 

Patrick Montminy, lui, hésitait à l’idée de fermer la circulation aux autos la fin de semaine. «C’est sûr que quand il y a du changement — on en vit beaucoup présentement — t’as envie de dire non et de laisser les choses aller», dit le copropriétaire du Deux22, un hybride regroupant un resto, un bar et une boutique de vêtements.

Mais en fin de semaine passée, M. Montminy est allé marcher sur la rue Saint-Jean, et il a été conquis. «C’était fantastique, avec plein de monde. Je pense qu’au final, c’est une bonne chose».  

Pour la SDC centre-ville, la piétonnisation de la rue Saint-Joseph les fins de semaine de l’été permettra d’évaluer s’il faut répéter la formule dans l’avenir. «On pense que c’est un bon moment pour tester la rue piétonne, dit Mme Leconte, la directrice générale de la SDC. C’est un sujet qui revient souvent d’année en année, et là, je pense que c’est un bon contexte pour l’essayer».