Au fil des ans, la Ville de Québec évaluera à la pièce la possibilité de reprendre des activités de collecte dans d’autres arrondissements.

La qualité de la collecte des ordures aura un coût en 2020

La qualité a un coût, estime la Ville. Et ce coût est de 3 millions $ supplémentaires qu’il faudra payer en 2020 avec la nouvelle gestion des matières résiduelles dans les arrondissements Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, Beauport et Charlesbourg.

Cette hausse du prix des contrats est attribuable à l’application de critères qualitatifs intégrés dans les appels d’offres lancés en janvier. «C’est le coût de la qualité», lance le conseiller Rémy Normand, vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec.

Ainsi, les fournisseurs de service dans les arrondissements de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge et Charlesbourg ont l’obligation d’avoir un nombre minimum de camions sur les routes et d’autres de remplacement en cas de bris, explique M. Normand.

Ils doivent également répondre à plusieurs autres critères comme l’élaboration d’un plan de collecte et d’un plan de contingence pour faire face aux imprévus.

Ces nouvelles exigences visent à pallier la baisse de qualité du service observée au fil des ans. Elle a entraîné l’an passé une hausse de 65 % du nombre de plaintes, passant de 10 492 à 17 321 comparativement à 2017.

En régie à Beauport

La situation était particulièrement pénible dans l’arrondissement Beauport, où la ville reprend les activités de collecte en régie actuellement assurées par Sani-Terre, entreprise qui a fait l’objet de plaintes à profusion.

«Nous le faisons pour rendre la Ville moins vulnérable et dépendante. La collecte ne s’est pas faite à l’entière satisfaction ni de la Ville ni des citoyens», ajoute en substance M. Normand.

C’est une première depuis que la Ville a abandonné la collecte des matières résiduelles au privé en 2009. Il y a quelques jours, le vérificateur général de la Ville, Michel Samson, a recommandé à la Ville de changer son «modèle» de gestion pour éviter d’être vulnérable face à ses deux seuls fournisseurs.

L’administration Labeaume s’est donc entendue avec le syndicat des employés manuels pour embaucher 11 chauffeurs qui effectueront la collecte résidentielle à Beauport. Ils pourront aussi agir en suppléance dans des secteurs problématiques à l’extérieur de l’arrondissement. 

Enfin, la Ville louera les huit camions à chargement latéral et deux autres à chargement arrière nécessaires aux opérations.

Au net, il en coûte 200 000 $ supplémentaires à la Ville pour faire elle-même la collecte à Beauport comparativement à un contrat octroyé à l’entreprise privée, toujours en tenant compte des nouveaux critères qualitatifs, estime M. Normand

Pour les trois arrondissements, le coût de la collecte grimpe de 3 millions $, soit 15 % de plus sur le budget total de l’année en cours qui est d’environ 20 millions $.

Au fil des ans, la Ville évaluera à la pièce la possibilité de reprendre des activités de collecte dans d’autres arrondissements.