Le ministre de l’Énergie Jonatan Julien durant la période de questions à l'Assemblée nationale, mardi

La Régie de l’énergie devra modifier son calcul du prix de l’essence

Le premier ministre du Québec François Legault s’est dit «très choqué» d’apprendre que la Régie de l’énergie évalue mal le prix minimum de l’essence.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec a rappelé ce tribunal administratif à l’ordre jeudi. «Le ministre de l’Énergie va s’assurer avec la Régie de l’énergie qu’on modifie la méthode [de calcul du prix de l’essence], qui est pas acceptable», a soutenu M. Legault.

Le ministre de l’Énergie Jonatan Julien souhaite que les automobilistes «paient le juste prix» à la pompe. «Je comprends difficilement comment ça se fait que le calcul de ces coûts d’approvisionnement ne soit pas plus agile.»

La Régie de l’énergie avait l’habitude de considérer le coût d’un baril de pétrole Brent, qui provient de la mer du Nord, dans ses calculs pour établir le prix minimum. Sauf que depuis quelques années, les raffineries québécoises s’approvisionnent à plus de 50 % de pétrole canadien ou américain, dont le prix au baril est nettement moindre.

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«Le prix de référence n’est pas exact», a déploré le ministre Julien en fin de journée. Il demande à ce que la Régie de l’énergie trouve une solution au problème «le plus rapidement possible», car les sources d’information sur lesquelles comptait la Régie ont changé.

«Je comprends que ça peut être complexe, mais pour que la Régie puisse jouer son rôle, elle doit le faire sur des bases exactes.»

Prix trop élevé?

Le ministre Julien n’est pas en mesure de dire toutefois si les Québécois ont vraiment payé un prix à la pompe trop élevé ces dernières années. Les analyses préliminaires qu’il a obtenues jeudi montrent un écart «nettement moindre» que les 15 à 20 ¢ le litre d’essence payés en trop qu’évoquait Le Journal de Québec.

Précisons que la Régie de l’énergie ne fixe pas le prix de l’essence au Québec, qui est soumis au libre marché. Sa mission est plutôt de «surveiller les prix des produits pétroliers afin de renseigner les consommateurs à ce sujet». Elle établit également un prix minimum en dessous duquel les détaillants ne peuvent pas aller.

Dans un document envoyé aux journalistes et intitulé Rétablissement des faits, la Régie de l’énergie a tenté de s’expliquer jeudi. Elle reconnaît que le prix du Brent «ne correspondait pas avec exactitude au prix du pétrole brut approvisionné par les pétrolières québécoises». Elle a donc cessé de l’utiliser, sans arriver à le remplacer par un autre outil de mesure. «Afin de ne pas induire une référence inexacte pour les consommateurs, depuis le 6 juin 2018, la Régie a cessé de présenter les prix du pétrole brut de manière quotidienne».