L'administration Labeaume souhaite un boulevard Hamel densifié avec la construction d'immeubles d'habitation pouvant atteindre 14 étages.
L'administration Labeaume souhaite un boulevard Hamel densifié avec la construction d'immeubles d'habitation pouvant atteindre 14 étages.

La revitalisation du pôle Hamel-Laurentienne prête à décoller [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Projet immobilier mixte de 750 millions $ sur le terrain de Place Fleur-de-Lys. Un tunnel sous lequel passerait l’autoroute Laurentienne. Des édifices de 10 à 14 étages sur le boulevard Wilfrid-Hamel. La Ville donne le coup d’envoi au développement tant attendu de ce secteur dévitalisé.

L’administration Labeaume a partagé sa vision d’aménagement «préliminaire» de cette zone dont on parle depuis l’ouverture du Centre Vidéotron, et bien avant. Le maire en avait d’ailleurs fait une promesse électorale en 2017.

Le fer de lance de ce développement est le projet immobilier de 750 millions $ à vocation mixte des frères Trudel, propriétaires de Place Fleur-de-Lys. «On veut en faire un pôle d’attraction complémentaire au Centre Vidéotron avec des commerces, des bureaux et des logements pour les familles comme les personnes âgées», explique en substance Jonathan Trudel.

Le développement du pôle Hamel-Laurentienne inclut les secteurs Pointe-aux-Lièvres et Stadacona. Ci-dessus, image à partir de la rue de la Pointe-aux-Lièvres.

Lors de l’annonce, le maire a dit prendre une décision importante en lien avec la «vocation» première du boulevard Hamel, entre l’autoroute Laurentienne et la rue Saint-Sacrement. «On change sa fonction du côté sud avec un changement de zonage pour permettre de la construction résidentielle d’immeubles jusqu’à 14 étages, tout en conservant le zonage commercial au rez-de-chaussée. Les propriétaires de restaurants qui sont là pourront valoriser leur terrain en bâtissant du résidentiel avec hauteur. C’est la meilleure façon de revaloriser Hamel qui a bien de la difficulté», estime le maire.

Au total, le secteur pourrait accueillir jusqu’à 2900 nouveaux logements et 5000 citoyens, soutient la Ville. M. Labeaume veut également réaliser un vieux rêve partagé par plusieurs. C’est la transformation de Laurentienne en boulevard urbain du boulevard Hamel à l’entrée de Saint-Roch pour mieux connecter les quartiers environnants.

Cette transformation passe inévitablement, selon le maire, par l’aménagement d’un tunnel d’environ 200 mètres à la hauteur d’Hamel pour y faire traverser Laurentienne. Un incontournable pour permettre une meilleure fluidité des transports. 

Seul inconnu, peut-être majeur, la Ville doit négocier avec le ministère des Transports, propriétaire de l’autoroute. Plus encore, on ne sait toujours pas où sortira le tunnel d’un éventuel lien sous-fluvial Québec-Lévis. «Notre plan serait perturbé par la sortie d’un tunnel, mais on pourrait s’arranger. Troisième lien ou pas, il faut un boulevard urbain dans ce secteur-là pour bien le développer et abattre les barrières au développement», conclut M. Labeaume.

La Ville imagine l'aménagement de parcs et d'allées de verdures pour faire le lien entre le pôle commercial Place Fleur-de-Lys et les artères environnantes.

La CAQ interpellée

Accès transports viables et le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale ont réagi positivement à la vision de développement «axée sur une densification favorable aux déplacements en transports actif et collectif». Les deux organismes pressent le gouvernement du Québec de concrétiser la requalification complète de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain». Du même souffle, ils réclament le retrait du projet de tunnel Québec-Lévis qu’ils jugent incompatible avec la transformation souhaitée de Laurentienne.

Opposition perplexe

Le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, est perplexe de l’annonce faite. «La vision présentée est irréelle et improvisée. Ça ne passe pas le test. Ça fait 10 ans que Régis Labeaume travaille sur ce plan. Les chiffres présentés ne tiennent pas la route. Depuis l’ouverture du Centre Vidéotron, le maire a été incapable de livrer sa promesse qui visait à favoriser des investissements de 65 millions $. Plusieurs parties du projet sont cousues de fils blancs ou sont tributaires de la participation financière des autres gouvernements, qui n’ont jamais confirmé quoi que ce soit.»